dimanche 2 février 2020

Franz.


Retour, à couper.

neuf haïkus approximatifs

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Sans points sans ligne
sans ratures de lumière
la joie est douce

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Sans parler aux fleurs
éclaboussures d’étoiles
rires revenus

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La corde tendue
la mort dans son suaire
coquille du serpent

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La vie suspendue
parole sous la pierre
aveux arrachés

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Douleur de pierre
rature de la vague
le cœur est à nu

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Larmes de sang noir
le jour boucle la fête
oiseaux en allés

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Armes au repos
la musique boit les os
la lumière est là

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Yeux bleus en herbe
la bataille est souffrance
de chagrins croisés

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Le jour et la nuit
le matin retient les nues
appel du pardon


Maria Dolores Cano, 01 février 2020 à 12:08. ici.

Cherches-tu.

Tiens-tu la perche, tends-tu le bras, il tourne, il tourne et passe au chemin le sans courage, le perdu qui tremble, tend le bras, tiens la perche, l’air est froid, comme si on avait mal dormi, comme si on n’écoutait pas, comme si toutes ces histoires étaient bruit et fureur, à résoudre dans le silence,

oublies-tu, cherches-tu encore et puis encore, pense : l’air est frais, le soleil haut, orient invisible d’un occident lointain, tiens-tu, vois-tu, sais-tu, un orient invisible, un bras tendu et un chemin, on tourne, on évite, une hésitation, un tremblement pour ne rien dévoiler, et un bandeau sur la lumière,

l’air est frais, la main au bout du bras, tendu, on avance, un à l’autre, tout regardant, tout mêlant, la vie, la mort, les certitudes, au rocher, au vallon, dans la pente, dans cet escalier, les voiles sont levés, ouvrez les masques et contez vos errements, habitudes certaines, certitudes de loin venues,

et on applique et on attend, un pas, un pas encore, de l’un à l’autre, pour oublier et pour reprendre, la main pour toutes choses, corde nouée, éclat de rire, il faut franchement se retourner, pour faiblesse, pour ardeur, un océan de raisons mortes, sur le devant le sable, le sel, qui tournent au ciel,

oiseaux et une vie qui passe en tremblant, à chaque regard, pour chaque parole, cœur oublié et pied meurtri, une sensation, les idiots avancent et les plus beaux sont en avant, un pas encore et ils seront tous plus beaux que leurs mères, une insulte familière illustre le jour venu, on court à la visite,

on avance et on écarte, les branches, les cailloux, la route est longue et on bifurque, langue fourchue, œil en avant, on souffle, on racle, la terre, le sable, les feuilles esseulées, tout brille et tout enchanterait, les idiots passent la main tenue, le cœur serré, la bouche ouverte, ouverte, et salive,

respire, tiens-tu, vois-tu, meurs-tu, on échange, on croise, les yeux, les dents et la bouche ouverte, cœur fermé, on insulte facilement, sans joie, sans plaisir, cœurs oubliés, mains ouvertes, pieds tordus, la vérité est en avance, tu tiens ta perche, tu tends ton bras, tu tournes, et passes au chemin

sans courage, perdu qui tremble, tu tends le bras, tu tiens la perche, l’air est froid, comme si tu avais mal dormi, comme si tu n’écoutais pas, comme si toute ces histoires, de bruit, de fureur, réglaient le silence, tu oublies, tu cherches encore et puis encore, tu penses, l’air est frais, le soleil,

haut, l’orient invisible, tu es d’un occident lointain, tu tiens, tu vois, tu sais, à l’orient invisible, un bras tendu et un chemin, tu tournes, tu évites, une hésitation, un tremblement pour ne rien dévoiler, pour trembler à chaque regard, pour chaque parole, cœur oublié, pied meurtri, illustrent le jour.

14 Août 2014.

samedi 1 février 2020

A couper.

Sans points, sans traits, sans ratures, tu te disperses et tu arroses, ô douceur lente, ô joie retenue, tu coules en choses sûres, en champs ouverts, en doigts écartés, pour ouvrir un gouffre dans la lumière, pour saluer la peur et vaincre les nuages, la certitude, il est si triste et recommence,

sans voir, sans entendre, sans parler, sans fleurs à son jardin, sans rires sous ses pieds, figure forcée, un chemin dans le pays, des tessons abandonnés, tout entrave et encombre, en soi, dominer la vie, la mort et les éclaboussures, souliers jetés, lacets au vent, tu es posé sur le devant, tiens-tu

en toi les cordes et les manches, pieds tordus et souillés, tu ne marches plus, engendre, engendre des cadavres, poses déposes des suaires, des linceuls, serpent tu meurs, dans ton ombre, tout ruisselle, une coquille, des yeux perdus, des figues gonflent sous la pluie, on laisse venir à soi la pire

des choses, on cherche, on tourne, on établit, les plans sont résolus, la vie est arrêtée, je vois, j’entends, toutes ces choses et leurs noms sous les pierres, tout est sale, tout est prévu, les corps, les dents, la peau tout est arraché et l’air disperse, tout aveu est dérisoire, sans points, sans traits, sans

ratures, un temps sans vague, sans oubli, une pensée pour un pauvre mort, ils sont partis ils sont au loin et on torture et on se donne du cœur à oublier, des ruisseaux à contempler, sans rien autour, sans grandir, sans, douleur de pierre et regrets de verre, tout à briser, tout à comprendre, la vie,

le sang et le reste, on oubliera les larmes, et tout donner, tout prendre et attendre, attendre, un jour de jugement, un jour de fête, des boucles aux souliers, des cheveux sans force, du vent dans les branches et le linge, mouillé, séché, les oiseaux passent, et tout dire, sans points, sans traits, sans

ratures, sans raison, sans repos, sans projets, sans armes, un massacre pourtant, des os brisés, des yeux de fou, et de la musique, et tout y passe, une note après l’autre, de la volonté, du courage, de la vertu à joindre à la certitude, le temps est clair, la route brille, tout est forcé, tout est

arraché, la main, les yeux et les herbes sauvages, graines et foins, paille perdue, odeur de bois et de bataille, on arrache, on brûle, on souffre, on évacue, tout est brisé et tout y est, le chagrin, la chaleur, l’oubli et le pardon, on avance, on croise, on recommence, on est en face, et on demande

et de tout on veut recevoir, le jour, la nuit, au matin, on compte et on soupire, donnez moi encore, je vois, j’entends et plus rien ne se pardonne, je veux et je retiens, je ne veux rien perdre, et tout cela tourne et encombre.

13 Août 2014.

vendredi 31 janvier 2020

Retour, Attila.

On ira
plein d’ombre


entassées ___ vives
sans hésiter


l’âme vague
de guerres lasses


Maria Dolores Cano, 30 janvier 2020 à 15:53. ici

Exactement.

Bouche ouverte.

Tu veux partir, la bouche ouverte aux raisins sales, les raisins tombent, ils se dispersent aux oiseaux nourris, aux cœurs éloignés, sur le rebord, sur les côtés, tu cherches et tu entres en agonie, en déraison, en oubli, en cornes noires et tu défends le bien pour toi et le mal pour tout le reste, pour

essayer, pour revenir, pour avaler, les raisins sales te dispersent, et t’accablent les fleurs oubliées, sans avenir, une branche meurt et tu insistes, le cœur éloigné, sans rien autour, en dedans, en dehors, la suite tourne et tu blesses, une longue journée de fête, un jour de fête, ô, vermine,

je sais, je respecte et je méprise, en retrait, la petite : oh, vous savez, Maman, était très belle et moi, je suis, comme Maman, en chapeau, il butine sa coupe rose, des ballons, de la mousse, le bon garçon prêche l’amour universel, oh, et toi, on te laisse à ta longue agonie, longue, lente, silencieuse,

abandonnée, tu peux partir la bouche ouverte, oh, vous savez nous sommes ici, et pour longtemps, le reste est sans importance, fleurs oubliées, joies enfoncées, je retourne et je tire et sur la peau et sur le cœur, bien vieille et toujours si petite, fille et belle des jours sombres, jours

de fête et de déraison, sur l’autel, dans la boue, dans l’ombre dure, dans le reste, tout tourne et je t’oublie, sans regards, sans mots, sans tendresse et puis plus rien, un volet vert, un volet bleu et tout bouge dans l’air, tout passe, le rare, le régulier, les choses simples et je te force, longue,

longue agonie, seule, seulement posée, les pieds dans la boue, dans le temps, tout est cassé, tout indispose, les roues, les dents, les oiseaux, les fleurs, et tout piétine et tient, la soif, la peur, les raisons vaines, sans objet, sans adresse, un charnier de chiens oubliés, des brins d’étoiles, des cœurs

en feu, en avance, dans le temps. Il est venu, il viendra, et tout il piétine, le sens, le partage, la compassion, sans ordre, sans chaos, sans rien tenu, ni nu, ni vêtu, sans rien autour, sans rien reçu, il te compose et tu arranges les plis, les draps sont sales, les raisins meurent et tu oublies ton désir

de vertu et de roses, on fait avec, on fait semblant, ils égratignent le mur, le sol, le banc, tout est posé, tout se tient, la vengeance, la rancœur, l’oubli, le mal, tu peux y aller, et garder bien la bouche ouverte, sales, sales raisins, tout tombe et rien ne se remplace, les jeux, les rires, les désirs

et l’amour pour l’univers, pour l’un, pour l’autre, sans un regard, sans un aveu, tout jeune et cassé en deux, ton noir, ton blanc et deux plus deux, tout ira moins, à trois tout croule, la vie, le vent, les pieds dans la boue, dans l’ornière, dans le soupçon, dans le filet, comme un ruisseau malin, éclaté,

cœur, tu tiens, tu vas et tu contemples, heureux celui qui ne comprends rien, à la fureur et au bruit, cette histoire, la vieille rengaine, la vermine, la maman, le garçon, la coupe rose et le chapeau, les raisins mourants, les insectes, on dit l’amour et la tolérance, tu es bien là, la bouche ouverte,

bien là, posé au cœur des choses, sans mouvement et en attente, l’agonie est lente, longue, solitaire, silencieuse, abandonnée.

12 Août 2014.

jeudi 30 janvier 2020

Attila.

On ira, on ira, et peut-être plus encore, on ira où le temps déteste les ombres, les procès, la chaleur suspendue, le tout est hésitant, et encore plus accable, on ferme, on porte, on se tient et tout dans le désordre, les paniers, les abris, le vent dans les branches, des paniers aux abris et pleins,

et plein tout est, tout se transforme, l’horizon, la chance, la compassion, la marche vers, vers les tragédies, paysages tragiques, herbes foulées et insectes, ils mordent et on attaque, les mains, les pieds, un univers, une saison, le froid, la soif et plus rien au devant, on hésite, on ira, on ira, dans

l’ombre, dans le sens, le vent tourne et tout devient une chance, paniers remplis, œil écarté, nom oublié, cœur arraché, tout cela tourne et hésite, on ira pour affirmer et pour construire, une pierre sur l’autre et au-dedans, dans, dans, des heures, du sommeil, des pas oubliés, des évidences

entassées, une histoire pour l’autre, une vision, le paysage est tragique, ruines sur ruines et voiles étalés, on chante, on rit, le jeu, les jeux, on voit la nuit et les éclats tirent et mentent, un éclat, un rire un mensonge, une obsession, le jour viendra et on ira, on ira à l’oubli, aux murs bâtis, aux pierres

vives, le tranchant et la main, la soif et la raison, on ira et on dit des paroles sur les actes, des pincements, cœur fendu, reste ignoré, les illusions, dans l’enclos les animaux tournent et tout, ce tout, recommence, on tourne au dehors et au-dedans, on creuse et pour voir et pour évacuer, sans

hésiter, sans trembler, sans prononcer, plus de noms, plus d’erreurs, la guerre, le charnier, les outils déposés, bannières oubliées, et lames, lames, tout, ce tout tranche, tranchera, on ira, on ira, au long, au long, visiter une agonie, on ira voir la peur et ses cortèges et pour la première fois

l’âme impétueuse se glacera d’effroi, ils ont, ils ont peur et ils le méritent, tout trembler, tout jeter, et finir lentement, lentement, une très longue et très solitaire agonie, en tremblant, et contempler des choses, des figues sèches qui gonflent un jour de pluie, oh, la charmante chose, partir, courir tenir

et vague, vague tu erres d’un point à l’autre et ce tout te tourne et autour et te cercle, tu affirmes et tu combles, un panier et on ira, on ira effacer les marques et le tout à dire, les marques, les signes, les pas sur le sable, le vent souffle, vague, vague, des histoires sans fin, d’espérance et de soif,

de guerres et de rancunes, sans vengeance, les idiots sont à l’ouvrage, le jeu, les jeux, on voit la nuit et les éclats tirent et mentent, pour la première fois l’âme impétueuse se glacera d’effroi, oh, la charmante chose, tout transformer, l’horizon, la chance, la compassion, l’oubli ira aux murs,

aux pierres vives.

12 Août 2014.