vendredi 13 mars 2020

Ô, pauvres morts. V.

                        Après la confusion.


A tourner et contourner tout en avance, la fraîcheur levée, les enfants en caprice, les animaux, si lourds dans la rue sale et désolée, le vent force, il court, il tourne et décompose tout au-devant, tout penchant, les morts sont couchés et tout, les a consumés, il se déplace et retire un pied, une aventure, le vent est levé, la vie tourne et tout prend, le compte des années, la rue au matin, on enfonce, on enfonce, on oblige, tout est contraint pour que chante, pour que dise, pour que construise un rang, un rang, et perles, et chemins, et banc, et barrières, et clôtures, tout pour un destin, le compte des morts, la revue des vivants, le souffle posé, le dos relève la vie enchante, l’avenir déploie les ailes, savoureux destin, sans eaux troubles.

Les feuilles volent et tout tient, le reste pour donner encore, et encore large, du grand, du majestueux, toute une vie et tout à parcourir et tout tenu dans une main, les doigts parfois noircissent, et, et, tout tourne, le devant, robe grise et parfum plus lourd, plus lente la vie, la rengaine, je ne suis pas encore, cherche et tout me trouble, l’écho, l’âge mûr, la vie passée, le temps ancien et tout retourne, tout, trop, eux, tout, trop calme, on ne sait, et tout va, tout traîne, la rue traversée d’animaux trop lourds, d’hommes sans grâce, les chemins, les rues, le pas sur les pavés, tout trop lourd, tout trop ancien, je ne pense pas, je ne donne pas, je n’aime pas, je ne cherche pas, je ne vous regarde pas, et pas, et pas, tout avance sur la route noire et sale.

Dans l’escalier tout se perd, et on imagine, je ne sais pas, et tout avance, il y aura bien à faire et bien à dire, la route sale, la rue noire, les sans grâce, le pas trop lourd sur le chemin, petit homme, petites gens, d’une évidence à l’autre, d’un temps trompé à un accord fourbu, tout au mélange et tout sans expression, la bêtise et l’abandon, tout à faire et plus rien à dire, le nombre est méprisable, tout tourne et tout se refuse, la plénitude, l’affection, tout est tendu et rien ne va, tout est sur le déclin, il est temps, il est temps que tout brûle et que tout renaisse et il est le temps pour un grand envol, pour effacer les larmes, pour laver chaque affront, il est enfin venu, après la confusion, il est venu le temps de l’oubli.

25 Juillet 2015.

jeudi 12 mars 2020

Ô, pauvres morts. IV.

Si le cœur ne bat.

A copier le temps et rouler sans réponse, sur le sentier tracé déposer la cendre de tes pieds, tu as marché longtemps et croisé le regard de tous les pauvres, et maudit le moins et le pire encore, et tu retiens, sans joie, et tu arraches encore une âme après l’autre, et maintenant tu oses ne plus rien savoir, il est une certitude, il est une autre chose, les pauvres, les petits sont trop pauvres et trop petits et rien ne change et rien ne peut avancer, sur le chemin tu croises, et tu déposes des injures, cœurs éblouis, et tu sèmes une déraison de fleurs abominables et tu lances au ciel un pays pour un cri, vue longue, cœurs étouffés, tu vas et tu deviens et tu cherches et tu te noierais presque et tu finirais : à l’ombre, au brouillard, au néant, la vue sans soutien, cœurs cassés, une valise de déboires, et tu comptes toujours et tu espères encore et tu tires tout du néant, à sauver les mendiants, à finir les cadavres, à empiler les os et arracher les nerfs, nuits épouvantées et raison faillie, tu retournes le sol et sort un à un les os et les tendons, tout entre les dents et tout sur le chemin, pauvres, pauvres, et morts désarçonnés, tout à la renverse, une histoire de peur et de liberté, la foudre en ce pays et le tonnerre, il faut se sauver et tourner les meules une à une, tout avance, tout va et les plus jeunes sont aussi et pauvres et stupides, sur le devant, dans la saison,

ô pluies, ô trombes, ô mystères,

je te retiens, je te retourne et je me noierai presque dans la peur et le sang, le carnage, la déroute et tout au tout retourné, et perdu, les yeux et les cheveux et tout au col tenu, la main fermée et les doigts noirs, ongles rongés et cœurs dans la fournaise, je retourne et je vois et j’attends et j’espère une idée, un chemin, le vent est pour bientôt, tu rediras sans fin l’histoire de l’escalier, du bois poli, des animaux, le fer et le chemin, le souffle et la peine au grand soleil chargé d’amour, chargé et décomposé, tu périras aussi, tu pousseras le souffle le premier, le dernier, les idées et tout encore, la conscience sûre, en aveux égaré et le souffle coupé, tout te retient et tout t’affirme, le bruit et la fureur et les paroles idiotes, sur le devant, sur le côté, tu tireras joyeusement la corde des pendus, tu souffleras au ciel des réponses et si tout est faux et si le cœur ne bat, tu rediras toujours et chercheras l’histoire : une goutte d’eau est en suspension depuis toujours, le verre coule et depuis toujours souffle un vent de sèche éternité.

24 Juillet 2015.

mercredi 11 mars 2020

Ô, pauvres morts. III.


                   De l’air à mordre et de l’eau.

Sans boire, sans attendre, sans dire, sans trembler, une évidence et quelques inquiétudes, tu vis et tu cherches et tu es seul, descendu de l’escalier, une marche pour l’autre, cœur pris de stupeur, une grande chance pour l’autre, un tiers entretenu, une vacance, un tremblement.

Des nombres pour chaque personne, du plus grand, du plus beau et de la liberté, des paroles pour comprendre, tout pour mordre, la chair est au repos, tout commence et tout finit, secs combats, il y a des rumeurs et des présences, tout est mystère et rien n’est pour assurer l’un ni l’autre.

Je cherche et j’accomplis et je donne de l’air à mordre et de l’eau à saisir, d’un doigt, de deux, tout pour entreprendre, sans raison, tout au poids, le présent, le futur et tout est encore d’éblouissements, d’une évidence : l’or est pur, sur ta couche et par raison tu te fais violence, et tu t’imposes.

Offert à tous les vents, en sacrifice, tranché à chaque croisement, ta mort est en voyage et tes cris sont perdus, éclate et tonne, chaque cri résonne, air, clame, et réclame, les ombres bleues volées, la croix du chemin, les eaux calmes déposées, un poids de chair est servi, posé, tout est calme.

Et tout, le veux, et tout, ensemble craint la venue, des ombres immortelles, on va pour toujours à ces croix, tout, chemine et tout, tient et tout, ici repose et quelque chose croise le chemin passé, ici présent, et futur sans importance, d’une raison à l’autre, et tout vers un cœur battu.

Une blessure, tu la reçois et tu tiens et tu chantes encore, ô, cœur éclaboussé et en rameaux arrachés tout traîne sur les eaux, tout creuse et recommence, le sel et le sable et le poids de chair laissé au carrefour, prend ta part et déchire, et arrache, un lambeau et tout cherche encore.

Au centre, cœur fidèle et perdu, dans le matin de fièvres, la chaleur au ciel et les pieds dans la pente, tu revois et tu tournes, et tu demandes encore : déposez au carrefour un poids de chair, ici sans attendre, demandez au voleur le sens de son malheur, nous y étions pour chanter.

Là, nous demeurons, pour voler, pour rire et partager, quand viendra l’heure et commencera l’éternité, nous serons à pas lents, pour lancer la charge, nous irons au bûcher dérober les dépouilles, consoler les morts : les armes, la splendeur, la gloire, seul, ici, tout tient dans ta main droite.

Les pauvres morts, ils partent, se donnent et se comprennent, il faudrait mieux comprendre, pardonner, saluer, au cœur, au doigt, au flanc, une sombre blessure, dents de chiens, ô, méchants, terribles et sales, un parfum de combat, une poussière, envole-toi poussière, et retrouve les.

Brûlés, partis, la peur et l’espoir en avance, envole-toi et compte sur le chemin les cailloux dispersés.

24 Juillet 2015.

mardi 10 mars 2020

Ô pauvres morts. II.

Tout dans l’eau, et simple.

Alors comme l’on dit, et bien nous y sommes, voilà et en plus, et encore, et dans l’escalier, tout au tout, tout dans la pente, tout encore à la fraîcheur, tout, encore en sensations, et va, et viens, et vole, cordes enroulez-vous, sonnez et résonnez, tout ira au partage, sans boire rien,

bouclez le tout et cernez, sans rien au pied, et pour une entrée dans le désordre, le pied dévêtu, le cœur oublié, sans avoine et sans lait, sans écume et sans rêves, sur le chemin toujours à vif, alerte, toujours, arrachant pour un sacrifice, des herbes, des cailloux, des difficultés,

du vertige, à reculons, à reculons, sur le sentier, les jours et les année, savez-vous, d’où proviennent et comme s’en vont, à reculons, ceux qui s’en vont à reculons et tout en eau, et tout en signes, de l’irritation et du tremblement sur les cailloux, au fond, dans l’eau les âmes coulent,

les traits tendus, tout loin et ira tout au fond, en résistance, en trompe-l’œil, tout au fond, tout en coin, pour revoir l’aube légère, un coup au cœur, tout est oublié, tout est rendu, tout est plié, les meubles, les coussins, les toiles et les draps, sur la table, les paniers pleins,

les pierres posées, les flancs tendus, sur les bancs, les yeux ouverts, tout avance, tout est consommé, pieds légers dans l’escalier, une réponse en amertume, le goût parfait, la fleur des âges, tout au-devant, tout au présent, tu entres, tu cherches, et encore d’autres trouvent,

tout est à voir, tout est en avance, une image, et au ciel un son, encore, tout on compte : les rayons de la saison qui brûle, la tension, franchement, on y voit, on y vient, les rayures au ciel demeurent et tout en point, et tous en traces, oiseaux vous volez loin, cœur muets,

vous partez, vous êtes le chemin, vous êtes la serrure, trouvez la clef, et trouvons l’espérance, touchons au vif et franchement dans le ciel bleu, dans l’air venu, plongeons les yeux et demeurons, tout en haut, tous tendus, alors, résonnons, cernons, âmes résistantes, sur le fond,

tout avance, sans écume, sur les cailloux, sur la table, trouvons le point, le pied dévêtu, la corde, roulez, bouclez, cernez, sans boire, en haut la chaleur souffle, alors comme l’on dit, et bien nous y sommes, voilà et en plus, et encore, les yeux ouverts, tout avance, tout est consommé,

et pour dire à l’aube légère, au ciel, dans le désordre, il y a dans ce temps, il y a dans ce temps, une évidente simplicité.

24 Juillet 2015.

lundi 9 mars 2020

Ô pauvres morts. I.


Comme on dirait.

Alors là, bon, comme on dirait pour un petit enfant, dors, dors, le sommeil va venir, il faut sur ce devant de porte sentir encore, le poids, toujours le poids, de la porte qui s’ouvre et de la chaleur qui rentre, alors dors, dors, le sommeil va venir, tu reposes et tu tiens tout encore dans ta main, les arbres, les chemins, les herbes mauvaises et le poids des jours, un poids, des poids, la porte est ouverte et devant tout pèse et se rassemble, les images et les voix, tout tourne et se rassemble,

enroulez, enroulez les cordes, déposez, finissez, sentez le poids, tout pèse et s’assemble, sur le devant, en haut, dans le couloir, la fraîcheur et l’ombre, tout est lourd au banc de pierres éclatées, tout finit ici, une chose est partie, tu reposes et tu attends, encore, doigts effrayés de douleur, et lourdement, voilà, ma foi, une fois et c’est tout, alors ensemble disons :

les feuilles volent, tout attends, dans l’escalier à chaque marche, les pas se sont posés, la main est lourde, le pied est lent, sur les pierres éclatées poussent tant d’herbes mauvaises, tout arracher, tout disperser, on pense encore dans l’ombre, les animaux se dispersent, encore, une fois et une fois, pour toujours, les chiens, les vaches, les chevaux, les lapins, les tortues, les poules sous le cerisier, et l’ennui des heures chaudes, de l’ail pour nettoyer les ampoules, tout éclate, en rires et en fantaisies, une aventure, je chante sur tous les chemins et on dirait :

tu chantes Manon, les filtres pour le lait, belles de nuit et prunes rouges, tout ici va finir, et tout le reste, reste, une mémoire de pierre à déposer, pour suivre encore et tout reprendre, il fait trop chaud, il fait trop lourd, ils sont bientôt couchés, tout se donne, tout est à prendre, la vie, les rires, les fantaisies, un doigt est posé sur le rampe, le bois est poli, la fraîcheur glace, glace, le temps, les rires, les cerises, tout revient et tout se concentre, envolez-vous, fleurissez, le merle à plume blanche, le buis de cent ans et la fleur étrange, rouge de chair sous le rocher, sur le chemin, au bord de l’eau, ils ont suivi, les hommes, les pommiers, les regards, le soleil clair glace, l’ombre glace si on boit frais,

tout est silencieux, les murs vivent une dernière heure, sitôt rompus, sitôt rentrés, les fagots d’osiers et les fagots d’enfants sages, tous à dormir dans le réduit, tous à pleurer et tous maintenant grandis, sur le devant, dans l’ombre et la poussière, on est rendu, au dernier mot, alors là, bon, comme on dirait pour un petit enfant dors, dors, le sommeil va venir.

21 Juillet 2015.

dimanche 8 mars 2020

Discours.


Enfin je vois, enfin je trouve, du sentier au soleil, de rives en courses, tu es tout au lointain, tu es tout au prenant, et tout est à mettre dans la balance :

le poids de chair et le poids d’émotions, sur le devant, dans les côtés, sur la rive perdue, en étreintes, tu es vivant et tu règnes,

roi, tu entretiens le feu, et les cailloux lustrés, tout allant, irisés et sensibles, au champ tenu, en fièvre et en crin :

poils pour écarter, angles à vifs pour rendre au beau matin un goût de liberté,

je remuerai, et je ferai des signes et j’essuierai ton front et je laverai ton pied, ton âme,

cœur en morceaux, ton temps est en avance, tu retiens et tu griffes, tu voies toujours loin, en-deçà,

porte fermée, tu retiens au sol ton cœur et ton pied lisse, tu tires de tes flancs des rires pour jamais, ton dos, il supporte, et tu dis :

le mal est déposé, le pardon est inutile, cœur ému, pied tremblé, tu forces pour toujours, tu écartes les craintes, sur le chemin creusé d’oiseaux en feu, tout vient de loin, tout ira loin encore, au-delà,

les cordes, les désirs, les frissons et la main posée sur la joue, tout finit, tout commence, les rires, les chansons,

on invente, un cœur au matin plongé dans l’ombre, on cherche, on revient, on noie nos yeux dans le bleu, ciel tenté entre les arbres, sur le toit, les oiseaux couchés à la voute, au silence,

le calme revenu, les pieds sur les pierres, polies, passées au lustre des saisons, ouvertes, enfin, enfin :

roi, je te vois, je te trouve, cœur ouvert, une raison :

je suis ici et maintenant, tout, grandi sous tes yeux, la confiance enfin, l’oubli, tout est illustré,

lumière et confiance, au matin, sur un drap encore argenté, un éclair de certitude :

je te chante, enfin au jour, je conte les années, le récit est entier, les heures sont pesées, tout tourne autour de la nuit et des pleurs,

tout parlerait l’amour, la fidélité et le bien, tout dirait, roi, croire en toute chose :

je t’obtiens, je te prends, te donne, et tout je t’avance, la confiance et la générosité, de tout ici te parle, encore, encore,

de temps et de chansons, dans la chaleur, matin passé, sur le sentier, dans le creux des oiseaux :

trois tourterelles volent et posent au ciel la couleur du partage, enfin, enfin, encore,

j’avance et encore, je suis sorti du creux, je porte tes pierres illustrées, lumière ardente, la force du matin traverse les branches, tout te parle de joie et de calme, tout te parle ici,

enfin et surtout, surtout, de liberté.

20 Juillet 2015.

samedi 7 mars 2020

Retour, les jours heureux, encore.

sept haïkus approximatifs

--


Heureuse journée
la réponse du soleil
au mur d’éternité

__


Les cœurs sont enjoués
joies d’enfants dans l’eau claire
folle déraison

__


Une minute
l’instant est au délice
l’enfant le mange

__


Le bonheur est là
sur la trace du passé
les ombres veillent

__


Espoir retrouvé
les oiseaux sont revenus
les arbres bruissent

__


Pour l’heureux enfant
les drapeaux dans l’air jetés
rires sous les draps

__


Avenir proche
le soleil est à l’heure
souvenirs de joie

Maria Dolores Cano, 07 mars 2020 à 13:28. ici.