mardi 28 juillet 2020

Le timbre. (Premier voyage.)


On y a entendu, les cloches, la joie et les papillons sur les fleurs qui tremblent au déplacement, à l’envol, les yeux ouverts, les mains au corps, je tourne et je me noie, et je te donne une chance plus grande encore, et je te veux, et je te tiens, et tu commences, et je reprends, et je tourne, dans ma bouche, sur les dents,



le son précis, les cloches tintent, tout en avant  tout se confirme : le métal, le métal, et le grain, et le grain, le timbre seul, le timbre souple, j’avance et je me comprends, et je me donne, et je tourne, une cloche dans le jour, ailleurs l’écho, la petite cloche dans le soir, mais elle est seule, d’où viens-tu, y vas-tu, loin,



elle est au ciel, elle est tordue, tout avance et tremble, j’en suis encore à tourner, et comprendre : la vie, l’amour, la mort, les serments et tout à la fin : la gloire, la gloire, un instrument, une faucille, une arme et un outil, je gratte, paysan j’ensemence, et je récolte, faucille tôt venue, et récolte certaine, certainement,



je vois et je suis, tu jettes au sol les grains un à un, et faucille pour couper, et toute trace effacer, la vie te place, et tout t’équilibre, je suis ici et je gratte, et tout du ciel est lancé, gerbes et fuseaux, laine et meules, tout ensemble, au sol, au sol, un brin de paille pour la ligature, tout du ciel, du haut au bas, retenu,



pour rendre hommage, la liturgie est incomparable, les yeux ouverts, la bouche émue, je suis, je suis, et loin et proche, et gai et triste, finissons, finissons, nous devrions rentrer, il vient, il vient un orage et un éclair, tout du ciel encore va tomber, je suis ici et d’ici je te soutiens, tu es en force, avec les mains,



cœur ouvragé et folie certaine, tu mélanges, tout se plie, ils furent des yeux habiles, des cœurs contents, pour rendre et composer, pour une fois encore approcher, tout ici me rassure, tout ici rend content, j’en suis encore au large et à la liberté, je suis ici et je compose, tout devant et tout ensemble, il faut connaître,



vivre sans trembler, sans perdre rien, chercher, et trouver, un fois encore, il faut, faut-il, j’en suis encore au début du voyage, je tourne et je vire, tout au ciel me protège, il y a des moments, où trouver, trouver, est un refuge, je tire et je découvre les jambes sous les draps, on y a entendu et les cloches et la joie,



les papillons sur les fleurs qui tremblent, tout en confusion, les yeux ferment, la vie remplit des bassines, amertume et colère, tout à refroidir, les cloches tintent, tout en avant, tout se confirme, le métal, le métal, et le grain, et le grain, le timbre seul, le timbre souple.



21 juillet 2018.

Retour, la surface.

caviardage du soir
ou
de la dernière heure

__

Des fleurs aux doigts
pour entendre l’histoire

la mer tourne

tu prends
des cailloux
sur la route
_________ sombres
_________ pauvres
_________ outragés

du ciel au sol
tout est histoire

un voyage

tu cherches les couleurs
sur le chemin et tu devines
la vie dans la couture

griffures

liberté
de la couleur

je suis
tu te retournes

Maria Dolores Cano, 27 juillet 2020 à 21:08. ici

lundi 27 juillet 2020

La surface.

Au quartier, on appelle, une maison, tout, la surface, les grandes largeurs, des églantiers fleuris, des fleurs de camomille, des radis en toute saison, la couleur, la couleur du jardin, tu cherches et tu tiens aux doigts des fleurs écloses et des fruits, des feuilles et des branches, et des branches, es-tu ici venu pour entendre,


chercher, mot pour mot le reste de l’histoire, tout en grand, tout en long, je donne, et tu reprends, tu cherches la suite, et fleurs, et fruits, et feuilles, et branches, toute la mer vidée de crabes et de poissons, je suis ici pour cela, je suis ici et au-delà, je tourne, je tremble, et tu cherches, et tu prends, et prenant,



tu redonnes, aussi, pour une si longue marche, des fleurs et des cailloux, et des cœurs battants, voici encore sur la route le pied précis, le troupeau s’en va, traînant un peu, retourne chaque pierre, des temps et des chansons et des figures sombres, pauvres, ils sont encore jeunes, tout du ciel ils voient et comptent,



les obstacles, une fois en plus, une fois encore en marche, en suivant, en chantant la vertu, pauvres outragés, et du ciel tout retombe, tout tranche au sol, et tout verse entre les pieds, on asperge aussi les rebords du toit, tout est lustré et clair, tout commence ici, il manquerait un but, il manquerait une histoire,



des animaux et des cœurs oubliés, un voyage, un retour et du calme, tout précisément, je te ferme et tu ouvres, et tu cherches plus loin le sens et la ferveur, et les contours, tu détoures et je trace, et tu tiens le crayon, et je coupe encore, il faut tirer les fils, la vie passe, je suis éperdument porté aux couleurs,



un deuil récent, sombre, une couche profonde de terre et de sanglots, je suis sur le chemin, et je vois et j’entends, tu devines encore les pas sur le chemin, la vie s’enfuit, il freine, il revient et je tourne, et je rends, et tu vois et tu tournes, et tu cherches, poches trouées, tout, et tout commence ici, il manquerait,



un but, il manquerait une histoire et des animaux qui voyagent et des cœurs oubliés, et doigts dans la couture, cœur saigné et griffures à la face, je suis encore plus extravagant, je ferme et je vois, je tourne et tu avances, il manque encore et de la chair et du sang, sous la dent, les os, dans le cœur la rage, les serments,



je suis au loin, je suis tenu, tu tournes et tu fermes, tu le sais, il manque les saisons d’une vie entière, je frappe et tout se ferme, et portes et liberté, je reviens et tu recommences, récupère les armes oubliées, les églantiers fleuris, les fleurs de camomille, les radis de toute saison, la couleur, la couleur du jardin



je suis ici, y suis-je, devant à la source, tout en vient, tu te retournes, farine jetée à la surface.



21 juillet 2018.

Retour, un jour ouvert.

tissage 

                  

                   Le jour utile dans le silence 
                   à l’horizon sommeil de cuivre 
                   mots décousus le cœur étrange 

                   l’œil ouvert d’un matin frais 
                   petite douleur d’un rêve vrai 

                   jours heureux aux yeux fermés 
                   obstinément la bouche se tait 
                   chambres sombres secret gardé 

                   la beauté et l’amour sont VIE 
                   les corps crient au ciel bleu 

                   l’image est sensation inutile 
                   le cœur commande la joie rare 
                   miroir et perfection sans nom 

                   ose la jeunesse belle rebelle 
                   cœur gonflé peuplé de liberté 

                   l’aventure évite le désespoir 
                   une autre histoire ouvre loin 
                   corps exultant l’indépendance 

                   le cœur tremble dans le songe 
                   pierre habitée d'une joie nue 

Maria Dolores Cano, 26 juillet 2020 à 12:10. ici et

Un jour ouvert. 



Un parcours, et tout ce qui est utile, et le regard plus loin sur le détail, un horizon de cuivre et de silence, en sommeil, en armure, en mots écartelés, tu reprends tout et tu donnes, et tu vises et tu tiens au rebord, les yeux entrouverts, la vie en bandoulière, le cœur émerveillé, tu tournes et tu engranges,



les souffles au matin, la fraîcheur, un moment, un moment, encore, un œil ouvert, un doigt étiré, une petite douleur, tout te chante, l’horizon est certain, le temps est venu, tu tires et tu soignes ta main, et tu souffres un peu, et d’orgueil et de rage, tu es vieux, et vieilli tu te lances, encore, dans les rêves,



dans les jours heureux, dans, et pour, et fort, et brave, et obstiné, tu tournes et tu tiens ta main, et les yeux sont graves, la bouche est ouverte le monde est ouvert en grand, les petites chambres te sont fermées, pour toujours, et toujours, et jamais et bien venu, il fallait, il fallait, que tu réussisses,



et prennes, dans tes bras la beauté et l’amour, et pour toujours, et pour jamais, tu tiens et gardes, la main fermée, le corps précis sur d’autres mains, et un corps qui te reste, sur le devant et au lointain tout passe et tout concerne, les vieux sont bien plus vieux, et les jeunes bien trop jeunes, tu te retiens,



tu te contemples, la force en force décline, tu as tenu et tout à tort, et tout au mal, il fallait, il fallait, laisser la sensation, l’image est inutile, le cœur commande, le corps devrait suivre, je suis tenu et je fuis pour longtemps l’image au miroir, main tenue devant les yeux, dans cette ombre, à la perfection,



je tourne, je charme encore, en perfection tu te disais en avance, maintenant, maintenant, osons que la, que la, il faut oser, ose, la jeunesse, tu te souviens, souviens-t-en, il y a si peu entre ce que j’imagine, tout tiens dans la main, sous les yeux, maintenant, maintenu, cœur tendu, fermé,



tu te désespères, et tu, et toi, on se retient, on se regarde, les aventures changent, les yeux s’ouvrent, dans une autre histoire, le cœur est perdu et se cache, les distances sont autres, autrement je vois, et plus court, et plus long, et plus loin, et encore, le corps se retrouve dans les yeux, aux oreilles,



la peau n’est plus utile, le cœur tremble, encore et toujours, toujours et encore, dans le songe, les pierres contemplées, la vie te retiens, tu fermes les portes, tu ouvres, le bonheur au jour, le cœur émerveillé, tu tournes et tu engranges.

                                
08 juillet 2018.