dimanche 11 octobre 2020

Poissons ensablés.

Et nous allons encore, montagne, sous les branches et cherchons sous les feuilles, les grains, les grains, le sable pour les poissons, le poids des heures, tout tourne et recommence, et tu achèves d'un grain l'autre la seconde exacte, et exactement les feuilles tremblent, montagne, sans allant, tout y venant et pour trembler,

en dire les causes et le terme, le mot est prononcé, la loi tourne et retourne et tu te donnes du temps pour le frisson, la seconde enfin tremblée et le cœur recommencé, j'en suis, j'en suis et tout ici me tourne et me tremble, nous allons, allons-y, et commençons, je suis celui qui vient et qui passe tout au-devant, devant,

et premier, pour tirer les lacets et serrer la ceinture, tu viens et tu reviens, et tendu et retenu, tu passes encore, encore sous les branches, le cœur tremblant et l’œil sensible, sensiblement ouvert tu te tournes et tu enchantes, y sommes-nous, en sommes-nous encore, tout en raison et tout en poids, je suis celui qui vient,

venant, et détends les lacets, chaussures portées, de montagne en branches et de sourires en certitudes, tu te retiens et tu recommences, tout au ciel et du haut, tu entoures, nous sommes, nous y sommes, de traits en ombres et de sourires en cascades, sans rien en dire, sans rien en expliquer, rien, tu n'écris pas,

écris-tu, tu ne démontres pas, et loin de loin, sans explication, sans rien sur les yeux, tout en arrière le front perdu, drapeaux et cœur tremblés, je résiste et tu me prends, j'en suis ici et encore, quand même, quand même, sans rien au feu, sans ombre sur les joues, tu te signales et tu comprends, nous y serons, montagne,

nous en donnerons, tu te tournes et tu recommences, je ne t'explique rien et je ne montre rien, au front les rubans perdus, aussi les oreilles ouvertes, tu retiens et tu enchantes, je suis ici, je suis ici, et nous allons encore, encore, montagne sous les branches, sous les nuages le cœur tenu, tu te défends, tu respires, tout tremble,

autour, tu te penches montagne devenue, et pensée et rendue, je te trouve et tu tournes, nous y sommes, en sommes-nous, y venons-nous, tout tourne et tout te penche, pensée tu tiens et tu commences, j'en suis, en suis-je, du val au sommet, et arbres aux branches éloignées, et grains sur grains tout est posé, remparts,

air et sable, poissons ensablés, je tourne et tu penches tout monte et te comprends.

29 octobre 2019.

samedi 10 octobre 2020

Retour, toute honte bue.

 Toute honte bue
en dix haïkus approximatifs

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Au bord du soleil
le printemps ouvre sa fleur
rêvons c’est l’heure

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Bouquet en marge
la fleur coupée cherche l’eau
au cœur de l’ombre

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Le temps est passé
en marge l’ombre claire
d’un cruel délice

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Espoir d’avenir
vie belle et rebelle
honte déposée

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Mémoire courte
une petite chose
à la joue meurtrie

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La honte est bue
c’est l’heure du grand départ
pour l’éternité

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Témoin silencieux
complice au sol posé
sur l’herbe verte

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La main est ferme
les questions sans réponses
les mots imagés

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Tout recommence
dans la nuit et dans le jour
voiles dans le vent

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Au soleil joyeux
la brise est un bouquet
un rêve cruel 

Maria Dolores Cano, 11 octobre 2020 à 08:09. ici.

vendredi 9 octobre 2020

Toute honte bue.

Comme un bouquet, au vent léger et ravi, premier du printemps, posé là, au rebord, au soleil joyeux, que la brise est douce, comme dans un bouquet les fleurs en rêve, alors rêvons c’est l’heure, et bois épais d’ombre redoublez, vous êtes nous sommes et nous y sommes, sur le rebord

et dans les marges, bouquets posés et courses folles à l’abandon, dans l’abandon, sans rien autour, pour dire, dire, je parle, et on écoute dans l’abandon les fleurs coupées, un bouquet et tout, la fleur cherche l’eau claire, fourrés dans l’ombre et cœurs contents nous sommes, vous êtes et ensemble

nous nous posons au rebord frais, la marge est encore claire, le temps passant la vie est belle et tourne encore belle, ta force, toute au ciel bleu tu renouvelles, fourrés ombreux, hélas, nous entendrons toute honte bue, belle et cruelle et délice et tour de force, je suis venu, tu es ici et d’ici aussi

je brave ton avenir et tes espoirs, tu es ici, si belle et tu tournes vers eux, ailleurs et autre chose, et tout regard bu, et la honte déposée, belle et cruelle et rebelle, et tout du temps devrait être apaisé, pour toujours, pour jamais et sur le front, et dans la main, et sur le cœur, tout au parfum,

tu chancelles, je suis ici et toujours là, ailleurs est une petite chose, des escaliers, du vent et la mémoire parfois courte et sensible, sans rien, tout au devant, escalier terrible, la joue meurtrie au cuir de sa sandale, tout apôtre et tout ermite, fleurs et bassins et ombre fraîche, les fourrés, les désirs

et la vie en partance, car ainsi, car nous aurons de grands, de grands, départs, toute honte bue, des fleurs et des saveurs ensemble, ensemble, enlacés, du devant, du dehors, sous les arbres, branches fleuries et cœur content, toute honte bue, pour une fois, pour un instant, pour une éternité,

je vis et tu reviens, tout est vu, nouveau et silencieux, témoin, et détenu, complice et sans égal, tout à cela se recompose, les pieds posés au sol, ils grattent et l’herbe verte encore, le ciel bleu toujours et tes troupeaux de grand et petit bétail, la chose est sure, la brise souffle et au ciel tout encore,

au ciel tenu, la main ferme et le regard droit, je tourne, je tourne et tu me demandes encore, et grâce, et merci, et je te pose, et tu me rends, et nous nous donnons des questions, des réponses, des mots un par un, et un plus un, et des images, des images, tout à venir, ainsi, tout à poser et dire,

et faire, toute honte bue, cela pour recommencer, quel ennui et terrible encore, encore tout est posé, le matin suit, le soir, et la nuit le jour, et soir après matin, les yeux ouverts, les yeux fermés, la vie tendue, les voiles dans le vent, comme un bouquet, au vent léger et ravi, premier du printemps,

posé là, au rebord, au soleil joyeux, que la brise est douce, comme dans un bouquet, les fleurs en rêve, alors rêvons, hélas nous entendrons, toute honte bue, entendre, belle et rebelle et cruelle et délice et tour de force.

24 Août 2017.

jeudi 8 octobre 2020

Retour, sortons de la chanson.

Sortons de la chanson
en un caviar d’âge

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je parlerai
de nous aussi
la bouche ouverte

je sais
l’ histoire ancienne
en cercles rompus
mains sur le cœur

le cœur seulement

il fleurira
de folles incertitudes

passager sous la pluie

la mer en fureur
tu recommences
bouche ouverte
sur mon cœur

autre temps
sans réponse 

 

Maria Dolores Cano,  08 octobre 2020 à 10:51. ici.

Sortons de la chanson.

Pour qui parler, et je parlerai bien sûr, en avant, pour moi-même et je pense, il n’est pas interdit de penser, à certain, à certain, sortons la chanson, sortons les incertitudes, les guerres et le coin du feu, incertitudes et délices, tout ici pense, et d’ici à reculons, on se défend, je pense,

et j’y repense, guerres et coin de feu et des chansons, et pour certain, certain, dire la guerre sans dire les soldats, et penser encore à, des instruments et de grandes mains, tu y es et nous aussi sommes, en avance, pour qui parler, et parlerai-je, il est temps de penser et de te croire,

les mains sur les cordes et la bouche ouverte, l’air passe, tu souffles et recommences, je pense, je pense à certain et tu te tais sur le nom du soldat, les uns y montent et le reste descends et tous ensemble passent et repassent, chacun vient, chacun va, et au détour, les yeux fermés, on pense,

encore, autre chose, autre temps, et sur mon cœur, je sais bien quel est le pouvoir de tes yeux, histoire, histoire ancienne et raison perdue, tout est à perdre, un seul regard est suffisant, de toi tout tient et je m’enchante, la raison va déraisonnant, en cercles rompus, je tournerai, je tournerai, encore,

pour tout seul reconnaître, un seul regard de toi fait ma raison défaillir, ma constance affaiblir, les mains sur le cœur et la bouche ouverte, l’air passe, tu souffles et recommences, et seul un œil déraisonne ma constance, et tout ici, tout d’ici je récupère et tu reviens de si loin, le cœur seulement tordu,

et la bouche ouverte, pour que, pour que passe l’air et naisse l’avenir, il fleurira et tout ici grandira, j’irai, nous irons, de folles incertitudes au passé, tu te retournes et nous voyons, nous voyons, dos tournés et pied au sol, l’effort, la chaleur, la volonté, j’embrasse, j’embrasse et tu contiens,

œil bancal, bouche amère, je tourne et tu viens sur le devant, quand tout commence, ils passent et repassent et aussi montent et descendent, et les gens, si braves, et les voiles et passager sous la pluie, ton naufrage est bien proche, pour qui parler, et je parlerai bien sûr, en avant et pour moi-même,

simple, simplement, tu t’accroches au bois, au bois dans l’assemblée des eaux, et tournent et te noient les remous et la mer en fureur, et pour en sortir, tu sortira et tu criera, et jamais, et toujours, au ciel, au vent, aux montagnes, au vent, tout te souffle et tu recommences, sortons de la chanson,

sortons des incertitudes, les guerres, le coin du feu, incertitudes et délices, tout ici pense à reculons, et d’ici on se défend, câbles et filins, cela monte et tu respires, bouche ouverte et encore, encore, on chante et on recommence, je pense et j’y repense, guerres et coin de feu et les chansons,

et pour certain, à certain, dire la guerre sans dire les soldats, et penser à, encore des instruments et de grandes mains, tu y es et nous aussi sommes, et tu te tais sur le nom du soldat, pour qui parler et parlerai-je, en avance, et sur mon cœur, je sais ton pouvoir, œil qui me regarde, et ouvert

et noir, bien noir et ouvert, chacun vient, chacun va et tout ici et d’ici est si drôle, si simple et simplement, je pense et encore, encore, pour moi-même, je pense à certain et tu te tais, chacun vient, chacun va, et au détour, les yeux fermés, on passe encore, autre chose, autre temps, histoire,

question sans réponse, et pour qui parler, et je parlerai bien sûr, en avant et pour moi-même.

24 Août 2017.

mercredi 7 octobre 2020

L’instant de la reconnaissance.

Oh, là, elle me fait mal, tête, arrête un peu, et tourne, ton bras, tourne sur toi-même, tourne à toi-même et reviens, pour, encore, encore, complètement inutile, tu cherches et tu refuses, les outils dans le sac, et la peau sur les os, tu reviens et tu grattes, le sol, les arbres, l’écorce, tu viens,

et tu grattes et elle me fait mal, tête, peau meurtrie et rêves oubliés et la mer, nuit et jour, tout ici accompagne, je ferme et je vois et tu te tiens aux branches du paysage, fleurs tournées, mémoire vigilante, tu grattes le sol et le fond, deux grenades et trois raisins, tu viens et ici geins-tu, grenades

éclatées, et en force tu renouvelles, la vie au grand soleil, la terreur sous les branches, les abeilles piquent, tu te tiens, sans rien encore, on te rencontre et tu te caches, fleurs oubliées et branches mortes, tout paraît ici, tout tient et tout demeure, les abeilles piquantes, les feuilles arrachées,

aux arbres ébranchés, la douleur et la reconnaissance, je tourne, tu tiens et nous respirons, il est temps, et tu, et je, et nous, enfin reconnaissons, les odeurs de feuilles et d’innocence, la vie rêvée et du rêve rien ne profite, il semble, il semble, et venu, et comblé, en plein mensonge la prière,

des nuits noires, pour l’instant de la reconnaissance, j’avance en ce jardin et je tourne, et tu vois, ils se posent et ensemble composent, il y eut des moments de deuil et d’espérance, une vie et des vues, passées et retenues, le temps est accompli et la parole passe, et l’herbe fanée oublierai-je,

tournerai-je, ferai-je encore, du vent et des cailloux et des bouquets d’herbes fraîches, en pleurs et rumeurs et rubans déroulés, la vue, la vie, les rêves et les rires, tout ici déployés, rêves et rires, et l’eau coule, cascade et recueillement, oh, là, elle me fait mal, tête, arrête un peu ton bras,

tiens, du fond, du fond il revient à l’aventure, le bûcheron et la construction, bateaux de guerre et fleurs fanées tout revient encore, tourne et retourne et tant encore tu tourneras, ils sont au creux, la vie à la rive, le cœur content, tout ébranché et retourné, écorce palpitante et renouveau,

encore, j’en suis encore et encore, au premier visage, au fond de l’eau, dans la fraîcheur, les branches brassent, tout est battement, retenues les eaux sont assemblées, branches basses à la surface, un fil plongeant et un poisson, tu es perdu tout te menace, fraîcheur légère et cœur battant, à la fenêtre,

quel est le paysage ici où là, bienveillant, tu tournes et tu recommences, il tourne encore, encore le cœur de cet été, oh, là, elle me fait mal, tête, arrête un peu ton bras, et tourne, tourne sur toi-même, tourne pour toi-même, et reviens, le temps est compté, les yeux ouverts, les arbres ébranchés,

les feuilles arrachées, le cœur écorcé, le temps est accompli, la parole passe, l’herbe est fanée, oublierai-je, tournerai-je, ferai-je encore tourner le temps, tourner la vie et perdre encore, perdre, une vie de bâtons perdus, de semelles usées, la peau sur les os, tu reviens et tu grattes, grattes,

le sol, les arbres, l’écorce, tu viens et tu grattes.

23 Août 2017.