samedi 17 septembre 2022

Retour, "Nous avançons. "

Quitter le monde
_______ et tout le reste
en exil
silencieux présent
la douleur est grande

les oiseaux sont un signe
________________ un combat
et nous petite chose
en attente
dans le doute
____ et la fureur d’attendre

en abandon
_________ tant d’amour en sursis
_________ tant de silence incompris

l’Homme a les pieds pris 

 

Maria Dolores Cano, 17 septembre 2022 à 08:00

 

Nous avançons.

Pour me dire le monde change, change-t-on quelque chose, quitte-t-on le reste, je déplore, pleurant, explorant, le quittons-nous, sommes-nous en exil, et confrontés, et débattus, et posés, les regrets tournent à vide, comment dire, comment faire, ô, grand astre, en surplomb, tu surveilles, du lointain,

au présent la vie arrache les secondes au silence, temps et bruit et circonstances, sommes-nous dans la douleur, tout nous est-il facilité, simplement, sans y penser les bornes luisent, les oiseaux tournent, les chemins foisonnent, la vie éternellement allée au plus grand, au plus haut, avançant,

tout en avance nous donne, livrerons-nous tous les combats, je refuse, je refuse, l’air des uns et des autres, les insectes vibrionnent, les oiseaux envolés débattent de printemps, tout cela tourne et tourne encore, je tiens et je décris, les insectes et les oiseaux, nous avançons, nous voyons et nous vivons,  

nous, que sommes-nous, il faut oser dire, peu, ou rien, bien peu, bien petite chose, les trajets détournés, les espoirs déçus, les caractères emportés, l’aventure décomposée, tout au petit, au plus petit, sans forces, la passion au service de l’insignifiant, avance, courbe-toi, les manches déroulées, enroulées

tu ne sais si tu, si tu reviens, si tu es parti, dans le doute et les méandres, tu recules, les manches roulées, déroulées, tu hésites sur le pas de la porte, faut-il, attendre et partager le même air que la multitude, je ne sais, je ne sais, trop peu, trop plein, l’air abandonné, le souffle court, bien trop, tu te rapproches,

tant de passions pour l’inutile, tant de défauts pour ne rien dire, il faut éteindre toutes les lampes, progresser dans les ténèbres, ô, grand astre, en surplomb, tu surveilles. 

06 août 2021.

vendredi 16 septembre 2022

Irene.


 

Pour le plaisir.

 "La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours, puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin
Une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille,
Désir à combler, Faim à satisfaire,
Un cœur généreux,
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie, la vie à se partager.
La nuit n’est jamais complète."


Paul Eluard / Derniers poèmes d’amour

jeudi 15 septembre 2022

Ce qui ne restera pas.

Il te reste demain pour comprendre la vie, avancer, les yeux ouverts, la main sur la hanche, sur la hanche quel plaisir, et on y sent le squelette, quel plaisir, l’os sous la peau, la main, la peau et l’os, tout cela est dessous, dessous, on, toi et moi, se disperse, et toi et moi, émus, éveillés et l’os et la peau,

on ne se dit plus rien, il en faut, et tout enchante, le rire, la mort qui veille, les erreurs, et en tas, en tas les feuilles, sous les arbres, sous les branches, je te réclame, et tu ne réponds rien, ni pas, ni peu, que restera-t-il de toutes ces paroles, tu te tiens, je remarque, la peau sur l’os, je te soutiens la main tranchante,  

et tu ne réponds, ni rien, ni peu, ni pas, on se souvient, toi et moi, en disputes, qui est sur le chemin, le premier, la facilité, les échos, je te tiens et tu ignores, la main sur la peau, sur l’os de la hanche, jeunesse pour longtemps, encore et encore prolongée, ce qui ne restera pas, ce qu’il faut abandonner,

ou peu, ou rien, des mots pour écarter les regrets et les doutes, je ne suis pas, ni peu, ni rien, ni moins encore, la main sur l’os de la hanche, le cœur pousse, la vie est avancée, tu te retiens et je m’ignore, ignore-t-on, ni rien, ni peu, ni pas, tout au-devant, tout en avance, je te suis encore, et encore reconnaissant,

tu me tiens, et je remonte, et le drap et les pieds sur le côté, sur la vie qui continue, je ferme et je contiens mon cœur dans sa cage, enfermé, enserré de tourments, et de paroles en flots muets, en disgrâces, sans la main tout se tient, tu es ému, tu es posé, tu es meurtri, au drap, pour rien, au sommeil,

je ferme sur le temps, les yeux, les regrets, je tourne, tu tiens, si l’on s’oublie, si l’on se tient, toi et moi, la main sur l’os, sur la vie avancée, tout enchante, le rire, la mort qui veille, les erreurs.

05 août 2021.

mercredi 14 septembre 2022

Main fermée, doigts serrés.

Entendre sans comprendre, faire et défaire, travailler, le pain jeté sur l’eau, au bord du fleuve le corps revient, la vie avance, du plomb et du cuir, le fer à la ceinture, un bâillon pour les yeux, la vie avancée, les évidences accumulées, une histoire, et pour toujours les aventures tournent, les animaux,

les chansons, les regards émus en phrases morcelés, je te tiens et tu me devines, je force le sens caché, la formulation du secret, nous venons sous les étoiles, le cœur en avance, les pièges posés, je te donne la main, tu retiens le souffle, nous allons au-devant, vers la vie contrôlée, et les yeux évanouis,

il te reste, il te reste beaucoup de biens à partager, la lune, les étoiles, astres et certitudes, tu affirmes, tu tiens, venu en avance, tu serres les doigts sur les petits cailloux, on passe la main sur le sol, les épines, ce qui reste, ce qui reste, la liberté, le sens, l’eau, tu es rempli de toi-même, tu tournes, main fermée,

doigts serrés, graviers, sous la couronne, au partage, au front, la vie en avance, une épreuve, un sanglot, la douleur répandue, les ongles dans la peau, tu rêves, très beau et entier, tu rêves, il faudrait passer sur les ruines, finir la course et recommencer, tu attends et tu tournes, je retiens, tu me donnes,

un éclair, je te vois et tu brises sous ton pas les tiges et les fleurs, tout te retient, tu me devances, nous ne finirons pas, nous ne ferons plus de coupes dans la clairière, un tas, le bois est pour attendre, l’hiver, la pluie, tout nous cherche et nous y sommes, en morceau, animaux, et chansons, regards émus,

en phrases, morcelé, effondré, et sans voix, te reste-t-il un peu de souffle, tu tournes, tu défais les doigts, le cœur ouvert, tu me transperces, au bord du fleuve, le corps revient sur les petits cailloux.

04 août 2021.

mardi 13 septembre 2022

Retour, "On prend ensemble."

L’Or
le temps

inconsolable est
la mort à la source
sans raisons – ou - raisons folles

les eaux en souvenir
assemblées et partagées
comme brume de chair

feuilles – vent – soleil
et voiles au bleu de la mer
sans rien en proue

au loin une cloche tinte
visage des feuilles dans l’ombre pâle
cœur fêlé dans les plis de l’histoire

cicatrices à vif et tête creuse en calice
temps perdu

l’Or

Maria Dolores Cano, 13 septembre 2022 à 09h56.