dimanche 7 mai 2023

Retour,"Des œuvres oubliées. III."

Enfants sur le rivage, de chair et d’os, peau ambrée, cheveux de jais. Ils se souviennent les fleurs, les arbres, les saisons et le murmure des branches, le chuchotis des feuilles. Grandes heures de plénitude, de certitude, de bonheur sur le sable, de joie entre les joncs. Leurs grands yeux étoilés emplis de rêves et de raison. Ils prennent dans le ciel un flocon de douceur.

Ô ! Souvenirs sur la rive.

Matin de rose, silencieux et léger. Ce beau commencement du jour naissant, où tout est murmures et bruissements. En attente du sable et de l’eau sur la peau. Beauté ultime, juste avant la mort. Juste assez de beauté au réveil pour affronter la mort. Soleil aux mains d’argent pour embrasser le jour.

Écoute des voix arrivent, elles disent : nous n’avons point de maison, nous vivons sur la rive, entre les grains de sable, entre les joncs notre joie demeure.

Maria Dolores Cano, le 06 mai 2023 à 10:04.

mardi 2 mai 2023

Des œuvres oubliées. III.

Il te reste le temps compté, les branches, les enfants perdus, au sol, au rivage, clos dans un grillage, de fer et d’os, de tombes ouvertes, tu cherches et tu refuses, ils sont, ils sont, ici et encore, là et ailleurs, enfants perdus, clos de grillages, à la rive, sur le bord, ils se souviennent, tu attends, entendre,

compter et finir une boucle plus une autre, au détour, les fleurs, les arbres, les saisons, et des chuintements sous les branches, on y voit bien du rouge, sous les feuilles, dans l’air entre deux plis, entre deux certitudes, tu prends et tu remplis, dans l’air, rouge, il te reste encore et encore le reste à accomplir,

au chemin des grandes heures, berceau perdu, nacelle sur les flots, tu restes et tu grandis entre les joncs, enfant perdu, enfant trouvé, bonheur et certitude, tu grattes le sable de la rive, on pense, on entend le bois de palissandre, les verres érodés, au chemin franchi, œil en étoile, tu grattes, enfant,

poudre de rêve, cœur oublié sur la rive, et nous étions, et nous sommes, et nous serons, matin tremblant et silence, tout au repos, tout en attente, deux se trouvent et on attend, encore des regards, encore des murmures, du trouble et de la raison, il te faut partir vers ce qui reste de raison, à la rive la raison,

le sable sous les pieds, en fermeture, tu es enclos de grilles et d’effroi, de frissons et de maladresse, une main sur la peau et des yeux, tout ici chancelle, je te suis, je descends, tu tiens et tu reviens, les pieds soulèvent l’eau et le sable, tout racle et apparait, je te tiens, je te suis, tu échappes, espère,

on l’a vu hier, et il est mort aujourd’hui, et aussi, moi, je jure de mourir, si tu m’abandonnes, nous étions, nous sommes, nous serons, et de sable, et d’argent, de soleil au réveil et d’éternité incluse, je te tiens et tu essuies la peau sur les cailloux, flotte comme un grand lys, il te reste à voir et à entendre,

des broussailles pour lit, clos dans un grillage, de fer et d’os et de tombes ouvertes, tu cherches et tu refuses, ils sont, ils sont, ici et encore, là et ailleurs, enfants perdus, clos de grillages.

30 novembre 2022.

Retour,"Des œuvres oubliées. II."

Hier
était
aujourd’hui
je meurs
au sol
rien
tête vide
en évidence
sous les feuilles

là-haut
le soleil
les oiseaux
le ciel bleu
le vent

là-bas
les iles
les rochers
les nuages
les rêves
la vie
des enfants dans les branches
leurs rires enflammés
leurs colliers de baisers

il reste
sur le sol
la mort
à mes pieds
la racine
d’un été

Maria Dolores Cano, 02 mai  à 10:10.

Des œuvres oubliées. II.

On l’a vu hier, et il est mort aujourd’hui, et aussi, moi, je jure de mourir, si tu m’abandonnes, repose et conforte, un pas au sol, une éternité pour se dire, reprends et accepte, il ne te reste rien, ni le pire de la férocité, ni, du tremblement les cris et le parjure, et vu hier, il ne reste, ne reste, la tête vide,

le cœur rincé, d’évidences en évidences, tu cherches et tu dessines la trace d’une tombe sous les feuilles, la terre est dure, tu penses la terre est basse, là-haut le soleil si haut, si haut, si tous les oiseaux, tous les oiseaux, soleil joyeux, un ciel tout bleu, tout bleu, sous le vent, sous le vent, les iles, les rochers,

tu restes, je préfèrerais être un oiseau sur terre, un oiseau sous les nuages, tu devines et tu accroches les rêves au ciel bleu, la vie errante, pour lit les broussailles, le ciel tout bleu, il te reste le temps compté, les branches, les enfants perdus, sans conscience, sans rien, il te reste chaque meuble à tourner,  

tout devant, tout encore sur le sol, les lames et le fil, le cuir érode la peau, il te reste à pleurer chaudement sur le sol, la tête tourne, le combat, la pression, il te reste à définir, à nommer, à prendre, à entendre une fois et une autre, un regard et des doutes, des erreurs, du vide, pour tout cela la division,

aussi à prendre et à compter les coffres de fer, la peau et les habits, les parures et les colliers, des rires et des cris, je te bats, tu m’assommes, il te reste à partir, il te faudrait revenir, et comprendre, et enflammer le corps au sol, la tête sur le pavé, comment se dire, comment entendre, je t’appelle, tu reviens,

il te reste, déposé au sol, il était là, on l’a vu hier, et il est mort aujourd’hui, et aussi, moi, je jure de mourir, si tu m’abandonnes, on revient, on tient, quelqu’un est parti, il te reste ici à reconnaître la trace de son pied, tu avances, un pas, plus encore, un pas, au loin, ils déplorent, notre, est parti, notre,  

moins de force, moins de présence, moins de suite et moins d’idées, des bois et des fontaines, je te revois et tu grattes, au sol, au pieds, entre chaque tronc, racines, fables et certitudes.

28 novembre 2022.

lundi 1 mai 2023

Retour,"Des œuvres oubliées. I."

Qu’en avez-vous fait ?

Vous aviez mon cœur,
Moi, j'avais le vôtre :
Un cœur pour un cœur ;
Bonheur pour bonheur !

Le vôtre est rendu,
Je n'en ai plus d'autre,
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu !

La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L'encens, la couleur :

Qu'en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu'en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?

Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,

Vous me laissez là,
Dans ma vie amère ;
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !

Savez-vous qu'un jour
L'homme est seul au monde ?
Savez-vous qu'un jour
Il revoit l'amour ?

Vous appellerez,
Sans qu'on vous réponde ;
Vous appellerez,
Et vous songerez !...

Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte;
Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant.

Et l'on vous dira :
" Personne !... elle est morte. "
On vous le dira ;
Mais qui vous plaindra ?


Marceline Desbordes-Valmore

Maria Dolores Cano, 01 mai 2023 à 11:22.

 


 Il core vi dono.

Hors-sol et/ou déconnecté.

  



Des œuvres oubliées. I.

Au demeurant, pose et conforte, un pas au sol, une éternité pour se dire, reprends et accepte, il ne te reste rien, ni le pire de la férocité, ni, du tremblement les cris et le parjure, et aussi, moi, je jure de mourir, si tu m’abandonnes, au confluent les marais se rassemblent, tu es ici, pourtant tu tiens,

encore et simplement, des œuvres oubliées, des rires en cascades, simplement tout en cascade, des ruches et du marbre, du fer et du pot, la mer te confond, et tu trembles, tu trembles, enlaçons, enlaçons, reprenons ce qui reste, du fer et du pot, du miel et des étangs, sur la rive, sur le front, agitant,

tu cries au reste, pour penser, en sommes-nous conscients, tu cherches et je plie, tu finiras un soir, je serai absent, en retour, sans entendre, tu fuis et je rejette un grand, un grand bouleversement, tenu et rompu, tu glisses sur le sable, en prenant, et tendant, et ferme, et constant, prince abandonné, tu grattes

et tu inspires, il te faut prendre et soupirer, tu tiens et tu admires, je te vois et tu m’oublies, je suis sur le chemin, au bord de ta chance, tu regardes, et je joins les yeux au souvenir, du plus grand, du plus loin, longuement j’espère, je te tiens, de loin je fixe l’avenir, tout est trop grand, trop, trop intense,

moins de force, moins de présence, moins de suite et moins d’idées, je te revois et tu grattes, au sol, au pieds, et entre chaque tronc, de racines, et de fables, et de certitudes, tu vas ainsi et longuement, d’un proverbe à un autre, au détour, au regard, tu penses, la rouge fleur des blés, au moins sais-tu

ce qui anime, le vent te frôle, champ, tu reviens du froid et de fil en fil tu arranges et tu tires, un œil ouvert, une main tendue, de rang en rang et de saison en apparences, du froid venu et rendu, tu sèches et tu composes des histoires oubliées, des griffures, une éternité pour se dire, reprends et accepte,

il ne te reste rien, ni le pire de la férocité, ni, du tremblement les cris et le parjure, et aussi, moi, je jure de mourir, si tu m’abandonnes.

26 novembre 2022.