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oiseaux des arbres
leurs nids dans les broussailles
rire des cailloux
des herbes entre les troncs
et la rouille des feuilles
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oiseaux des arbres
leurs nids dans les broussailles
rire des cailloux
des herbes entre les troncs
et la rouille des feuilles
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De plus loin on tourne vers l’histoire, on tourne, on tient, on tend, on frôle, y serons-nous, y viendrons-nous, sérieusement, sans connaître, sans voir, sans rire, sans trembler, devant et plus encore, de plus loin, on tourne et tout reprend, on est, on tire, on penche, des oiseaux, des fleurs et des arbres,
(sans risque, sans dommage, devant le temps, devant le courant, sur ce qui tourne et se comprend,)
Au calme, au repos, flamme tendue et rouge gorge, oiseaux perdus et nids dans les broussailles, je tiens, tu viens et nous allons de force en force, tout est porté, un mot plus un autre, une vie d’aventure, un élan, un envol de point en point et forcément la vie avance, je te porte, tu comprends et tu restes saisi au ciel même, un histoire et plus encore : il invente une enfance bien précise, pour dire et chanter, je tiens et tu observes, le fil, la route, le calme, et saisissant, et embrassant une folle espérance, oh, aimez-moi, aimez-moi, aimez-moi fort, aimez-moi beaucoup, au champ, au devenir, au même, tu dérobes les objets, regard caché, tu tires et tu espères, aimez-moi bien fort et un peu plus encore,
(sans risque, sans dommage, devant le temps, devant le courant, sur ce qui tourne et se comprend,)
Du rire et des cailloux, le vent tourne et tu observes, chemin faisant barque plombée, flanelle et sac, tout tient dans le dos, paquet encombrant, un rire fort, une cassure extrême, dos courbé, le bâton aux épaules, il reste à parcourir, il reste à réciter, le plain-chant en rupture, les yeux ouverts, la vie signalée, il te reste à sortir de l’ombre les grains un à un, il te reste à comprendre, les images s’imposent, le temps vient et tout venant et tout venus, les oiseaux et les branches et les herbes, les herbes entre les troncs et ce qui tient et ce qui avance, sans détourner, sans entendre, sous les ronces et au champ il y a tout ce que tu devines, les ombres oubliées, les feuilles nervurées, semis de fleurs, abandonnés, et trace de rouille sur les feuilles, je te tiens, je te veux, je te vois, et encore, et plus même, tu retiens et tu encercles les évidences, soleil meurtri et raison, les idées une sur l’autre, ce qui avance et ce qui grandit, il te reste à comprendre les images anciennes sorties des meubles abandonnés, tiroirs et bijoux, un fragment, gorge chantante et œil changeant,
(sans risque, sans dommage, devant le temps, devant le courant, sur ce qui tourne et se comprend,)
On justifie, on comprend tout et le reste est inutile, le surplus aux orties, aux herbes entre les troncs, pour que reste ce qui avance et gémisse ce qui ne se comprend, en faire soi, en dire plus, se contenter de ce qu’on imagine, une phrase perdue, un bouquet dans les airs, abandonné.
30 mai 2023.
cette nuit il te reste
un abîme
il reste les parfums
en boucle entre deux pierres
il reste le silence
devant ce qui sera le royaume du cœur
il te reste un frisson d’espoir sur la paupière
ouvre ton cœur bois tes larmes
dans ce bois tranquille et sombre à l’ombre d’une écorce
on lit ce mot gravé par une main tremblante
ce qui compte et s’impose
le calme et le repos
cœur utile
silence sous les branches
un monde en évidence
pétales en transparence
ne te retourne pas
le reste est oublié
sur ta paupière close
Ô tendre amour ta faveur nous anime
Maria-Dolores Cano, 12 novembre 2023 à 14:26.

(et Orphée va, et tout revient)
Et bois, et forêts, et vallons, tu tournes la tête, front dépouillé, il reste la paupière et ce qui dit, et ce qui entend, les parfums et les narines, à frissonner, à dire, je lance et tu reviens en boucle, on lit, on lit, et la main tremble, à comprendre, rien n’est rien, et tout est plus, on lit et on retourne entre deux pierres, restent les yeux verts et le silence, serpent et sirène devant ce qui est devant, ce qui fut, et tu oses, tu oses, allons, ce qui sera, qui est, qui fut, et qui sera, mots pour mots et images, images en creux, ce qui te reste de certitude, descend, descend, et tourne, il te reste à inventer, descente et tracas, tu trouves et tu comprends, ils y sont, ils te poussent, et revenant, et cherchant, loin, revenant de ce royaume, mains ouvertes, cœur entrainé, et images, sur le route je tourne, et tu comprends, il te reste, d’un frisson et d’un espoir, tu tires la paupière, au-devant, en absence,
(et Orphée va, et tout revient)
Pour régler, pour comprendre, pour soutenir les mains, et le cœur, et les yeux, en avant, dans un labyrinthe, les yeux ouverts, la bouche certaine, les doigts comptent les pas, et à dix, dix, tout recommence, un pas pour l’autre, des vagues et des bonds, des lames et du fond, en dire, en faire ce qu’il convient de sentiment, de gloire et d’humeur, à l’ombre, au-devant, au clair, pour tout entendre, tu accumules et tu reprends, un doigt, un doigt, et chaque dix, tout recommence,
(et Orphée va, et tout revient)
Il y est, il tire, il reprend, les paupières, les sourcils, ce qui compte et s’impose, le calme, le repos, le pas des animaux, il te faut dire et encore ton cortège, et tout ici me verra sur ces pas retourner, en avance, en envie, cœur utile, le silence te tient, sous les branches, entre les arbres, ces rochers et ces fronts, tu calmes, feuilles emmêlées, rayons traçant et le pied sur la mousse, il est en évidence, il tourne et tu comprends, le reste à dire, la clarté, le silence, et la chaleur qui règne, un monde en construction, des évidences simples et sûres, des rochers, des vallons, il te reste encore, et encore, à voir et à dire, la vie inventée, les fleurs senties et oubliées, papiers froissés, pétales simples, en transparences, du calme pour le jour qui reste, tu reviens, enfer oublié et n’oublie pas, ne te retourne pas,
(et Orphée va, et tout revient)
Un monde en dépend, le reste est oublié, dormais-tu cette nuit, et fronce, et tire paupières et sourcils.
Mira mamá
estoy contando flores
y tú me dices
con lo que te queda de memoria
aguja de hilo
corazón de amapola
hierba alta por los montes
gota de agua caída del alma
mira mamá
estoy contando flores
entre mis manos
el tiempo va disponiendo
granos de trigo
y hierba seca en la boca del cielo
flores rojas como manchas de sangre
bajo las piedras el agua está fresca
flores del rio
sangre del alma
mira mamá
estoy contando flores
lágrimas de belleza
Maria-Dolores Cano, 11 novembre 2023 à 15:39.
(Look mummy, I’m counting flowers,)
Je compte, tu narres, et devant et en arrière sur ce qui te reste de mémoire, de fil et d’aiguilles tu vas et tu découvres un à un les coquelicots, et rouge et rouge et rouge et cœur noir et cœur blanc et en avant le cœur un peu jaune nous sommes unis et très haut aux herbes, ils sont penchés d’air et d’orage je compte et un et un et encore, tu tiens et tu demeures et tout petit et bien plus grand une horde de cœurs en place des océans sans avenir du calme pour dire la tempête nous sommes ici et unis et présents de boucle en boucle et de mains à saisir et de comptes à rendre tu imagines et je contiens et tu te demandes ils y sont, ils y sont, et nous en sommes que faire et que reprendre,
(Look mummy, I’m counting flowers,)
Et la tempête, et la tempête, ainsi, ainsi tu tournes et je tremble, cœur ébloui et corps sincère, sincèrement rendu, sincèrement tenu, et couvert, et en grand, et sur le bord, chemin perdu et granges folles, vous n’êtes plus, y sommes-nous encore, un groupe de fleurs rouges, coquelicots au hasard, sous les herbes sous et sur et entre et encore et encore, d’un groupe à l’autre et compte, compte les graines, en être, en prendre, compter et recompter, et une et une on oublie le reste quotient et dizaines et combien, combien, après chaque virgule et du compte rond à l’infini tu me rejoins parallèle à l’infini, du reste et du compris je te soutiens et tu avances un passage d’herbes sèches, tout transperce, les tiges dures, et un groupe je vous compte et j’observe, coquelicots et branches sèches sans ombre sans pensées, sans regard de la routine et pour comprendre des heures espérées, tout songe l’eau le sable entre les orteils,
(Look mummy, I’m counting flowers,)
Je compte un doigts et encore et encore, des fleurs et des cailloux tout sèche sur la place le reste et le quotient la rumeur et les ombres il reste à reprendre, il reste à comprendre des fleurs, des fleurs, il nous revoit, il nous entends, il est bien loin, et encore, et presque, un petit enfant qui disait à l’émerveillement regarde maman, regarde, je compte les fleurs, d’un bord à l’autre ils y sont et encore et comment, songe, songe il te reste la vie il te reste les contours, enjambe et recommence, nous irons, nous irons, devant, devant, la vie à son avantage, les liens et les cailloux, il te reste à comprendre le poids et le temps, les fleurs jetées une à une, un poids de poussière, un reste de saveur, des yeux et des oreilles, du calme et des pressions, peau à peau et mains pleines, nous sommes, nous sommes, et devant, et posés au sol, au sol, voyons, voyons, bouquet suspendu,
(Look mummy, I’m counting flowers,)
26 mai 2023.
Il reste le sucre sur le cœur et la chaleur du soir. Il reste le vent, il souffle les amandes, éparpille le sable sur la grève et noie les étangs. Il reste la vie emmêlée aux choses imposées, au ciel dévoilé, à l’eau sur le pavé. Il reste les heures rayées, le pain en héritage sur la table posé. Il reste toutes ces choses en partage, la vérité sournoise, le linge plié, le langage oublié. Il reste sur le bord de l’étoile une pointe de lait pour l’enfant opprimé. Il reste le miel, le silence des orages, une feuille sur la branche, un oiseau aux plumes toute gonflées. Il reste un cœur dans un mouchoir plié, un peuple des nuages au regard mouillé et chemises rapiécées. Il reste une saison, du pain noir sur la planche, le poids des mots simples et la vie en dedans. Il reste une pierre de rêve, une corde brûlée, un livre refermé, sa dernière page tournée. Il reste une herbe verte tout au bord de l’eau, une rivière offerte au silence des eaux. Il reste un galet sur le sable doré, un galet de silence un présent silencieux d’un homme qui marchait. Il reste le désert, le monde qui se perd et la joie retrouvée. Il reste la griffure dans ta voix qui se brise, un gravier tout petit qui te blesse le pied. Il reste les nuages, les nuages dans le ciel et les oiseaux de passage en flèche vers l’été. Il reste le pendule et le risque de perdre ses amis essentiels. Il reste sous la cendre de la tourbe brûlée, un repos annoncé, le souffle revenu d’une histoire passée. Il reste sur le cœur le sucre et la chaleur, le rire du soleil et une perle de lait.