jeudi 21 mars 2024

Retour, " (le flanc, la hanche) ".

Murmures et larmes
dans les ornières
de chaque jour

bientôt
il n’y aura plus rien
du monde ancien
il n’y a plus rien

mais
une bêtise brune
des jeux de guerre
et de massacre

où sont la joie
les cœurs en fête
la mort exquise

on espère
des jours comptés
des jours de paix
des jours tranquilles
à contempler

mais
tout bascule
tout s’enflamme
de l’orient à l’occident
du sud au nord
des lignes se croisent
des lignes se brisent
des lignes se courbent
sous un ciel sombre
et des corps tombent
la clef de voûte est si fragile

à quand l’éveil et l’à venir
les feuilles aux arbres
oiseaux aux branches
présence bonne des hommes au monde

tout est fragile
la peur rôde
la mort violente
rythme la vie

Maria-Dolores Cano, 20 mars 2024 à 09:51.

lundi 18 mars 2024

(le flanc, la hanche)

Entendant ce que nous nous disons, des murmures, une voix mal placée, disons, disant, dos tordu, œil vouté, en lames, au sacrifice,

(dire et disons, disant)

Enfin, le flanc, la hanche, épuisé, épuisant, épuisons, pour sortir des ornières la force manque un peu, compagnons de chaque jour, pain et vin, osons, nous portons : cilice, haire, discipline, il n’y aura plus rien à comparer, le monde ancien est mourant, le monde neuf est insupportable, bêtise noire, joie oubliée, fin et sans retour, tout a été supportable, ce qui vient n’est pas venu et marque les cœurs, insupportable devant la mort véritable, supposée, les genoux sur le gravier, la hanche inflexible, jointure de pierre et jours de plomb, on se garde et on espère, l’aventure n’est pas plaisante, les jours comptés, articulons, prenons et défendons les jours qui restent, journées tranquilles étude et contemplation, il est des choses admirables, le plomb à changer, or léger, poids de plume, poids de plomb, la vie bascule, je comprends, on se réserve, on tire le drap sur le pied, tissu léger et rassurant, figure sage et mains tranquilles, de l’orient à l’occident, sud ou nord, les lignes sont croisées d’un rayon de ciel, fil d’or et de parfum, ni lourd ni léger, le poids d’un corps qui passe, qui passera d’ici à là-bas,

(le flanc, la hanche)

Ce qui reste et ploie, l’air et le sel, la clef de voûte, l’espace sans encombre, à penser : ce qui compte est de s’éveiller et rester présent, au présent ce qui est à venir n’est pas advenu, arbres sans feuilles, pauvreté, partout vent qui vente, arbres sans feuilles, en quelle manière, et complainte, et paroles sans espoir, nous sommes, nous sommes et encore, le côté touché, démis, remis, victoire, le temps a passé, les oiseaux glissent, espace débarrassé,

(l’air et le sel, la clef de voûte,)

De souvenir et d’avenir, tout est éclairé tout se remet, tout se rencontre, hanche défaite, peau arrachée, tourments, sentiments étranges, poisons subtils, parfums légers de vie et de mort, et vivant et mourant, sans entendre, sans voir, plus rien n’est vu, tout est parti, de hanche à refaire, de peau à réparer, travail, tout est facile, en rythme, en tension, entre le blanc et le noir, la vie commande, la mort ponctue, et on commence une autre phrase, cœur pointu, y croire,

(dire et disons, disant)

Le monde nous émerveille, le plomb est changé en or léger.

21 août 2023.

 

dimanche 17 mars 2024

Cadeau pour un beau dimanche.

La Julia (1943)

I
Nous Lui demandions la pitié. Et Lui
nous donnait la mort.
Pas à nous. Non.
Pas à ce village,
mais à la jeunesse.
Et nous, au lieu
de Le blasphémer,
nous Le prions encore et regardons vers lui,
enluminé dans le Ciel, entouré de ses nouveaux jeunes,
nus, blessés, transis de froid.
Notre salut ne nous donne pas le droit d'oublier ces morts,
mais bien de les pleurer toujours
et d'en vouloir à la vie qui est en nous
parce qu'elle n'est plus en Eux.
Oui, il nous faut pleurer parce que nous avons leur gaieté.
Parce que nous respirons leur air.
Parce que nous voyons leur maison.
Parce que nous nous lavons dans leur ruisseau.
Parce que nous nous chauffons à leur soleil.

II
Nous devons payer notre note
à ceux que désormais plus rien ne peut consoler
et qui, par bonheur, ne nous entendent pas
si, soulagés, nous rions dans le monde.
Sombres, aveugles, pauvres, muets, nos jeunes morts,
vous nous regardez désormais du Ciel
comme un père
en colère regarde ses fils.
Ah, notre sacrilège
Gaieté
D’être encore vivants,
D’avoir sauvé notre vie
Grâce à votre mort !
Mais Lui se rit de vous,
Tandis que nous restons ici-bas
Avec notre vieux destin.
Et, parmi tous les péchés,
Nous faisons aussi celui de Le prier…

III
O Mère de Dieu, fais
en sorte qu’ils t’entourent contents
et frais et que rien dans le Ciel,
ni chants,
ni lumières,
ne consume leur chair vive de jeunes !
Qu’ils n’apprennent pas là-haut
A mépriser leurs lèvres,
Leurs yeux, leurs flancs, leur pétulance
D’enfants devenus hommes
Depuis peu de temps, dans ce village.
Qu’ils n’oublient pas, devant Ton Fils,
De rire les mains sur la bouche
Et de siffler assis sur les marches de l’autel.
Fais en sorte qu’ils t’honorent par leur bonté.
S’ils ne t’ont priée qu’un peu au Sanctus,
ils ont toujours, toujours fait comme ton Fils
au corps torturé par le soleil
et l’obscurité des fêtes des pauvres gens.
Que tes yeux ne s’abaissent pas
à regarder le péché qu’exhalent leur corps puissant
et leur innocent rire d’amour.
O Mère de Dieu,
si, après quelque averse de grêle,
une fraîche senteur de terre et de fumée
s’élève de ce village jusqu’au paradis,
fais qu’ils ne sentent pas dans leur cœur
le battement des cloches,
le vert des champs,
l’odeur de leurs vêtements.

Pier Paolo Pasolini
/ Poèmes oubliés / Actes Sud…p. 23 à 29 

Merci Maria Dolores !

vendredi 15 mars 2024

(Jacob, Ange, Jésus et Sébastien,)

Et de Jacob et d’Ange, je reste la hanche, et de Jésus et Sébastien je reste le flanc, percé de l’intérieur, et dedans et hors, ils flambent, je reste, je couvre peau sur peau, voiles pour témoins, je couvre, de tout je souffre, et tout possède le présent, moment absenté, joug contenu des épaules et des bras, les fils tendus, du reste et du pauvre, au temps venu, au jour accompli,

(Ostie et Le Pirée, Pier Paolo et Démosthène,)

À renaître, à compter blessures et griffures, la main et le Malin, le temps sans le repos, les ombres en mesure, l’eau et le sel, faire pour partir, dire pour compter, des yeux à ouvrir, des écorces et la peau labourée, le temps répandu du flanc aux chevilles, hanche, nerf tournant, sans dire, sans faire, des rondes et des tours, pour parler d’amour, de liberté et lucidité, de plages et de raisons, Ostie et Le Pirée, Pier Paolo et Démosthène, petits cailloux sous la langue, marche sur le sable, je rencontre chaque mot au bout de la langue, petit mâle du bout du pied, tourner et comprendre, se reprendre, je suis sur le rivage, disant et gisant,

(Guillaume, Jean, André,)

Ange perdu, et la hanche, le ton, la hauteur, nous sommes perdus et tenaces, la  chaleur, le poids sur la jambe, le poids sur la langue, sans mentir, sans tenir du feu, des pas qui vont, venant se retirent, Ange barbu, croisé dans la réalité, soutenu, revenu, je reconnais le ton, je vois le pas, la foule écartée, le grand, le petit bétail sur le sable, le pied dans l’eau, hardi marin, y penser, les mâts flambent, tout glisse dans l’eau de mer, des épreuves, des jours à chiffrer, pour rire, pour aimer, heureux le pays couronné d’une montagne, oiseau vole,

(Jacob, Ange, Jésus et Sébastien,)

Et du silence revenu, de l’espoir engrangé, tu marches, hanche faillie, sans prendre, ni eau, ni sucre, un combat, un Ange est devant, de l’aube, du soir, belle et triste, une saison, un retour, des aventures, sur le tout, sur le tard, les ombres déplacées, les arbres au retour, les grains éparpillés, tenus, remplis, les mains, les pieds et la hanche, sur l’édifice, tout à brûler, tout à couler, des heures, du vent, lentement récupère, fortement, je couvre, de tout je souffre, tout possède le présent, réalité, soutenu, revenu, je reconnais le ton, je vois le pas, la foule écartée, pour comprendre, les pas sur l’eau, Jacob, Ange, Jésus et Sébastien, Ostie et Le Pirée, Pier Paolo et Démosthène, Guillaume, Jean, André, et le reste qui tout recouvre.

19 août 2023.

Retour, " On cherche. ".

Sur le sable - la parole
un caillou dans le temps
simple fleur de chardon
égratignant le cœur

sur la terre
la vie - l’herbe verte
un jour nouveau
de volets clos
pour comprendre
la fureur qui vient

fleurs du jardin
insectes - oiseaux
musique de la vie
rires au cœur des saisons
tout est clair
calme et reposé
les fruits dans le panier

le bleu – le vert
le ciel – les arbres
un lot d’étoiles
rameaux de la victoire

encore le sable
le temps perdu
les feuilles – les branches
la marque des ans
au centre
tout recommence

mardi 12 mars 2024

On cherche.

Devant derrière quelle ambition le sable les graviers les marques sur les routes

(un jour nouveau des paroles sincères,)

Du cran des cailloux j’observe le temps insiste ou sommes-nous nous entendons remarquez voyez soupirez tendez du reste du quart du simple sans rien croire sans rien prendre des fleurs ce qui reste la vie imaginée le reste de la route un pied sous les chardons la jambe égratignée le reste de leur âge vivre ce qui manque ce qui retient le cœur avant le drame avant l’action devant ce qui t’attends pose ton poids sur la terre reprend ton genoux cerne le mollet les yeux ouverts je tremble tu acceptes la vie avancée les grilles les maisons l’herbe verte le calme pour entendre loin pour les saisons ce qui reste ce qui donne ce qui est entendu

(un jour nouveau des paroles sincères,)

De reste en soi de jour des chambres volets clos embrasures tout te tient tu résistes tu deviens à l’ombre quelle ombre au temps à quel temps à propos devant ensemble un petit temps pour comprendre tout abandonner les heures la poussière le temps à vaincre les mains chaleureuses les doigts dans la ceinture on reprend on espère tout te rend la force et la fureur tu viens j’y suis tu tournes tout respire les fleurs les insectes oiseaux partis chaleur posée au centre tout commence musique force la vie tu es en demande tu sers je comprends de rien en rien de planches d’outils de rires de bord au long le long tout te balance voiles filins cordes dangers du rien pour que tout rentre pour se donner pour entendre je suis automne hiver au printemps pour rester sur la route pour tirer la jambe rien de ce qui est clair rien de ce qui est agréable calme repos fruits pieds plantes pour tout dire voir passer le temps entendre les secondes tout passe tout revient on se sent sur un nuage sur une possibilité devant et derrière 

(un jour nouveau des paroles sincères,)

De la voix pour chanter les feuilles des arbres au choc sur le bleu le ciel chance il reste un lot d’étoiles un flot d’air de rameaux du calme pour attendre la vie en passant les retours de si loin de si longtemps ceux qui parlent de victoire combat mené en force un choc encore entre le sable perdu montagnes au-dessous ce qui reste ce qui tranche le vert sur le bleu chaque feuille joue les branches tremblent quelle ambition le sable les graviers les marques sur les routes tu tournes tout respire les fleurs les insectes oiseaux partis chaleur posée au centre tout commence musique je suis automne  hiver au printemps pour rester sur la route pour tirer la jambe

(un jour nouveau des paroles sincères,)

11 août 2023.

vendredi 8 mars 2024

Avec.

Avec le jour phare composé tour et simulacre, tu tiens et tu reprends figure de martyr, au poids, au refusé, à la confusion, sentiments et ouvrages, sans rien en dire, sans rien poser, on comprend, on entoure, depuis ceci, pour entendre cela, de minutes en minutes, d’effets en conditionnements, du calme pour espérer, du rire pour soutenir, des effets et du grain, poivre et café, et fruits,

(sur la vue et garde encontre)

Avec cela tu cherches charme et signes et compositions du rêve et du trouble de reste en reste un groupe et un service des colonnes des avenues cohortes et démons des diableries du précipice de la fermeté et du recours en être et commencer en être et installer ce qui pourrait compter ce qui pour nous expliquer des circonstance des fautes à oublier une accumulation en vrac et une chose et sa confirmation entre le défini et le sentiment un éclair et du sens des échelles et des cordes câbles et filins la mer est haute le gouffre est ouvert des choses affirmées le reste confirmé,

(sur la vue et garde encontre)

Avec nous gardons installons controns du rivage au centre du fleuve rigueur et tremblement je te vois et tu cherches les charmes et les signes la peau frissonne un matin une aventure et sans conclusion et sans avenir, et si l’avenir est le souvenir et si et si on tourne et je te vois des choses enclenchées des rêves installés du songe et des images pour toujours jusqu’à ce que tout tombe et si le terme était venu et si nous allions irions-nous

(sur la vue et garde encontre)

Avec ce qui se voit ce qui est vu j’entends et tu murmures devant voyons courons de murs en étages on voit la lumière ou les barreaux prisons et liberté du sens pour commence du rêve pour étendre il nous reste le feu il nous reste du temps nous prenons et je tiens je ferme et tu surgis devant le doute devant les maisons tout te tourne et tu te tiens le charme et les signes du calme pour revoir et flammes et tisons les bourdons brûlent je suis tu viens et encore nous y sommes, et eux rencontrent l’évidence, je, tu, eux, il reste à établir la liberté et eux tu je pensons vérité, entendre comprendre, rassembler le clairsemé et lier, ce qui est du ce qui est entendu

(sur la vue et garde encontre)

Avec le juste avec le fort le destin à accomplir l’avenir à comprendre un aveu et des souvenirs, matin clair peut-être, la peau frissonne les pieds dans l’eau je te vois et tu cherches les charmes et les signes la peau frissonne une rencontre et grande et forte pour éclairer la vie qui reste.

10 août 2023.