On dirait mangez-vous de la chair
humaine,
(ô grande et majestueuse : une
forêt et ses broussailles)
Pour être sur le front, pour être dans
la danse, le cercle et les contours si vastes, si tendus, une explosion à
contenir, à contenir : non je ne mange ni chair humaine, ni carne, ni
brebis, je suis sur le devant et de tout je plastronne, du gras et du salé, des
choses complexes, murs de son et voiles de sornettes, du grand vers le
précipice, du jonglant et de l’atmosphère, au fond il arrive, au fond on
comprend, il se commande, il s’accommode au plus important, à la plus large
affaire, en principe, en avance, de bloc et de fantaisie, je mord, je ronge, je
renifle et j’avale avant, avant de tout entendre : le brame du cerf, le
rut, fleurs de citrouilles et croix suspectes, je te tiens, tu espères, je te
vois, et gémissant, et abandonné, je suis tout seul et tout petit, insignifiant
sous les feuilles, sous le regard, sous la décomposition, on entre, on sort, on
regrette, on tient encore le plus long bout du câble, pour ne rien abandonner,
pour être protégé des ombres du malheur, imposantes,
(ô grande et majestueuse : une
forêt et ses broussailles)
On dirait, on a dit, on dira, disant
et comprenant, mangez-vous de la chair humaine, bête à l’abandon, je te
retourne, tu vois ici la trace, une figure, et vient, et sera, le premier pour
le trépas, et passant, et tordant, et finissant, course accomplie, chemin
faisant, tu tournes seul une autre page, pleine et noire, pleine et blanche,
sans lendemain, sans contenu, pleine et vide, les yeux au ciel, j’irai, tu me
suivra, chemin perfide, cœur détouré, dans le soleil, dans la plénitude, tu es
ici, il est midi, tu tiens, tu retournes bête sans nom, je vois la figure, sans
risque, un nom un seul et pauvre, celui qui partira, tu te retournes, tu
comprends les heures égarées, le front et les poings levés, au sacrifice, tu
dirais mangez-vous de la chair humaine, fleurs et fruits pour le sacrifice, au
détour si noir et si fort, si simple et si obscur, aveugle, sourd, sans cœur,
sur toute chose ce monde est agité, tu reviens, tu comprends ici quelqu’un est
mort, ici le monde pleure,
(ô grande et majestueuse : une
forêt et ses broussailles)
Pour être une explosion, pour dire les
catastrophes, une main et des pieds, j’arrive, j’arrive, on dirait du paradis,
on dirait de l’enfer, fleurs inconnues, ruelles sombres, forêt et broussailles,
traversant vers le paradis.
25 octobre 2023.
Maria Dolores Cano, 19 juillet 2024 à 17:03.