I
Et croire sans trembler sans fatigue du sel en poignée : tourne
un soupçon de sucre dans le cœur Devant cela le craindre tant
ou en mourir L’aurore blanche un soupçon impossible à effacer
Du soir au levant la vie dans les étoiles venir ô grand et perdre
le gravier - la poche est trouée Tu te retiens la main au cœur :
Lisant les planètes tu détailles pour entendre et pour recueillir
En retour je te tiens tu me défies nous sommes du croisement
La mer à la montagne les fleurs d’oranger et la peau des bêtes
Sur la haie sur le temps sur le cœur les yeux au bord des lèvres
II
Tu cours tu perds tu gagnes nous sommes au point
Les rêves : un chemin un chantier les histoires tournent
Tu courbes ce qu’il t’en reste pour plonger et ouvrir
Les mains : planches contenues devant les heures
Je te tiens je le dois nous sommes : il reste le silence
Je te vois tu résistes nous disons les heures à oublier
Le matin pour le soir tu cherches la vie je trouve
Le temps passe les jours à exposer au sel la peau
J’oublie de dire la mer les bateaux les rêves évanouis
III
Sur le devant tu touches la mer un bout de doigts
Un éperon un crochet tu érafles la peau et tout ce qui dort
Ce qui se touche le plus petit le plus loin l’avenir Nous partons
pour l’éternité les grandes allées le refuge le calme toujours
Ce qui nous retourne cette saison revient : on s’en étonnerait
Et ce qui nous reste de plaisir : saisissons soutenons respirons
Au plus tendre nous tournons nous demeurons le plus attentionné
Nous allons : il approche les bateaux le quai le chien qui garde
Nous reviendrons peut-être saurons-nous un jour peut-être jamai
IV
Sur ce qui a séché tout grandira peut-être les traces griffes et becs
Oiseaux perdus de boue ou de sable de coquilles vides à approcher
Nous retenons nous voyons becs ou griffes pattes tordues le silence
Entre les nuages le silence la brise va silence : tout vire tout souffle
Les regrets les mensonges je te vois : ce que tu traces dans la boue
sèche Tout tourne la dureté griffes os ombres combien de souvenirs
Ils étaient vagues ils étaient sans défauts fermes et longs en coquilles
En noir ou blanc la présence les algues abandonnées le rêve de la fin
Achevons là il nous reste encore à vivre boue ou nuages le vent tourne.
V
Ce qui reste à dire le doigts sur le sable
Traçant confondant tu viendrais nous irions
Lentement les bras tordus : au croisement
A la sensibilité au cœur tu tiendrais précipité
La vue contre le bras tout finirait il reste la force
Les choses tranquilles avancent : tourne les yeux
Tu devines l’ombre derrière : une évidence
au cœur ce qui est coloré et rouge et bleu
les rubans au flanc de talus en jaune ou vert
le reste
Les perles noires : les gouttes au ruisseau la frange abandonnée
Ce qui revient incessamment on se voit on se comprend il te voit
Il te comprend paysage abandonné en ruines ou roseaux ou ronces
Herbes sèches je rentre je comprends tu saisis ce qui tout contient
Les erreurs les griffures les blessures les vagues débuts : retourne
Nous avançons nous ne tenons pas et peu ou point au calme à jeter
Les gouttes l’eau les ombres dans le silence il nous reste peu très peu
liberté rare riche suffisante nécessaire arrachons-en les circonstances
goutte d’eau noire perdue abandonnée seule encore viens sans cesse
24 avril 2024.