samedi 30 mai 2026

Je te dirai :

 I

 

Je te dirai : je suis ici oh d’ici nous comprenons il y a à dire nous sommes allongés Je te retiens nous avancerions plus et plus encore au cercle au centre Je ne vois que ce qui est à dire depuis que je le sais depuis longtemps 

 

Nous comptons les cabanes tu rêves : fête des cabanes il faut attendre Tout revient de Jérusalem au calme complet les yeux et les oreilles : collés Le mur qui se lamente nous viendrons pour entendre au mur : les larmes tendues  

 

Ce qui tient et tu regardes nous comptons les fils autour du bras autour De tout ce qui reste la tête les membres je te tiens nous irons souffler corne de bélier Corne pour entendre je tiens tu cribles nous serons encore au centre


II

 

Je te dirai : arrive je reviens nous y pensons pourquoi Jérusalem reviens Convertie à ton sauveur nous y pensons il faut sortir se retrouver y étions-nous De l’intérieur nous tournons vers l’extérieur ouverts rompus : avancer 

 

Nous allons nous tenons à l’ouverture je te reçois tu me dévisages Un chemin sur ce qui revient de marche à marche serons-nous sous les arbres Prendrons nous l’écorce sous le pied tu taillais de petites barques : pin rouge 

 

Polies aux murs au renflement à la définition à la surface je te reçois Nous sommes alliés on charge sous le pied la vie avancée je dis : tu reçois Allons de reste en reste pour dire de branche en branche pin je te suis : nous allons 

 

III

 

Je te dirai : la place quelle adresse tu reviens de cette ville Jérusalem convertie : sorti du Saint des Saint tu inventes le reste il y a sous les arbres Cèdres pins érables sycomores chênes la vie entre les lignes des écorces 

 

Abandonné tu oublies le reste le parfum je te vois tu me tiens je respire Corps et cœur émotion élévation le parfum vers en haut la fumée vers le bas Caïn Abel resterons-nous frères je tiens tu combats fais-moi dire : enseigne 

 

Je te montre le chemin nous monterons tu descendras parfum en haut fumée en bas comme il reste le grand et le petit je te tiens tu me donnes les heures répandues la semence tu y reviens une fois encore : parfum d’épine-vinette

 

IV

 

Je te dirai : au précipice d’une frange vers l’autre les heures les retours je te convertirai Nous irons de bois en bois de rives en détours : fontaine Tu comptes les épis nombreux que rien ne parle ou épelle les grains : un par un 

 

Ils sont tous à parler modestement si humbles tout nous retient je suis sur ce chemin Je pense : d’un bambou taillé séparer les feuilles je te retiens tu me compares Nous allons de nuage en nuage de figures en paysages : la vie 

 

Tu mènes entre les feuilles tout ici flotte sur l’eau fontaine où tout pleure Geins-tu je rencontre je murmure tout ici soupire tout revient je ne changerai rien je ne tournerai pas nous sommes abandonnés : Jérusalem


V

 

Je te dirai : reviens-tu et reviens tu comptes les lettres un tour de plus Des tensions du regard des yeux vides de la douleur tu descends de la colline Il te reste à penser au mont le crâne les yeux griffés les cheveux : ils tombent 

 

Et sur le cou le corps nous récompense on devient ce qu’il faut des restes Le pain sans levain les miettes et les couteaux je te couperais le cœur Je te cisaillerais les joues la vie en échange du sable dans les yeux : on retourne 

 

Je ne sais plus si nous allons j’y suis la tête sur l’épaule le sourire tu comptes les os Tu tires le tissu les reins découverts Jérusalem et Golgotha la vie sans attendre nous sommes aux herbes amères au pain dur : ici je te convertirai


 envoi

 

Je te dirai : nous sommes sur la route à deux un peu plus âgés je te tiens Pour entendre plus près du cœur proche des oreilles écoute ce que ma bouche murmure Tu retiens le souffle au battement le cœur ému : la bouche 

 

Intense nous y allons si je te suis ils songent nous n’y sommes plus Sur le bois sur le dos les mains ouvertes je descends tu entends nous ne tenons rien Il y a il faut dire se comprendre sur ce chemin à la parade :  les oiseaux

 

Le cœur ému le visage ferme un peu âgés ils allaient nous ne changerons rien Nous tournerons sans cesse chameaux perdus aux abords on se dira on tiendra la vie au centre la langue sèche avance viens nous serons :  ici

 

12 juillet 2024.

vendredi 29 mai 2026

IV où tu manques envoi (autre)


Demeure et fructifie tu te seras liquéfié tu te seras rectifié tu organiseras le monde avec des angles droits tu toucheras du doigt l’esprit et la matière le temple sorti du temple la huppe des amours partie de Balkis à Salomon 

 

Ô la plus grande tu seras la plus belle de fer et d’or couvre nos jours je te suis tu me tiens tu cherches l’ombre qui jamais ne fut si accueillante chers et aimants ô murier ô érable sycomore tenez-vous à tout : tu fermes les yeux 

 

Je ne suis plus ici je ne peux plus souffrir le jour encore un peu de lumière oubliée dans l’ombre déplace les carreaux les angles droits les raisons un fils perdu des ombres aimables bien plus suaves le poignet tourne à la ceinture


11 juillet 2024.

Retour, III où tu manques

"pour y passer le temps qu'il fait d'une fenaison"

Quand on a souffert sur un texte-poème qui se faisant sans cesse se défaisait, c’est un vrai plaisir de s’abandonner à la voix qui lève, tel un vent léger qui accouche de ses phonèmes.

Phonaisons, fenaisons, corps à cœur sans histoires à s’aimer debout, à semer le doute sur nos arguments, à ôter d’Argus les mille zyeux (un à un).

III où tu manques


Reste en cadre rester je tiens : tout ici va à l’inverse les carrés les angles droits Cherches-tu la courbe descends le sentier il te reste le sentiment Tu tiens la part sensible les doigts dans la fourrure animal en servage tu reviens 

 

Tu retournes au service va de l’avant nous regardons les jours et les gens Pour y passer le temps qu’il faut d’une nouaison d’une fenaison un temps de bataille La vue sur les cailloux autour des arbres comme une tombe : soldat 

 

Égaré loin plus rien si loin ne plonge dans la rivière le front est dépouillé La vie ce matin tout revient nous sommes en attente tu es absent un peu En coin si court devant le seuil tu dis : où tu manques il ne reste ni bien ni jour


11 juillet 2024.

Retour, II où tu manques

Maintenant c’est un autre-que-moi on dirait qui écrit ces lignes avec ma seconde main droite -puisque je suis droitier- ou peut-être la gauche, la plus gauche des deux, qui veut entrer dans la partie, la partie fabulatrice qui n’enseigne point mais raconte Oui, c’est un autre-que-moi qui se lance à l’assaut de ses (j’hésite) : ses hétéronymes, version Pessoa, ses fantaisies– voire fatrasies, ses écritures de seconde main (toutes faites de citations), ses dérives "au sommet avec le cœur pour pardonner"...

mercredi 27 mai 2026

II où tu manques


Au sommet avec le cœur pour pardonner je tiens la main sur ce qui veille Que faut-il en dire et pour quoi le reste à comprendre la vie avancée au rêve En éclats dire comprendre nous sommes au sommet des arbres au soleil 

 

Le tout au commencement tout vient du haut sommets et conséquences Nous allons tout y est je rencontre le ciel les oiseaux ce qui vient ce qui vole Nous allons je te tiens tu espères toujours et pour toujours la vie avancée 

 

La gloire au seuil malgré tout nous nous arrêtons je tiens tu veilles sur ce qui cesse Je te tiens tu es au seuil de ce qui vient les monts les animaux sauvages Nous sommes simples : simplement vêtus de lumière pourrais-tu 


11 juillet 2024.

Retour, I où tu manques

les lys et autres fleurs
Entremêlant les épines aux fleurs

Pour ne fâcher le monde de mes pleurs

J’apprête ici le plus souvent à rire

Joachim Du Bellay

En achetant je ne sais quel roman de gare

Vous prenez le train à Nogent le Rotrou

C’est un dimanche à la campagne

Un jour d’automne où le temps est doux

Les champs un château des horizons reflétés

dans votre vitre Vous touchent naïvement

Vous avez en tête des poésies

Venues de la petite école

Odes et ballades que vous écriviez à la plume sergent major

Avec des rimes et un rythme que vous dissimulez

aux voyageurs voisins absorbés dans leurs smartphones

Murmurant en secret vos fredaines

Heureux qui comme Ulysse

Récite Les Regrets.