jeudi 21 mai 2026

à pas lents I


Pour moi tout parle de ce que tu oublies les fruits aux arbres les herbes dans les prés Tu retiens ce qu’il te faut tu comprends les feuilles abandonnées aux branches à l’écorce Le monde bouge une vie sous le ciel tu les rencontres 

 

Heures assombries les rangs perles mêlées fermoir coincés tu cherches l’éclat L’argent est insupportable la vie à ce comptoir les rires si étranges je tourne Tu ne comprendras plus tu ne fermeras rien tu tireras langue et cœur 

 

De silence oreilles oubliées ils sont alertes ils tournent pied léger Un matin bien trop tôt au bord de la rivière nous y étions : tu cherches tu rencontres Bouche ouverte où sont les haillons d’argent le pied sur le sable je te cherche 


10 juillet 2024.

Retour, Seul et nu V

PTIX PTIX PTIX

Écrit de hamac
Je me balance la tête
Dans mes rêveries
Juste avant de faire la petite sieste dans le hamac bercé par une saute de vent soudaine (Brassens), je grapille encore quelques mots disséminés dans un poème pas très catholique. Mon œil s’amuse à détendre l’impossible (une expression qui semble dénuée de sens mais qui m’a échappée), s’oubliant dans ce sonnet en X, qui par « la magie de la rime » (onyx, phénix, Styx, nixe) permit à Mallarmé d’inventer le mot ptix : un hapax absolu, dit-on. Mais, miracle de l’instant et foin des mots savants, une cigale vient me visiter, qui sur un des amandiers servant de support au hamac, se met à gratter ses ailes. Ptix, ptix, ptix, un délice de berceuse qui m’endort derechef…

mercredi 20 mai 2026

Seul et nu V


Seul et nu tu cherches il faut aller tu tiens brasse après brasse les eaux en mélange Les erreurs sans rien comprendre je te vois tu deviens et rendre et soutenir Nous ne serons jamais à la face du monde nous ne tiendrons pas 

 

Les fils tombés des branches ils sont cueillis ils sont du ciel au ciel soleil et portes closes Je te tiens tu comprends au seuil nous sommes à l’arrêt un combat Que devenons-nous sur les pierres sur le chemin tordu de poussières 

 

Pieds écrasés tu oses dire harassés au retour au semblant la confusion Les marches à dire sans les croire je ne tiens plus je ne suis plus nous sommes détourés Nous sommes à l’erreur les membres écrasés la vie l’amertume : ici


09 juillet 2024.

Retour, Seul et nu IV

"Dans ma main la poussière le temps"

J’ai besoin de passer la main
écho parlant quand bruit on mène
J’ai besoin d’un dictionnaire à part moi et du filon des mots
J’ai besoin de la blanche hermine et des sons de mon piano blanc
J’ai besoin de la face cachée de Mozart
et des dissonances de l’Art
J’ai besoin des promesses de l’aube
Et des neiges d’antan

mardi 19 mai 2026

Seul et nu IV


Et des heures : l’affront l’orage tu viens je tourne nous déplaçons la vie Dans l’air le calme avant ce qui revient je le vois nous allons ensemble Sans rien dire sans trembler depuis ce qu’il faudrait les heures émouvantes le ciel  

 

En transparence les yeux à l’horizon tu penses aux métaux tu tournes pour comprendre Il reste dans ma main la poussière le temps et les étoiles ce qui tourne Ce qui est compris je déplace tu retournes nous allons devant nous 

 

Tournons tu es si loin je suis si court si près allons : retourne tu vois les heures Tu vois les oiseaux tu tiens tu comprends j’en suis à retrouver J’en suis à rompre les câbles les filins : sans attaches voiles et cœur livrés ici 


09 juillet 2024.

Retour, Seul et nu III

LA RUMEUR DES VAGUES

Ah vastedad de pinos, rumor de olas quebrándose/ lento juego de luces, campana solitaria/ crepúsculo cayendo en tus ojos, muñeca/ caracola terrestre, en ti la tierra canta !

Pablo Neruda (20 poemas de amor y una canción desesperada)

Ah les grands bois de pins, la rumeur des vagues se brisant/ le jeu lent des lumières, la cloche qui sonne sans raison/ et le crépuscule qui tombe en tes yeux simulant ceux des poupées/ terrestre rotation en toi chantait la terre !

(libre traduction 
Dorio)

Seul et nu III


Seul et nu entre deux vagues : rocher sur l’eau la vie en retour vers toi Ce qui est à prendre ce qui retient tu tournes tu cherches les éclats pierres tombées Rochers entre les bras doigts enlacés épaules nues encore restent 

 

Un ciel couleur d’orage les yeux ouverts sous la bouche Ciel immense : tu retrouves tes chansons enfance perdue jours heureux des articles des images Nous avançons nous comprenons un coin sous les osiers : les fleurs 

 

En abondance l’eau pure je vois tu tiens nous sommes sans retour nous sommes sans comprendre Il faut tout regarder tout tenir pour suivre les cœurs descendus Je tiens tu veilles nous allons mains en mains : recueillir


09 juillet 2024.