lundi 11 mai 2026

Retour, à chercher

"les notes détournées"

Cette nuit qui n’en finit pas j’ai retrouvé un carnet de notes écrites l’année 1973 Des esquisses sans phrases abouties écrites debout dans la rue assis au café dans mon hamac portatif tissé par une amérindienne Kuna devant une exposition à Barcelone ou New York toujours loin de mon logis histoire de laisser libre cours à tout ce qui parlait à l’époque dans ma tête des notes venues comme par jeu sur le papier écrites par un je anachronique et lointain mais que je ne me résous pas à croire totalement disparu

à chercher

 

Et pourquoi : tu entrevois le doute le souffle les portes le bois les lames détournées Le rêve les choses cachées je te vois je te veux Nous allions de sources en rafales de cascades et clairières et rochers en front : oh je te vois 

 

Tu ouvres tu restes le regard en avance je tiens la main je tourne Le drap tord le cou toujours tu serres la vie la peau les branches quel réveil difficile Les notes détournées tu cherches si tout souffre si les choses meurent 

 

Si tu reviens la voix d’un enfant les cousins les héros oubliés toujours serré Je te vois tu me regardes je cherche sur le chemin : les feuilles déjà tournent du vert au jaune pâle l’herbe sèche fleurs fanées pour toujours oubliées


22 juin 2024.

Cadeaux




dimanche 10 mai 2026

Julos


Depuis ton début tu le sais il te demeurera inconnu : le premier jour sorti de la forêt Aux autres il remplit des livres codes et lois tu en oublierais le reste il faut s’aimer À travers à l’avenir au balbutiement à la corde qui mord et tend 

 

Dépose les nuages un voile une volée les arbres en avance et pour branches et pour feuilles Tu lis le nom perdu entre les rides écorces et lichens tu vises l’espérance Jour de joies jour de silence ainsi tu obéis tu charmes tu devines 

 

Je suis au temps perdu tu avances : du temps encombré la vie les feuilles les forêts Tu comptes les ombres tu le sais : sortis des livres et des codes les commandements Un seul et nouveau qui reste et compte : aimer à travers 


18 juin 2024.

Retour, Hector B. Arthur R. Jean-Luc G.


"En creusant notre terre nous nous lions avec elle, et nous l'aimons d'avantage, et quand la terre te défend tu deviens son amant. Alors, parle pas pratique et théorie. 
Ils ont dit : faire l'amour avec la terre.
Alors, dis : l'amour ... dis : faire..."

Hector B. Arthur R. Jean-Luc G.


Au reste du tors et du droit les choses allongées la vie étirée les rames d’osier Les joncs en cascade je tiens loin des apparences tu y penses encore la nuque dans le cresson Il te revient qu’un jour des guerriers de Palestine 

 

conversaient au bord du fleuve aux rives du lac Jourdain et Tibériade tu vois : Tu centres la tête sur les eaux au fond du temps à contre coeur L’eau dans la poche l’œil sous la surface je te vois ô tu devises ils conversent tous 

 

Ici tu soupires je te soutiens ce sont des propos d’amour de certitude de haines à étouffer L’amour la vie les cheveux ruissellent le cou le cresson Les pieds dans les fleurs les végétaux nombreux les palmiers au vert feuillage


18 juin 2024.

Retour, Louise

Avec Louise Labé Je vis je meurs 
Je me brûle et me noie en son sonnet
Depuis mon lit où j’écris tout sonné
Ces lignes de douleur qui m’amusent et me broient

Je meurs je vis je vois Diane chasser
Dans l’épaisseur d’un bois dessiné par Max Ernst
Son arc tire cent flèches sorties de leur carquois
Sur la femme cent têtes sans tétin restant coite
Tourner me faut mes vers toute la nuit sous ma couette
Éclairé par la lune mon soleil de minuit
Dont le noir m’illumine Desdichado Desafinado

J’écris j’endure Je n’écris pas je perdure
Je crie devant les murs de la maison de Louise
La petite friponne dont le blues me laisse dans la mouise

Louise Labé 1525 ? 1565