jeudi 5 mars 2026

Saint Jacques à Jérusalem III


De quoi avoir l’air 

ces fleurs de pétunias fleurs d’ail fleurs d’amandier 

Se révolter contre sa mère 

pour qui à bout de bras on porte le malheur 

 

Y-a-t-il de petites révoltes 

Rien de plus tragique : les malheurs de l’enfance et ce bouquet 

Pétunia ail ou amandier 

ces fleurs 

je t’offre le conflit 

donne-moi l’explication raison et certitude 

 

Affrontement tout te tient à l’ombre 

tu te traines heurts et coups 

Le mal à dire tout à abandonner 

entre les fleurs et les odeurs et la colère

 

Pour le temps pour le loin 

benêt en ravissement 

frappe les murs et te lamente Josué 

sonnent les trompes 

Jéricho on se souvient nous sommes comme les épis 

Champ accompli moisson 

au bord de la mer épis moissonnés 

26 avril 2024.

Saint Jacques à Jérusalem II


On hésite presque 

entre fleurs de pétunias 

fleurs d’ail fleurs d’amandier 

mollement accoudés 

Vitraux de lune château de givre 

montagnes enneigées vitraux de lune 

Belle lune en avril faut-il se révolter 

 

Tu cherches dans l’enfance 

je trouve la raison

Je vois je m’adapte 

j’arrange l’inconfort 

offrir des fleurs de colère ou d’abandon 

cela va à l’insu 

Laisse les fleurs 

il n’y a rien à expliquer 

tout est en même temps sauvé et perdu 

 

Marche à rebours 

d’un tombeau pour l’autre 

Marche simplement 

les fleurs ne sauveront pas l’humanité 

un pied dehors un pied dedans

Laisse filer 

au milieu des combats 

ils chanteraient lève-toi 

et ceins ton glaive ardent 

Il faut accepter que le combat aille à sa fin


26 avril 2024.

mercredi 4 mars 2026

Saint Jacques à Jérusalem I


Tu penses à celui qui part à l’encontre 

compagnon passant de Saint Jacques à Jérusalem

Il est fier d’être à rebours de la jeunesse 

ils parleront de qui toujours choisit son irresponsabilité

Tutto il mondo e burla burla : une fugue  

 

Tout cela est si drôle à l’envers 

ô bien être ô benêt ravi cœur sans encombre 

Les gentilles fleurs : je retrouve le sac de toutes les vanités 

fleurs arrachées d’envers endroit

 

Le pèlerinage plein à l’envers quelle erreur 

Fleurs comparues à tenir à remettre 

par la tige dans le cœur de cet envers

 

Va-t-on vers le tombeau ou la résurrection 

pour l’instant dans la montagne et la neige

Allant vers la terre vers la terre planter 

ces sales ou jolies fleurs 


26 avril 2024.

du sel


I


Et croire sans trembler sans fatigue du sel en poignée : tourne 

un soupçon de sucre dans le cœur Devant cela le craindre tant

ou en mourir L’aurore blanche un soupçon impossible à effacer

 

Du soir au levant la vie dans les étoiles venir ô grand et perdre 

le gravier - la poche est trouée Tu te retiens la main au cœur :

Lisant les planètes tu détailles pour entendre et pour recueillir   

 

En retour je te tiens tu me défies nous sommes du croisement 

La mer à la montagne les fleurs d’oranger et la peau des bêtes 

Sur la haie sur le temps sur le cœur les yeux au bord des lèvres  

II

Tu cours tu perds tu gagnes nous sommes au point 

Les rêves : un chemin un chantier les histoires tournent 

Tu courbes ce qu’il t’en reste pour plonger et ouvrir 

 

Les mains : planches contenues devant les heures  

Je te tiens je le dois nous sommes : il reste le silence 

Je te vois tu résistes nous disons les heures à oublier  

 

Le matin pour le soir tu cherches la vie je trouve  

Le temps passe les jours à exposer au sel la peau 

J’oublie de dire la mer les bateaux les rêves évanouis


III


Sur le devant tu touches la mer un bout de doigts 

Un éperon un crochet tu érafles la peau et tout ce qui dort 

Ce qui se touche le plus petit le plus loin l’avenir Nous partons 

 

pour l’éternité les grandes allées le refuge le calme toujours 

Ce qui nous retourne cette saison revient : on s’en étonnerait

Et ce qui nous reste de plaisir : saisissons soutenons respirons 

 

Au plus tendre nous tournons nous demeurons le plus attentionné 

Nous allons : il approche les bateaux le quai le chien qui garde 

Nous reviendrons peut-être saurons-nous un jour peut-être jamai

 

IV


Sur ce qui a séché tout grandira peut-être les traces griffes et becs 

Oiseaux perdus de boue ou de sable de coquilles vides à approcher 

Nous retenons nous voyons becs ou griffes pattes tordues le silence 

 

Entre les nuages le silence la brise va silence : tout vire tout souffle

Les regrets les mensonges je te vois : ce que tu traces dans la boue 

sèche Tout tourne la dureté griffes os ombres combien de souvenirs

 

Ils étaient vagues ils étaient sans défauts fermes et longs en coquilles 

En noir ou blanc la présence les algues abandonnées le rêve de la fin 

Achevons là il nous reste encore à vivre boue ou nuages le vent tourne.

V

Ce qui reste à dire le doigts sur le sable 

Traçant confondant tu viendrais nous irions 

Lentement les bras tordus : au croisement 

 

A la sensibilité au cœur tu tiendrais précipité

La vue contre le bras tout finirait il reste la force 

Les choses tranquilles avancent : tourne les yeux

 

Tu devines l’ombre derrière : une évidence 

au cœur ce qui est coloré et rouge et bleu 

les rubans au flanc de talus en jaune ou vert


le reste

 

Les perles noires : les gouttes au ruisseau la frange abandonnée 

Ce qui revient incessamment on se voit on se comprend il te voit 

Il te comprend paysage abandonné en ruines ou roseaux ou ronces 

 

Herbes sèches je rentre je comprends tu saisis ce qui tout contient 

Les erreurs les griffures les blessures les vagues débuts : retourne  

Nous avançons nous ne tenons pas et peu ou point au calme à jeter

 

Les gouttes l’eau les ombres dans le silence il nous reste peu très peu 

liberté rare riche suffisante nécessaire arrachons-en les circonstances

goutte d’eau noire perdue abandonnée seule encore viens sans cesse

 

24 avril 2024.

Retour, du sel le reste

Perles ivoire sur la frange 
je les vois mais ne comprends pas 
ce paysage en ruines sans rimes 

herbes sèches dans la lumière 
griffures d’un vent de mer
blessures des vagues gémissantes

gouttes d’eau dans le silence
l’ombre glisse sur la grève
liberté chère et perles ébène

mardi 3 mars 2026

du sel le reste

le reste

 

Les perles noires : les gouttes au ruisseau la frange abandonnée 

Ce qui revient incessamment on se voit on se comprend il te voit 

Il te comprend paysage abandonné en ruines ou roseaux ou ronces 

 

Herbes sèches je rentre je comprends tu saisis ce qui tout contient 

Les erreurs les griffures les blessures les vagues débuts : retourne  

Nous avançons nous ne tenons pas et peu ou point au calme à jeter

 

Les gouttes l’eau les ombres dans le silence il nous reste peu très peu 

liberté rare riche suffisante nécessaire arrachons-en les circonstances

goutte d’eau noire perdue abandonnée seule encore viens sans cesse


24 avril 2024.

Retour, du sel V

Doigts sur le sable 
traçant des signes anciens 
au croisement des siècles

cœurs à l’arrêt - ébahis
juste l’espace d’un instant
yeux ouverts sur l’éternité

derrière les évidences
le cœur se colore rouge et bleu
sous le ruban d’un ciel sans fin