samedi 16 mai 2026

les cornes


Nous irons déprendre nous recommencerons il faut apprendre il faut commencer Tu tends la joue tu tiens les mots tu offres un sacrifice de mots perdus Des louanges sur des flèches il faut que cela vole cela soit : vu

 

Et compris : tu ne déchires plus un nom sur une table tu n’effaces plus rien Il faut reconnaitre il faut contenter tu te crispes tu t’emportes tu ne vois plus ce qui est Tu restes incompris tu tournes et tu vides : les cornes sonnent 

 

Enfin les murs tu tournes tout tombe il est temps peut-être tu le sens Oh prendre les mains tendues de mal blessantes nous déprendrons Nous recommencerons la joue tendue un sacrifice de mots et louanges : cela vole  


02 juillet 2024.

Retour, accrochée

"les branches toujours le même endroit"

la branche dont je suis issu

Ma vie comme dit l’autre il a bien fallu qu’elle commence De l’intra-utérine rien ne dirai bien des frères de plume s’y sont risqués mais leur traité m’ont toujours ennuyé car pour parler de nos parents et des parents de nos parents point n’est besoin de commencer par l’œuf de Colomb ou la ficelle du père Adam Je naquis donc une nuit de mars à 5 heures du mat si j’en crois le livret un vingt-quatre 45 jours avant l’armistice du 8 mai c’est le docteur du village voisin qui vint ma mère délivrer dans la chambre de notre maison donnant sur la place de l’église de La Bastide de Besplas Ariège ma mère Suzanne avait 31 ans mon père Noël 33 Il s’était évadé d’une ferme allemande en 42-43 (faut que je vérifie j’ai enregistré son récit) Noël Dorio avait été élevé par ses grands-parents -la guerre de 14 ayant décimé ses père et oncles et par « ricochet » sa mère – dans une ferme propriété d’un maître débonnaire d’ailleurs et qui prit soin à la promotion du petit orphelin En épousant Suzanne tous deux devinrent propriétaires de quelques hectares de terre qu’ils firent vaillamment fructifier avec une paire de bœufs pour labourer quelques vaches pour les veaux et le lait vendu aux habitants du village cochons poules canards et la petite vigne pour la piquette de l’année le blé donné au boulanger en échange des « marques » qui désignaient un petit bout de carton que l’on échangeait contre un gros pain de campagne – comme il se doit – bref si vous avez tout lu vous avez songé à la liste de Perrette et du pot à lait

accrochée


J’avance tu enjambes nous passons oh passerons nous encore le seuil perdu Les branches toujours le même endroit : constantes toujours accrochées Tu tires les feuilles y pensant y tenant en rêvant sur moi j’y pense  

 

Tu le dis : rien n’interdit un battement tu tournes l’eau à la surface Un coup un peu plus droit un peu plus loin allons au retour tirons sur la branche accrochée Tout est ici frémissant les bois les rochers les vallons 

 

Aux mains pleines un rang de perle le doigts accroche je suis tu écoutes Nous irons je le demande de peu à loin plus tu tires j’avance as-tu enjambé Tu passes allons plus vite de feuilles à feuilles l’écorce le bois : un œil perdu


02 juillet 2024.

Retour, l’ardeur

Du berger aux bergeronnettes

Ces vers construits à la diable Ne seront jamais déclamés Ni imprimés ni portés Dans la brouette des suppliciés Ils sont pourtant les vers D’une terre en jachère Qui ne connut ni les horribles camps Ni le désastre des guerres Mais les oiseaux des champs Pies mésanges bergeronnettes

vendredi 15 mai 2026

l’ardeur


Personne n’en veut au berger retour abattu abattant tu cherches en vain les traces Je viens battant battu tu tournes tu comprends Les enfants oubliés le saloir la réserve les caves tout est tramé tu ourdis  

 

Encore petits encore plus cela une vie au-devant Les ombres oubliées nous verrons nous allons devant le seuil au tour Te contente pauvre berger heureux plus heureux au sable les traces   

 

Le sel devant ce qui reste le parfum perdu l’élan tenu nous montons Nous descendrons nous remonterons plus petit dis encore Allons je te regarde tu bats les yeux les muscles battent la peau : ô l’ardeur 


02 juillet 2024.

Retour, Avec II

Rêves sans suite
dans la nuit retenue 
le souffle du silence
le poids des ombres 
le calme revenu
le repos absolu

je veille dans mon sommeil

heures perdues 
souffle retenu 
regard déconstruit
jeu de chat gris
graines et mulet
brouillon de l’écrit

je tue le temps de traîne

vie étrange 
le jour tient la nuit 
soleil du matin 
heures en grain 
dos tourné
petite bête

je suis p
ierre perdue 
ici

Avec II


Avec ce qui marche tu tournes tu retiens les rêves la nuit sans suite le souffle Tu te tords : drap j’étouffe le poids des ombres le calme sans repos Je ne dors pas je ne veille pas : tu tiens ce qui te reste tu tournes pour toi-même 

 

Le souffle accordé les heures perdues le souffle je te tiens tu me regardes Nous en étions encore à ce jeu panthère je te tue tu me gouvernes Je ne comprends rien ni graines ni brouillons je te tue tu me traines eau bouillie

 

En grains la vie étrange je regarde tu comprendras un jour tu tiendras la nuit Le soleil le matin les heures en grain on en revient Tu tournes sur le dos sur le côté petite bête pierre perdue à peine nous irons au plus loin : ici


26 juin 2024.