dimanche 17 mai 2026

le front levant


Assis sous les arbres au sombre tu retournes un coin de ton âme à briser ce qui reste : l’orgueil les rires Bête sans âge tu retiens je le vois les taches sous les feuilles les petits animaux perdus en savanes Forêts le front levant 

 

les songes sans retour le sable sous les paupières tu veux je dois Je tiens la force dans les mains les heures à oublier Ce qui reste après tout au fond du cœur les heures retenues Je sens la meurtrissure tu espères encore 

 

la souffrance tu te retiens tu voles Les ongles au bout des doigts : la peau petit doigt pouce incroyable Tu tires les lacets tu touches ce qui reste un cœur une vie à l’envers Et contre les oiseaux nous remonterons les ruisseaux 


09 juillet 2024.


Retours, Le temps fuit les heures volent

"Et lentement 

et gaies 

elles tournent 

les cigales"

CLAUDIQUER FERRER FERRAILLER

Claudiquer dans sa marche, ferrailler dans sa démarche, ferrer les cigales, assurer ses cédilles, écrire en aveugle des phrases fausses à pleurer, mais que, à la fin des fins, on range dans la rubrique Joyeusetés.


je regarde 
tout est bien pensé
sans complications 
nous allons nous venons 

je comprends 
et tu fermes les yeux 
mains jointes 
nous sommes sur le vide 

poids des heures 
sur le temps 
poids de plume 
et de coq à plumes 
_________ un leurre 
les heures volent

Le temps fuit les heures volent


 

I


Si l’on a besoin si tout tient je le regarde tout est difficile bien pensées Les complications : de la fermeture à la soumission du plus au moins ils se tournent Nous allons nous venons et que reste-t-il s’il faut faire 

 

Je comprends tu fermes les yeux et tu restes nous allons au-devant Les mains jointes le poids sur les épaules tout est à jeter il faut porter la souplesse Il faut retenir nous sommes sur le vide au point dans l’aplomb 

 

Volant hores tempus fugit le poids des heures le joug des saisons à temps À poids de plume et de farine je te tiens plomb de pêche coq à plumes Tout pour leurrer tout pour comprendre si l’on en a le besoin : ouvrir les yeux

 

II

 

Au soleil s’il nous reste un cadran Carpe Diem Cave Canem Volant Hores Tempus Fugit ils se disent aussi Nous Avons Été Ce Que Vous Êtes Vous Serez Ce Que Nous Sommes en dire plus et plus encore aux murs 

 

Aux façades les heures perdues les jours envolés tout sur toi glisse ton sur ton Toi pour toi et tombes abandonnées le reste sous les tuiles les joints Entre les ronces je te dois tu me tiens cœur incompris avec les raccords 

 

Et les certitudes les pierres une à une les herbes entrelacées la pariétaire qui colle Toute à donner aux poules aux lapins je te vois tu entends les feuilles de peupliers de platanes Il reste bien peu bien de cigales : insectes perdus 


III

 

De la cave vers le haut à la poulie si la courroie grince je te suis tu relèves Les charges une à une on a on vient on voit je te tiens tu me donnes je vois Le silence il me reste des pierres sous le pied il glisse je te vois il se tient 

 

Des arbres des ronces l’herbe sèche je te vois entre les épines il se déplace Fleur à fleur papillon ingrat chemin noirci les heures oubliées les objets abandonnés Je te vois : tu ignores si l’on oublie si on cherche les heures 

 

détourner les erreurs oubliées je racle tu soupires il suffit il le faut Un accent au coin la bouche est ferme je te tiens sous le voile tu cherches Sous la chemise la peau qui frémit le cœur qui respire : allons lentement et gais


en reste

 

Et lentement 

et gaies 

elles tournent 

les cigales

 

Ouvre les yeux 

le temps fuit les heures volent 

 

03 juillet 2024.

samedi 16 mai 2026

les cornes


Nous irons déprendre nous recommencerons il faut apprendre il faut commencer Tu tends la joue tu tiens les mots tu offres un sacrifice de mots perdus Des louanges sur des flèches il faut que cela vole cela soit : vu

 

Et compris : tu ne déchires plus un nom sur une table tu n’effaces plus rien Il faut reconnaitre il faut contenter tu te crispes tu t’emportes tu ne vois plus ce qui est Tu restes incompris tu tournes et tu vides : les cornes sonnent 

 

Enfin les murs tu tournes tout tombe il est temps peut-être tu le sens Oh prendre les mains tendues de mal blessantes nous déprendrons Nous recommencerons la joue tendue un sacrifice de mots et louanges : cela vole  


02 juillet 2024.

Retour, accrochée

"les branches toujours le même endroit"

la branche dont je suis issu

Ma vie comme dit l’autre il a bien fallu qu’elle commence De l’intra-utérine rien ne dirai bien des frères de plume s’y sont risqués mais leur traité m’ont toujours ennuyé car pour parler de nos parents et des parents de nos parents point n’est besoin de commencer par l’œuf de Colomb ou la ficelle du père Adam Je naquis donc une nuit de mars à 5 heures du mat si j’en crois le livret un vingt-quatre 45 jours avant l’armistice du 8 mai c’est le docteur du village voisin qui vint ma mère délivrer dans la chambre de notre maison donnant sur la place de l’église de La Bastide de Besplas Ariège ma mère Suzanne avait 31 ans mon père Noël 33 Il s’était évadé d’une ferme allemande en 42-43 (faut que je vérifie j’ai enregistré son récit) Noël Dorio avait été élevé par ses grands-parents -la guerre de 14 ayant décimé ses père et oncles et par « ricochet » sa mère – dans une ferme propriété d’un maître débonnaire d’ailleurs et qui prit soin à la promotion du petit orphelin En épousant Suzanne tous deux devinrent propriétaires de quelques hectares de terre qu’ils firent vaillamment fructifier avec une paire de bœufs pour labourer quelques vaches pour les veaux et le lait vendu aux habitants du village cochons poules canards et la petite vigne pour la piquette de l’année le blé donné au boulanger en échange des « marques » qui désignaient un petit bout de carton que l’on échangeait contre un gros pain de campagne – comme il se doit – bref si vous avez tout lu vous avez songé à la liste de Perrette et du pot à lait

accrochée


J’avance tu enjambes nous passons oh passerons nous encore le seuil perdu Les branches toujours le même endroit : constantes toujours accrochées Tu tires les feuilles y pensant y tenant en rêvant sur moi j’y pense  

 

Tu le dis : rien n’interdit un battement tu tournes l’eau à la surface Un coup un peu plus droit un peu plus loin allons au retour tirons sur la branche accrochée Tout est ici frémissant les bois les rochers les vallons 

 

Aux mains pleines un rang de perle le doigts accroche je suis tu écoutes Nous irons je le demande de peu à loin plus tu tires j’avance as-tu enjambé Tu passes allons plus vite de feuilles à feuilles l’écorce le bois : un œil perdu


02 juillet 2024.

Retour, l’ardeur

Du berger aux bergeronnettes

Ces vers construits à la diable Ne seront jamais déclamés Ni imprimés ni portés Dans la brouette des suppliciés Ils sont pourtant les vers D’une terre en jachère Qui ne connut ni les horribles camps Ni le désastre des guerres Mais les oiseaux des champs Pies mésanges bergeronnettes