samedi 13 juin 2026

J’ai dans le cœur II


J’ai dans le cœur : tu vois il souffle ce cœur fidèle sous le pied la branche tu grimpes au plus haut y vois-tu la terre ronde les jours heureux cachés les feuilles tremblent à la stridulation cigales d’aventures jour heureux de plus  

 

La vie est en avance si tu le vois si tu le sens nous sommes sortis des ronces aux jours les heures pour entendre je compte les pas le long couloir la fraicheur subtile nous n’avancerions pas nous ne tiendrions les tiges : rien

 

Les herbes simples les immortelles sèches closent le souvenir tu vois les paroles perdues la vie est en avance si tu dis je redis l’avance au vide dépose tes paniers les fardeaux de fleurs sèches il est encore passé : le vent éternel 


05 août 2024.

Retours, J’ai dans le cœur I

  1. J’ai dans le cœur 
    un voyage de poussière 
    une peine ombrageuse 
    des jours derrière les murs

    des cours et des jardins 
    des promenoirs courbes 
    une misère incontrôlable 
    qui part et qui revient


    un rêve de joie heureuse
    une fenêtre de lumière
    de l’air pour vivre encore
    un amour au sommet éternel

  2. "il reste encore des boucles et des tours"

    Passe une jeune fille complètement nue
    Blaise Cendrars


    Passe le dormeur du val 
    Tête nue
    Sous la nue

    Passe Léonor ou Barbara
    Une paire de dormeuses
    (boucles d’oreilles pour la nuit)
    Or jaune 18 carats

vendredi 12 juin 2026

J’ai dans le cœur I

I


J’ai dans le cœur : ce qu’il reste du voyage la poussière peut-être une peine affreuse nous sommes devant tout est tenu les ombres les jours les murs les cours les jardins les promenoirs tu respires ici même tu courbes les joncs

 

Si courbés un par un misère incontrôlable une peine si affreuse de fait il n’est de choses si affreuses tout part et tout revient il reste encore des boucles et des tours les joncs un sur un à l’endroit t à l’envers les peines les misères 

 

La joie immense l’heureuse satisfaction on comprend on respire ce qui importe le plus l’air pénètre la vie la lumière la lumière une certitude un col pour les anges un sommet pour les bergers amoureux je n’en aurais trop


05 août 2024.

Retour, On dit

Les jours coulent 
les bras ouverts 
les mots glissent 
ô jours heureux 
libres et lumineux

petit Royaume 

il y a du Frascati 
et où l’on s’aime 
à tort et à travers 


---


Circé 
l’enchanteresse
oiseau de proie
boucles d’ébène
Ulysse est pris

On dit

I

 

On dit : il fait beau tenez il fait plus frais les jours coulent nous sommes de plus en plus tu vois ce n’est pas ni plus ni moins tu disais : ni puis ni moins qu’y faire puis ici tout comprendre et embrasser les bras ouverts je prends 

 

Tu reviens sur tout quand même il faut dire aussi les mots qui glissent tout revient je coule tu reviens le bateau les jours heureux petite République libre petit Royaume il y a du Frascati t’en souvient-il ma chère on voit passer ici 

 

La barque oh le baron de Frascata et ce n’est pas ni puis ni moins tu reviens sur Ulysse Circé Télégonos Tarquin le Superbe quand même entre deux tocs de langage la jeunesse la mythologie l’histoire et l’opéra-comique 


II 


On dit : vraiment la vie après la pluie est un enchantement un toc de plus entre le zig et le zag ah mais ah ça mais il faudrait vivre ainsi entre deux orages je tiens sur le moment la vie avec la certitude tu deviens je vois

 

Je comprends nous sommes héritiers de petites Républiques libres de petits Royaumes avec ce qu’il faut de Frascati et revenu bien loin et si touchant t’en souvient-il ma chère il fut Jean Stanislas Baron de Frascata héritons voyons 

 

Du royaume des lapins empaillés mode chasseur je tiens tu recommandes nous y allons je suis sur le bord de la route tout est léger de zig en zag de tic en toc des affaires sans surprise la mémoire seulement impose les images 


III


On dit : j’avance sur le sable à Ostie Pier Paolo tu dis qui sont les pauvres Pierre Paul ô fracassé sur le rivage sorti de la mer tu as une mer dans le cœur les paroles nous suivent tu retiens : la lumière brille dans les ténèbres 

 

Le verbe se fait chair comme tout à dire tout est à comprendre il n’est rien dévoilé du mystère sur le mystère sur la plage les ombres sur les ombres je ne reviens de rien je ne tourne sur rien tu ris tu tires les réponses : on rit 

 

De paroles au hasard imposées on dit dit-on j’avance tu tournes de la farce à la tragédie sorti de la mer venu de la baronnie de Frascata j’ai dans le cœur une mer entière on dit nous sommes les ombres du colloque : t’en souvient-il 


03 août 2024.

Retour, Nous sommes à

"il nous reste à comprendre ce qu’il reste du voyage"

Le sujet n'est pas le point de départ, c'est le point de retour chez soi après un long voyage.

Je suis devenu de plus en plus hostile à l'idée d'or cartésienne d'immédiateté à soi du sujet.

Paul Ricœur
auteur de Soi-même comme un autre

Nous sommes à

I

 

Nous sommes à : remplir tu calcules grains gravillons graviers cailloux pierres des mains pour construire de la montagne au sable noir des rochers descendus par étages de blocs à poussières montagnes au-dessus de la mer 

 

Je pense tu retiens nous tournons : rien ne bouge du blanc du rouge le massif la poudre tout a bougé de haut en bas bloc unique bloc recomposé tu avances tu oublies les fleurs tout pousse dans les fissures tu n’oses en dire

 

Les anfractuosités tu cherches tu illumines le chemin pierres débitées maçonnées maisons montées et meulières et moellons tout raclés d’épaufrures du bloc au sable de l’étoile à sa poussière en dire plus : en dire 

 

II

 

Nous sommes à : du temps la pertinence tu cherches le pertuis tu penses huis nous sommes devant cette bouche béante j’ai mis mes doigts dans la fente et la porte a frémi on évite les conséquences tout ici nous ferai changer 

 

On enregistre toute une main dans un porte frémissante je n’en reviendrai pas nous sommes accablés tu penses chant des chants tu reviens sur le terme comme un cerf de gazelle comme une bête assoiffée je n’en reviens 

 

Nous avons mis un cœur à nu son faon délicieux tu retrouves tout il te reste la nuit tu cherches ce qui est perdu huis pertuis clairière forêt profonde tu entends tu cherches tu trouves oiseaux gris et perchés : ce n’est pas le jour

 

III

 

Nous sommes à : tu me disais le chemin du haut vers le bas du bloc du plateau des anfractuosités des montagnes qui heureusement couronnent nos vies le chemin qui descend vers le sable la mer la montagne les plages 

 

Le sable les masses meubles entassées le courant et l’air et l’eau et la pression le four gigantesque ce qui est meulé ce qui est rompu la pression la chaleur en avance du plateau des troupeaux de grand et de petit bétail 

 

Cerf de gazelle assoiffé il te reste quelques semaines tu descends nous étions montés de sources en torrents tu précipites la vie la lumière le sable et l’eau tu avances nous allons des semaines pour rompre les écheveaux 

 

IV

 

Nous sommes à : on en disait quelques semaines de grand et de petit bétail une histoire éternelle je monte je descends tu entends peut-être une source à boire sans hâte dans la crainte devant le seuil on s’arrêtes dans la fente 

 

À la main tu cherches la clef tu descends tu remontes huis et pertuis derrière le sommet tu y penses la terre est ronde nous allons encore de plat à plat de fractures en renoncements tu roules nous avançons troupeaux d’animaux 

 

En solitaires des monts aux sables les plus hauts les plus froids pour retenir quelques grains je résiste tu reviens nous étions attendus de tout à tout nous avons fui je signe le bord les pieds nus et la canne j’ai marché tu accours   

 

V

 

Nous sommes à : accouru à rebours pierres grattées sable serré de joie et d’orgueil j’ai mené un troupeau je comprends le sable au sommet les rives à la cime les heures les jours semaines et marches escalier on avancerait 

 

On résiste on grandit on tourne les pauvres bêtes au soleil les pauvres pieds je suis celui qui suis celui qui marche devant moi montagnes au-dessus de la mer tu penses plus petit troupeau fine sauterelle il regarde celui qui vient 

 

Il marche devant je ne déferai pas un lien de sandale nourri d’insectes je ne baiserai pas sa bouche très bas au plus haut les sauterelles la manne élevons enlaçons dénouons il nous reste à comprendre ce qu’il reste du voyage  


02 août 2024.