jeudi 5 mars 2026

Saint Jacques à Jérusalem II


On hésite presque 

entre fleurs de pétunias 

fleurs d’ail fleurs d’amandier 

mollement accoudés 

Vitraux de lune château de givre 

montagnes enneigées vitraux de lune 

Belle lune en avril faut-il se révolter 

 

Tu cherches dans l’enfance 

je trouve la raison

Je vois je m’adapte 

j’arrange l’inconfort 

offrir des fleurs de colère ou d’abandon 

cela va à l’insu 

Laisse les fleurs 

il n’y a rien à expliquer 

tout est en même temps sauvé et perdu 

 

Marche à rebours 

d’un tombeau pour l’autre 

Marche simplement 

les fleurs ne sauveront pas l’humanité 

un pied dehors un pied dedans

Laisse filer 

au milieu des combats 

ils chanteraient lève-toi 

et ceins ton glaive ardent 

Il faut accepter que le combat aille à sa fin


26 avril 2024.

3 commentaires:

  1. Pour rendre à Maurice ce qui est à lui :

    La reine de cœur

    Mollement accoudée
    À ses vitres de lune,
    La reine vous salue
    d’une fleur d’amandier.
    C’est la reine de cœur.
    Elle peut, s’il lui plait,
    Vous mener en secret
    Vers d’étranges demeures
    Où il n’est plus de portes,
    De salles ni de tours
    Et où les jeune mortes
    Viennent parler d’amour.

    La reine vous salue;
    Hâtez-vous de la suivre
    Dans son château de givre
    Aux doux vitraux de lune.

    Lune d’avril

    Lune, belle lune, lune d’avril,
    Faîtes-moi voir en mon dormant
    Le pêcher au cœur de safran,
    Le poisson qui rie du grésil,

    L’oiseau qui,
    Lointain comme un cor,
    Doucement réveille les morts
    Et surtout, surtout le pays
    Où il fait joie,
    Où il fait clair,
    Où soleilleux de primevères,
    On a brisé tous les fusils.
    Lune, lune d’avril,
    Lune

    Maurice Carême (1899-1978)

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    Réponses
    1. https://www.youtube.com/watch?v=EwKFxcMiwGI&list=RDEwKFxcMiwGI&start_radio=1

      La courte paille, Maurice Carême-Francis Poulenc.

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  2. "Tout le monde dort encore et moi j'attends l'aube et que sonne mon réveil car je suis entré dans la joie de marcher qui me réveille. Je suis entré dans “l'espace pèlerinage”, dans le rythme de la marche, dans l'intériorité de ma démarche, je ne suis plus dans le monde habituel, je suis en compagnie de moi-même et de ceux qui recherchent cette sorte de compagnie."

    Pierre Orset / Récit d'une randonnée...

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