samedi 30 mai 2026

Je te dirai :

 I

 

Je te dirai : je suis ici oh d’ici nous comprenons il y a à dire nous sommes allongés Je te retiens nous avancerions plus et plus encore au cercle au centre Je ne vois que ce qui est à dire depuis que je le sais depuis longtemps 

 

Nous comptons les cabanes tu rêves : fête des cabanes il faut attendre Tout revient de Jérusalem au calme complet les yeux et les oreilles : collés Le mur qui se lamente nous viendrons pour entendre au mur : les larmes tendues  

 

Ce qui tient et tu regardes nous comptons les fils autour du bras autour De tout ce qui reste la tête les membres je te tiens nous irons souffler corne de bélier Corne pour entendre je tiens tu cribles nous serons encore au centre


II

 

Je te dirai : arrive je reviens nous y pensons pourquoi Jérusalem reviens Convertie à ton sauveur nous y pensons il faut sortir se retrouver y étions-nous De l’intérieur nous tournons vers l’extérieur ouverts rompus : avancer 

 

Nous allons nous tenons à l’ouverture je te reçois tu me dévisages Un chemin sur ce qui revient de marche à marche serons-nous sous les arbres Prendrons nous l’écorce sous le pied tu taillais de petites barques : pin rouge 

 

Polies aux murs au renflement à la définition à la surface je te reçois Nous sommes alliés on charge sous le pied la vie avancée je dis : tu reçois Allons de reste en reste pour dire de branche en branche pin je te suis : nous allons 

 

III

 

Je te dirai : la place quelle adresse tu reviens de cette ville Jérusalem convertie : sorti du Saint des Saint tu inventes le reste il y a sous les arbres Cèdres pins érables sycomores chênes la vie entre les lignes des écorces 

 

Abandonné tu oublies le reste le parfum je te vois tu me tiens je respire Corps et cœur émotion élévation le parfum vers en haut la fumée vers le bas Caïn Abel resterons-nous frères je tiens tu combats fais-moi dire : enseigne 

 

Je te montre le chemin nous monterons tu descendras parfum en haut fumée en bas comme il reste le grand et le petit je te tiens tu me donnes les heures répandues la semence tu y reviens une fois encore : parfum d’épine-vinette

 

IV

 

Je te dirai : au précipice d’une frange vers l’autre les heures les retours je te convertirai Nous irons de bois en bois de rives en détours : fontaine Tu comptes les épis nombreux que rien ne parle ou épelle les grains : un par un 

 

Ils sont tous à parler modestement si humbles tout nous retient je suis sur ce chemin Je pense : d’un bambou taillé séparer les feuilles je te retiens tu me compares Nous allons de nuage en nuage de figures en paysages : la vie 

 

Tu mènes entre les feuilles tout ici flotte sur l’eau fontaine où tout pleure Geins-tu je rencontre je murmure tout ici soupire tout revient je ne changerai rien je ne tournerai pas nous sommes abandonnés : Jérusalem


V

 

Je te dirai : reviens-tu et reviens tu comptes les lettres un tour de plus Des tensions du regard des yeux vides de la douleur tu descends de la colline Il te reste à penser au mont le crâne les yeux griffés les cheveux : ils tombent 

 

Et sur le cou le corps nous récompense on devient ce qu’il faut des restes Le pain sans levain les miettes et les couteaux je te couperais le cœur Je te cisaillerais les joues la vie en échange du sable dans les yeux : on retourne 

 

Je ne sais plus si nous allons j’y suis la tête sur l’épaule le sourire tu comptes les os Tu tires le tissu les reins découverts Jérusalem et Golgotha la vie sans attendre nous sommes aux herbes amères au pain dur : ici je te convertirai


 envoi

 

Je te dirai : nous sommes sur la route à deux un peu plus âgés je te tiens Pour entendre plus près du cœur proche des oreilles écoute ce que ma bouche murmure Tu retiens le souffle au battement le cœur ému : la bouche 

 

Intense nous y allons si je te suis ils songent nous n’y sommes plus Sur le bois sur le dos les mains ouvertes je descends tu entends nous ne tenons rien Il y a il faut dire se comprendre sur ce chemin à la parade :  les oiseaux

 

Le cœur ému le visage ferme un peu âgés ils allaient nous ne changerons rien Nous tournerons sans cesse chameaux perdus aux abords on se dira on tiendra la vie au centre la langue sèche avance viens nous serons :  ici

 

12 juillet 2024.

vendredi 29 mai 2026

IV où tu manques envoi (autre)


Demeure et fructifie tu te seras liquéfié tu te seras rectifié tu organiseras le monde avec des angles droits tu toucheras du doigt l’esprit et la matière le temple sorti du temple la huppe des amours partie de Balkis à Salomon 

 

Ô la plus grande tu seras la plus belle de fer et d’or couvre nos jours je te suis tu me tiens tu cherches l’ombre qui jamais ne fut si accueillante chers et aimants ô murier ô érable sycomore tenez-vous à tout : tu fermes les yeux 

 

Je ne suis plus ici je ne peux plus souffrir le jour encore un peu de lumière oubliée dans l’ombre déplace les carreaux les angles droits les raisons un fils perdu des ombres aimables bien plus suaves le poignet tourne à la ceinture


11 juillet 2024.

Retour, III où tu manques

"pour y passer le temps qu'il fait d'une fenaison"

Quand on a souffert sur un texte-poème qui se faisant sans cesse se défaisait, c’est un vrai plaisir de s’abandonner à la voix qui lève, tel un vent léger qui accouche de ses phonèmes.

Phonaisons, fenaisons, corps à cœur sans histoires à s’aimer debout, à semer le doute sur nos arguments, à ôter d’Argus les mille zyeux (un à un).

III où tu manques


Reste en cadre rester je tiens : tout ici va à l’inverse les carrés les angles droits Cherches-tu la courbe descends le sentier il te reste le sentiment Tu tiens la part sensible les doigts dans la fourrure animal en servage tu reviens 

 

Tu retournes au service va de l’avant nous regardons les jours et les gens Pour y passer le temps qu’il faut d’une nouaison d’une fenaison un temps de bataille La vue sur les cailloux autour des arbres comme une tombe : soldat 

 

Égaré loin plus rien si loin ne plonge dans la rivière le front est dépouillé La vie ce matin tout revient nous sommes en attente tu es absent un peu En coin si court devant le seuil tu dis : où tu manques il ne reste ni bien ni jour


11 juillet 2024.

Retour, II où tu manques

Maintenant c’est un autre-que-moi on dirait qui écrit ces lignes avec ma seconde main droite -puisque je suis droitier- ou peut-être la gauche, la plus gauche des deux, qui veut entrer dans la partie, la partie fabulatrice qui n’enseigne point mais raconte Oui, c’est un autre-que-moi qui se lance à l’assaut de ses (j’hésite) : ses hétéronymes, version Pessoa, ses fantaisies– voire fatrasies, ses écritures de seconde main (toutes faites de citations), ses dérives "au sommet avec le cœur pour pardonner"...

mercredi 27 mai 2026

II où tu manques


Au sommet avec le cœur pour pardonner je tiens la main sur ce qui veille Que faut-il en dire et pour quoi le reste à comprendre la vie avancée au rêve En éclats dire comprendre nous sommes au sommet des arbres au soleil 

 

Le tout au commencement tout vient du haut sommets et conséquences Nous allons tout y est je rencontre le ciel les oiseaux ce qui vient ce qui vole Nous allons je te tiens tu espères toujours et pour toujours la vie avancée 

 

La gloire au seuil malgré tout nous nous arrêtons je tiens tu veilles sur ce qui cesse Je te tiens tu es au seuil de ce qui vient les monts les animaux sauvages Nous sommes simples : simplement vêtus de lumière pourrais-tu 


11 juillet 2024.

Retour, I où tu manques

les lys et autres fleurs
Entremêlant les épines aux fleurs

Pour ne fâcher le monde de mes pleurs

J’apprête ici le plus souvent à rire

Joachim Du Bellay

En achetant je ne sais quel roman de gare

Vous prenez le train à Nogent le Rotrou

C’est un dimanche à la campagne

Un jour d’automne où le temps est doux

Les champs un château des horizons reflétés

dans votre vitre Vous touchent naïvement

Vous avez en tête des poésies

Venues de la petite école

Odes et ballades que vous écriviez à la plume sergent major

Avec des rimes et un rythme que vous dissimulez

aux voyageurs voisins absorbés dans leurs smartphones

Murmurant en secret vos fredaines

Heureux qui comme Ulysse

Récite Les Regrets.

Felicity


 

mardi 26 mai 2026

I où tu manques

 

On se souvient des rumeurs si les lys fleurissent chantent les rossignols Tu vois il reste assez de clarté nous sommes dans l’absence souviens-toi Nous étions à pied sur le sable si le vent tourne à son contraire nous y serons

 

Tu vois : tu tiens les lys dis leur ce sont les lys de mer tu tournes sous les rochers Entre les doigts il te revient la saveur des cristes marines :  cristes arrêtées Un jour me reste tu te souviens il fut aussi dans un petit point resté

 

La terre le bord de mer le bord du désert si l’on se dit si on l’oublie Tu marchais dans le sable bord de route bord de mer en allant en tournant Je te revois tu tiens la longue perche ce qui pousse ce qui relancerait les heures 


11 juillet 2024.

Retour, je suis bercé

Je dis à ma carte d’identité que j’aimerais voir inscrit à la ligne particularité : cherche inlassablement l’or du temps J’écris à mes amis Michel disparus comme on parle au papier pour Montaigne l’écrivain des Essais et comme on parle aux sculptures thérapeutiques muchu taillées dans du balsa la tête en bas dans la partie du morceau de bois la plus proche des racines pour Perrin mon ami ethnologue
J'écris à mon ami Michel de Franqueveaux présent et bien présent "Le frisson sur les eaux la vie à fond de cale je suis bercé : prends "

Sonny


 

lundi 25 mai 2026

je suis bercé


Les ombres aux racines les cailloux sur le sol au bois perdu aux songes sans suite Une secousse un océan nous tournons tu échappes aux eaux assemblées Un tour encore sans remord sans comprendre j’étais ici : viens  

 

Nous étions là si petits ou perdus nous avons accroché nos sacs et nos bagages Nous prendrons le chemin en retour présents à la plus grande peur Au plus beau des naufrages nous nous sommes embarqués : tenons 

 

Du ponton nous nous noierons à la rive : ohé du rocher j’avance si tu expliques les pas Sous le soleil les arbres abandonnés le calme sans rien sans voix Le frisson sur les eaux la vie à fond de cale je suis bercé : prends


02 juillet 2024.

Retour, J’en suis encore

Mortels, vous êtes chair, souvenance, présage,

Vous fûtes, vous serez ; vous portez tel visage:

Vous êtes tout, vous n’êtes rien

Supports du monde et roseaux que l’air brise,

Vous vivez… Quelle surprise !

Un mystère est tout votre bien.

Trois montagnes

 




J’en suis encore


Demain nous irons d’un songe à l’aube on franchit la campagne les larmes Les frissons nous cueillerons tu t’en souviens j’y suis tenu tu reviendras Nous comprendrons l’orage tout ce qu’il faut oublier je suis un chemin à l’ombre 

 

Des genoux tu fixes le silence il reste pour comprendre j’avance je te vois J’en suis encore à dire les feuilles les branches le bois l’écorce tout grimpe Tu secoues les évidences : une pluie de feuilles mortes et les insectes en attente 

 

Si noir si lourd ce qui tourne au bord du cœur les lèvres ouvertes l’indécision Oh les lèvres sur le cœur : la vie en abondance d’une feuille on avance Tu distances tes émotions tu cherches à dire enfin : nous sommes ici pour cela 

02 juillet 2024

Retour, tu le comprendras

mademoiselle LIA24 mai 2026 à 11:22

Je marcherai derrière les voix sans visage.
Je perdrai mon ombre au coin d’une rue vide.
À la fin tu comprendras au moment où l’on compte.
Je t’entendrai te retourner dans le bruit des pas.
Je garderai le silence entre mes mains ouvertes.

dimanche 24 mai 2026

tu le comprendras


À la fin tu comprendras au moment où l’on compte tu te retourneras Tu verras ce qu’il faut de musique de cailloux de torrents de parfum d’oiseaux sur les épaules La vie en abondance tu cherches : tout ici enfin se trouve 

 

La vue sur les montagnes les arbres les ombrages le vent entre les branches La simple chose une fleur rouge un vert feuillage tout au-devant tout sur un point Je vois la vie tu tournes autour des nuages : les sommets au-dessus 

 

Le niveau la mer les heures je te tiens tu retournes nous sommes vers le plus haut Nous irons sans attendre faut-il entendre tout vient au travers Les nuages le combat au-dessus de tout cela le pardon : tu le comprendras


02 juillet 2024.

vendredi 22 mai 2026

à pas lents II


Tu me vois nous sommes à l’encontre tu cesses le discours les histoires sont retournées Nous entrons dans le temps des regrets des oublis des heures creusées Du calme sans repos nous reposons sur un lit d’aventures au soleil 

 

Tournée la raison perdue le reste tient dans la main tu regardes le cœur des choses Aveugle tu tiens dans ce contour le coin des choses anciennes si rien n’est oublié Si tout est encore à dire il faut penser entre ce qui reste à faire 

 

Il y a plus de blé il y a plus de terre retournée on se pensait en creux Le plein nous délivre vois-tu le champ labouré comptes-tu les épis Et ainsi arrête un peu ton bras nous y allons la joie est encore modeste : à pas lents


10 juillet 2024.

jeudi 21 mai 2026

à pas lents I


Pour moi tout parle de ce que tu oublies les fruits aux arbres les herbes dans les prés Tu retiens ce qu’il te faut tu comprends les feuilles abandonnées aux branches à l’écorce Le monde bouge une vie sous le ciel tu les rencontres 

 

Heures assombries les rangs perles mêlées fermoir coincés tu cherches l’éclat L’argent est insupportable la vie à ce comptoir les rires si étranges je tourne Tu ne comprendras plus tu ne fermeras rien tu tireras langue et cœur 

 

De silence oreilles oubliées ils sont alertes ils tournent pied léger Un matin bien trop tôt au bord de la rivière nous y étions : tu cherches tu rencontres Bouche ouverte où sont les haillons d’argent le pied sur le sable je te cherche 


10 juillet 2024.

Retour, Seul et nu V

PTIX PTIX PTIX

Écrit de hamac
Je me balance la tête
Dans mes rêveries
Juste avant de faire la petite sieste dans le hamac bercé par une saute de vent soudaine (Brassens), je grapille encore quelques mots disséminés dans un poème pas très catholique. Mon œil s’amuse à détendre l’impossible (une expression qui semble dénuée de sens mais qui m’a échappée), s’oubliant dans ce sonnet en X, qui par « la magie de la rime » (onyx, phénix, Styx, nixe) permit à Mallarmé d’inventer le mot ptix : un hapax absolu, dit-on. Mais, miracle de l’instant et foin des mots savants, une cigale vient me visiter, qui sur un des amandiers servant de support au hamac, se met à gratter ses ailes. Ptix, ptix, ptix, un délice de berceuse qui m’endort derechef…

mercredi 20 mai 2026

Seul et nu V


Seul et nu tu cherches il faut aller tu tiens brasse après brasse les eaux en mélange Les erreurs sans rien comprendre je te vois tu deviens et rendre et soutenir Nous ne serons jamais à la face du monde nous ne tiendrons pas 

 

Les fils tombés des branches ils sont cueillis ils sont du ciel au ciel soleil et portes closes Je te tiens tu comprends au seuil nous sommes à l’arrêt un combat Que devenons-nous sur les pierres sur le chemin tordu de poussières 

 

Pieds écrasés tu oses dire harassés au retour au semblant la confusion Les marches à dire sans les croire je ne tiens plus je ne suis plus nous sommes détourés Nous sommes à l’erreur les membres écrasés la vie l’amertume : ici


09 juillet 2024.

Retour, Seul et nu IV

"Dans ma main la poussière le temps"

J’ai besoin de passer la main
écho parlant quand bruit on mène
J’ai besoin d’un dictionnaire à part moi et du filon des mots
J’ai besoin de la blanche hermine et des sons de mon piano blanc
J’ai besoin de la face cachée de Mozart
et des dissonances de l’Art
J’ai besoin des promesses de l’aube
Et des neiges d’antan

mardi 19 mai 2026

Seul et nu IV


Et des heures : l’affront l’orage tu viens je tourne nous déplaçons la vie Dans l’air le calme avant ce qui revient je le vois nous allons ensemble Sans rien dire sans trembler depuis ce qu’il faudrait les heures émouvantes le ciel  

 

En transparence les yeux à l’horizon tu penses aux métaux tu tournes pour comprendre Il reste dans ma main la poussière le temps et les étoiles ce qui tourne Ce qui est compris je déplace tu retournes nous allons devant nous 

 

Tournons tu es si loin je suis si court si près allons : retourne tu vois les heures Tu vois les oiseaux tu tiens tu comprends j’en suis à retrouver J’en suis à rompre les câbles les filins : sans attaches voiles et cœur livrés ici 


09 juillet 2024.

Retour, Seul et nu III

LA RUMEUR DES VAGUES

Ah vastedad de pinos, rumor de olas quebrándose/ lento juego de luces, campana solitaria/ crepúsculo cayendo en tus ojos, muñeca/ caracola terrestre, en ti la tierra canta !

Pablo Neruda (20 poemas de amor y una canción desesperada)

Ah les grands bois de pins, la rumeur des vagues se brisant/ le jeu lent des lumières, la cloche qui sonne sans raison/ et le crépuscule qui tombe en tes yeux simulant ceux des poupées/ terrestre rotation en toi chantait la terre !

(libre traduction 
Dorio)

Seul et nu III


Seul et nu entre deux vagues : rocher sur l’eau la vie en retour vers toi Ce qui est à prendre ce qui retient tu tournes tu cherches les éclats pierres tombées Rochers entre les bras doigts enlacés épaules nues encore restent 

 

Un ciel couleur d’orage les yeux ouverts sous la bouche Ciel immense : tu retrouves tes chansons enfance perdue jours heureux des articles des images Nous avançons nous comprenons un coin sous les osiers : les fleurs 

 

En abondance l’eau pure je vois tu tiens nous sommes sans retour nous sommes sans comprendre Il faut tout regarder tout tenir pour suivre les cœurs descendus Je tiens tu veilles nous allons mains en mains : recueillir


09 juillet 2024.

Retour, Seul et nu II

Nous sommes de force et d’éclats, sensibles aux pleurs sans nom. Nous sommes silence parmi les pierres, les bras en croix. Paniers emplis de joie, de ciel. Branches chargées de vie. Nous sommes cœurs enlacés sur le bord de l’étoile. Nous sommes petits cailloux sur le chemin, abris des âmes grises. Nous tenons le courage, la longue route pour le voyage, le face à face avec le monde. Nous avançons vers l’avenir, et tout le reste ne sera que passé, mémoire pour les livres.

lundi 18 mai 2026

Seul et nu II


Nous sommes sans le dire nous sommes sans le faire de force à rebours tu tires des éclats Monde sensible pleurs éclatés route sans nom tu ne sens rien Je ne dirai rien tu tourneras nous finirons le reste des cailloux sur les bras 


Paniers pleins rires et nuages tu tires sur les branches il reste les choses décidées Les cœurs enlacés je te vois tu comprends nous y sommes si nous tenons là Et si et là les pierres du chemin les caves les abris : pour oublier 


Encore tenir longtemps je te dois tu me tournes nous sommes au pendant

Nous tenons la dérive pour un voyage tu envisages les choses de face et en face Si on le continue tout sera en arrière et tout te conviendra 


09 juillet 2024.

Retour, Seul et nu I

"Le vide les écrins les boites les objets tout se tient tout est perdu "

Susciter des attentes

Promettre une image juste

Juste une image

Sur « la mort » :

Un peu profond ruisseau calomnié

Sur « le vide »

Je ne bouge pas

Ma respiration s’apaise

Une plénitude m’envahit

À partir du vide

Je crée du viable

Que diable !

Seul et nu I


Le vide les écrins les boites les objets tout se tient tout est perdu il me reste à compter Rien n’est perdu rien n’est créé tout est transformé je te vois tu comprends les heures Nous sommes épars tu retiens les ombres au silence

 

Aux eaux tout ce qui fuit ce qui glisse les doigts ouverts les yeux perdus les rochers Tu vois il te reste le sensible les yeux sans lendemain les arbres sans l’écorce la joie Tu détournes les petits oiseaux entre les cœurs et les mains 

 

Au plein tu tiens tu recommences je sens qu’il reste un soupçon Tu penses volonté tu entends volupté tu tires sur les doigts Tu ajoutes les yeux les rires les secrets nous restons indicibles Tu deviens ineffable : que reste-t-il à faire 


09 juillet 2024.

Retour, le front levant

Assis sous les arbres 
un coin d’âme brisée 
le rire est un orgueil
sans âge 

sous les feuilles 
des taches de forêts

songes de sable 
paupières lessivées
dans les mains 
les heures retrouvées

au fond du cœur 
les années espérées 

souffrance envolée 
au bout des doigts 
le cœur délacé 
la vie est à l’envers 

les oiseaux remontent 
les ruisseaux

dimanche 17 mai 2026

le front levant


Assis sous les arbres au sombre tu retournes un coin de ton âme à briser ce qui reste : l’orgueil les rires Bête sans âge tu retiens je le vois les taches sous les feuilles les petits animaux perdus en savanes Forêts le front levant 

 

les songes sans retour le sable sous les paupières tu veux je dois Je tiens la force dans les mains les heures à oublier Ce qui reste après tout au fond du cœur les heures retenues Je sens la meurtrissure tu espères encore 

 

la souffrance tu te retiens tu voles Les ongles au bout des doigts : la peau petit doigt pouce incroyable Tu tires les lacets tu touches ce qui reste un cœur une vie à l’envers Et contre les oiseaux nous remonterons les ruisseaux 


09 juillet 2024.


Retours, Le temps fuit les heures volent

"Et lentement 

et gaies 

elles tournent 

les cigales"

CLAUDIQUER FERRER FERRAILLER

Claudiquer dans sa marche, ferrailler dans sa démarche, ferrer les cigales, assurer ses cédilles, écrire en aveugle des phrases fausses à pleurer, mais que, à la fin des fins, on range dans la rubrique Joyeusetés.


je regarde 
tout est bien pensé
sans complications 
nous allons nous venons 

je comprends 
et tu fermes les yeux 
mains jointes 
nous sommes sur le vide 

poids des heures 
sur le temps 
poids de plume 
et de coq à plumes 
_________ un leurre 
les heures volent

Le temps fuit les heures volent


 

I


Si l’on a besoin si tout tient je le regarde tout est difficile bien pensées Les complications : de la fermeture à la soumission du plus au moins ils se tournent Nous allons nous venons et que reste-t-il s’il faut faire 

 

Je comprends tu fermes les yeux et tu restes nous allons au-devant Les mains jointes le poids sur les épaules tout est à jeter il faut porter la souplesse Il faut retenir nous sommes sur le vide au point dans l’aplomb 

 

Volant hores tempus fugit le poids des heures le joug des saisons à temps À poids de plume et de farine je te tiens plomb de pêche coq à plumes Tout pour leurrer tout pour comprendre si l’on en a le besoin : ouvrir les yeux

 

II

 

Au soleil s’il nous reste un cadran Carpe Diem Cave Canem Volant Hores Tempus Fugit ils se disent aussi Nous Avons Été Ce Que Vous Êtes Vous Serez Ce Que Nous Sommes en dire plus et plus encore aux murs 

 

Aux façades les heures perdues les jours envolés tout sur toi glisse ton sur ton Toi pour toi et tombes abandonnées le reste sous les tuiles les joints Entre les ronces je te dois tu me tiens cœur incompris avec les raccords 

 

Et les certitudes les pierres une à une les herbes entrelacées la pariétaire qui colle Toute à donner aux poules aux lapins je te vois tu entends les feuilles de peupliers de platanes Il reste bien peu bien de cigales : insectes perdus 


III

 

De la cave vers le haut à la poulie si la courroie grince je te suis tu relèves Les charges une à une on a on vient on voit je te tiens tu me donnes je vois Le silence il me reste des pierres sous le pied il glisse je te vois il se tient 

 

Des arbres des ronces l’herbe sèche je te vois entre les épines il se déplace Fleur à fleur papillon ingrat chemin noirci les heures oubliées les objets abandonnés Je te vois : tu ignores si l’on oublie si on cherche les heures 

 

détourner les erreurs oubliées je racle tu soupires il suffit il le faut Un accent au coin la bouche est ferme je te tiens sous le voile tu cherches Sous la chemise la peau qui frémit le cœur qui respire : allons lentement et gais


en reste

 

Et lentement 

et gaies 

elles tournent 

les cigales

 

Ouvre les yeux 

le temps fuit les heures volent 

 

03 juillet 2024.

samedi 16 mai 2026

les cornes


Nous irons déprendre nous recommencerons il faut apprendre il faut commencer Tu tends la joue tu tiens les mots tu offres un sacrifice de mots perdus Des louanges sur des flèches il faut que cela vole cela soit : vu

 

Et compris : tu ne déchires plus un nom sur une table tu n’effaces plus rien Il faut reconnaitre il faut contenter tu te crispes tu t’emportes tu ne vois plus ce qui est Tu restes incompris tu tournes et tu vides : les cornes sonnent 

 

Enfin les murs tu tournes tout tombe il est temps peut-être tu le sens Oh prendre les mains tendues de mal blessantes nous déprendrons Nous recommencerons la joue tendue un sacrifice de mots et louanges : cela vole  


02 juillet 2024.

Retour, accrochée

"les branches toujours le même endroit"

la branche dont je suis issu

Ma vie comme dit l’autre il a bien fallu qu’elle commence De l’intra-utérine rien ne dirai bien des frères de plume s’y sont risqués mais leur traité m’ont toujours ennuyé car pour parler de nos parents et des parents de nos parents point n’est besoin de commencer par l’œuf de Colomb ou la ficelle du père Adam Je naquis donc une nuit de mars à 5 heures du mat si j’en crois le livret un vingt-quatre 45 jours avant l’armistice du 8 mai c’est le docteur du village voisin qui vint ma mère délivrer dans la chambre de notre maison donnant sur la place de l’église de La Bastide de Besplas Ariège ma mère Suzanne avait 31 ans mon père Noël 33 Il s’était évadé d’une ferme allemande en 42-43 (faut que je vérifie j’ai enregistré son récit) Noël Dorio avait été élevé par ses grands-parents -la guerre de 14 ayant décimé ses père et oncles et par « ricochet » sa mère – dans une ferme propriété d’un maître débonnaire d’ailleurs et qui prit soin à la promotion du petit orphelin En épousant Suzanne tous deux devinrent propriétaires de quelques hectares de terre qu’ils firent vaillamment fructifier avec une paire de bœufs pour labourer quelques vaches pour les veaux et le lait vendu aux habitants du village cochons poules canards et la petite vigne pour la piquette de l’année le blé donné au boulanger en échange des « marques » qui désignaient un petit bout de carton que l’on échangeait contre un gros pain de campagne – comme il se doit – bref si vous avez tout lu vous avez songé à la liste de Perrette et du pot à lait

accrochée


J’avance tu enjambes nous passons oh passerons nous encore le seuil perdu Les branches toujours le même endroit : constantes toujours accrochées Tu tires les feuilles y pensant y tenant en rêvant sur moi j’y pense  

 

Tu le dis : rien n’interdit un battement tu tournes l’eau à la surface Un coup un peu plus droit un peu plus loin allons au retour tirons sur la branche accrochée Tout est ici frémissant les bois les rochers les vallons 

 

Aux mains pleines un rang de perle le doigts accroche je suis tu écoutes Nous irons je le demande de peu à loin plus tu tires j’avance as-tu enjambé Tu passes allons plus vite de feuilles à feuilles l’écorce le bois : un œil perdu


02 juillet 2024.

Retour, l’ardeur

Du berger aux bergeronnettes

Ces vers construits à la diable Ne seront jamais déclamés Ni imprimés ni portés Dans la brouette des suppliciés Ils sont pourtant les vers D’une terre en jachère Qui ne connut ni les horribles camps Ni le désastre des guerres Mais les oiseaux des champs Pies mésanges bergeronnettes

vendredi 15 mai 2026

l’ardeur


Personne n’en veut au berger retour abattu abattant tu cherches en vain les traces Je viens battant battu tu tournes tu comprends Les enfants oubliés le saloir la réserve les caves tout est tramé tu ourdis  

 

Encore petits encore plus cela une vie au-devant Les ombres oubliées nous verrons nous allons devant le seuil au tour Te contente pauvre berger heureux plus heureux au sable les traces   

 

Le sel devant ce qui reste le parfum perdu l’élan tenu nous montons Nous descendrons nous remonterons plus petit dis encore Allons je te regarde tu bats les yeux les muscles battent la peau : ô l’ardeur 


02 juillet 2024.

Retour, Avec II

Rêves sans suite
dans la nuit retenue 
le souffle du silence
le poids des ombres 
le calme revenu
le repos absolu

je veille dans mon sommeil

heures perdues 
souffle retenu 
regard déconstruit
jeu de chat gris
graines et mulet
brouillon de l’écrit

je tue le temps de traîne

vie étrange 
le jour tient la nuit 
soleil du matin 
heures en grain 
dos tourné
petite bête

je suis p
ierre perdue 
ici

Avec II


Avec ce qui marche tu tournes tu retiens les rêves la nuit sans suite le souffle Tu te tords : drap j’étouffe le poids des ombres le calme sans repos Je ne dors pas je ne veille pas : tu tiens ce qui te reste tu tournes pour toi-même 

 

Le souffle accordé les heures perdues le souffle je te tiens tu me regardes Nous en étions encore à ce jeu panthère je te tue tu me gouvernes Je ne comprends rien ni graines ni brouillons je te tue tu me traines eau bouillie

 

En grains la vie étrange je regarde tu comprendras un jour tu tiendras la nuit Le soleil le matin les heures en grain on en revient Tu tournes sur le dos sur le côté petite bête pierre perdue à peine nous irons au plus loin : ici


26 juin 2024.

Retour, Avec I

"que dire pour se comprendre"
face aux rêves qui se dérobent

Sommeil interrompu 
Je me réveille 
La poésie de mon
dernier rêve 
tombe dans la prose
sur mon papier
J’entends le bruit
des acouphènes 
grésillements auditifs
qui riment avec phosphènes 
troubles visuels
Oui décidément 
la poésie boîte en prose 
elle a mal à ses pieds

jeudi 14 mai 2026

Avec I


Avec ici une couleur étrange tu penses sincère tu tiens la main tout fondrait je te le jure je pourrai et en dire et en comprendre et en avoir et en mourir Il faut comprendre tu dois je veux et disons ce qui manque ce qui entrave

 

Entraverait ta route maintenant nous sommes presque faibles nous arrivons Nous tiendrons je te choisis je ferme tu cours sur cette route Tu traines au pied le poids du bitume la fleur de sel que dire pour se comprendre 

 

Je te veux si tu l’ignores nous allons je suis sur cette île je prends ce qu’il faut de cette suite étrange d’une si étrange couleur avec la cendre et le ciel bleu pour la vie errante je te suis tu me cherches pour dire encore la liberté


26 juin 2024.

Retour, difficile

On verra les oiseaux 
on les entend de loin 
à chaque instant

le temps est arrêté 
en suspension 
dans le silence 

mots à l’abandon 
d’une vérité fragile 
comme la pensée

la mémoire tourne à l’ivresse
l’histoire est un recommencement

comment conserver au cœur 
la beauté qui attise le regard
et anime la pensée des hommes

difficile


On a vu on verra on croisera les oiseaux le matin les chiens les chats à tout moment en toutes circonstances devant le seuil tout est arrêté tout est en suspension cordes tendues il reste dans le silence il nous reste à explorer 

 

Les mots à l’abandon tu penses : compliqué tu redis difficile principalement car on comprend peu on souffle on soupire c’est compliqué tu reprends difficile plus personne n’ose la chose complexe comme la pensée 

 

Le poids sur des épaules ouvertes je plaque tu surprends il te vient à l’instant des histoires épuisantes le cri des animaux la légèreté des rencontres je compose tu reprends il te revient la simple liberté et en silence enivré : flotte


26 juin 2024  

Retour, duo II

"on dira le temps passé"
Ce petit temps humain passé à l’écrire sur une page d’écolier

Ce petit temps humain qui fait écho aux chansons de l’enfance d’un poète lointain :

pour rire à deux

pour le roi de la nuit

pour trois éléphants roses

Ce petit temps humain qui se décline nuit après nuit sous la lampe d’argile

Couleur de l’invisible

mercredi 13 mai 2026

duo II


On dira le temps passé les ombres oubliées tu nous restes remord bouche amère œil étiré ce qui te reste au corps l’œil plus précieux que le ventre pourtant les viscères comme le cerveau je te cherche tu accroches la peau 

 

Des sensations tu tournes je commence nous sommes en attente les oiseaux tournent tu reviens nous sommes à cœur nous sommes à compte le vent les cailloux les végétaux nombreux tu as un regard et sous le nez tout passerait

 

Ce qui passe les nuages le silence la vie errante et pour monde tout l’univers et puis aussi la liberté chose enivrante je te vois tu me tiens petit et oublié reste de remord la bouche amère l’œil étiré la peau encore lisse je te vois


26 juin 2024.

Retour, duo I

temps passé 
ombres oubliées 
bouche mordue
œil attiré 
peau hâlée 
hanches étroites
cerveau bien fait

oiseaux revenus 
cœur ouvert 
le vent se lève 
les cailloux roulent
les végétaux naissent
les sensations sont fortes
le nez frémit

les nuages passent 
le silence s’installe
vie de bohème 
monde libre 
ivresse 
bouche
œil


je vois 
les mots
leur voie
le silence
du poème

la peau
aime

mardi 12 mai 2026

duo I


On dit le temps passe les ombres sont oubliées tu restes je mords la bouche l’œil étiré -du corps tu accroches la peau l’œil plus précieux que le ventre pourtant les hanches et le cerveau je cherche ce qui va nous accompagner   

 

Tourne commence nous attendons -les oiseaux tournent tu reviens nous sommes à cœur nous comptons le vent les cailloux les végétaux les sensations tu regardes sous le nez voyons ce qui va nous accompagner

 

Les nuages le silence la vie errante le monde pour univers et la liberté chose enivrante je vois tu me tiens petit et oublié un reste de remord la bouche amère l’œil étiré la peau encore je vois ce qui va nous accompagner 


26 juin 2024.

Retour, jardin

"du sel sous le sable"

Un grain de sable se retourne dans le sablier universel la main l’écrit dans le suspens du mouvement dans le silence d’un exercice de style : variations sur les connexions entre la poésie et le temps mesuré par le grain grain des mots sur la page comme une lettre fragile glissée sous la porte après une nuit d’insomnie

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jardin


Si l’on connait ce jardin si on trouve sous les feuilles chacun chacune les pierres oubliées les insectes le sable je tourne tu comprends nous y cherchons les araignées nous tournons nous tenons de rives et de gloires 

 

Des images pour longtemps des choses oubliées du sel sous le sable la vie en abondance eau pure et silence nous allons lentement sous les palmiers nous allons sans attendre nous prenons le temps que prennent les oiseaux 

 

Comprends-tu je le respecte il faut mesurer les étamines les pétales roses d’églantines un reflet pour l’instant des poires pour chaque soif il passe sur ce jardin le souffle du secret l’élan des choses éternelles nous nous rendrons   

    

25 juin 2024.

Retour, à coeur

à cœur étrange
à cœur ouvert - offert 
enchantement des fleurs
décrire le ravissement 
le cœur et son chagrin
le cœur et son bonheur

à la croisée de l’enfance 
aveugles et sourds 
sur le chemin 
cœurs en partance
aux heures creuses
sauvage est le destin 

je me souviens
des jours anciens 
dans les buissons 
les feuilles - les épines 

ton cœur – mon cœur
comme racines