mercredi 4 mars 2026

du sel


I


Et croire sans trembler sans fatigue du sel en poignée : tourne 

un soupçon de sucre dans le cœur Devant cela le craindre tant

ou en mourir L’aurore blanche un soupçon impossible à effacer

 

Du soir au levant la vie dans les étoiles venir ô grand et perdre 

le gravier - la poche est trouée Tu te retiens la main au cœur :

Lisant les planètes tu détailles pour entendre et pour recueillir   

 

En retour je te tiens tu me défies nous sommes du croisement 

La mer à la montagne les fleurs d’oranger et la peau des bêtes 

Sur la haie sur le temps sur le cœur les yeux au bord des lèvres  

II

Tu cours tu perds tu gagnes nous sommes au point 

Les rêves : un chemin un chantier les histoires tournent 

Tu courbes ce qu’il t’en reste pour plonger et ouvrir 

 

Les mains : planches contenues devant les heures  

Je te tiens je le dois nous sommes : il reste le silence 

Je te vois tu résistes nous disons les heures à oublier  

 

Le matin pour le soir tu cherches la vie je trouve  

Le temps passe les jours à exposer au sel la peau 

J’oublie de dire la mer les bateaux les rêves évanouis


III


Sur le devant tu touches la mer un bout de doigts 

Un éperon un crochet tu érafles la peau et tout ce qui dort 

Ce qui se touche le plus petit le plus loin l’avenir Nous partons 

 

pour l’éternité les grandes allées le refuge le calme toujours 

Ce qui nous retourne cette saison revient : on s’en étonnerait

Et ce qui nous reste de plaisir : saisissons soutenons respirons 

 

Au plus tendre nous tournons nous demeurons le plus attentionné 

Nous allons : il approche les bateaux le quai le chien qui garde 

Nous reviendrons peut-être saurons-nous un jour peut-être jamai

 

IV


Sur ce qui a séché tout grandira peut-être les traces griffes et becs 

Oiseaux perdus de boue ou de sable de coquilles vides à approcher 

Nous retenons nous voyons becs ou griffes pattes tordues le silence 

 

Entre les nuages le silence la brise va silence : tout vire tout souffle

Les regrets les mensonges je te vois : ce que tu traces dans la boue 

sèche Tout tourne la dureté griffes os ombres combien de souvenirs

 

Ils étaient vagues ils étaient sans défauts fermes et longs en coquilles 

En noir ou blanc la présence les algues abandonnées le rêve de la fin 

Achevons là il nous reste encore à vivre boue ou nuages le vent tourne.

V

Ce qui reste à dire le doigts sur le sable 

Traçant confondant tu viendrais nous irions 

Lentement les bras tordus : au croisement 

 

A la sensibilité au cœur tu tiendrais précipité

La vue contre le bras tout finirait il reste la force 

Les choses tranquilles avancent : tourne les yeux

 

Tu devines l’ombre derrière : une évidence 

au cœur ce qui est coloré et rouge et bleu 

les rubans au flanc de talus en jaune ou vert


le reste

 

Les perles noires : les gouttes au ruisseau la frange abandonnée 

Ce qui revient incessamment on se voit on se comprend il te voit 

Il te comprend paysage abandonné en ruines ou roseaux ou ronces 

 

Herbes sèches je rentre je comprends tu saisis ce qui tout contient 

Les erreurs les griffures les blessures les vagues débuts : retourne  

Nous avançons nous ne tenons pas et peu ou point au calme à jeter

 

Les gouttes l’eau les ombres dans le silence il nous reste peu très peu 

liberté rare riche suffisante nécessaire arrachons-en les circonstances

goutte d’eau noire perdue abandonnée seule encore viens sans cesse

 

24 avril 2024.

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