Comme
si nous en étions à la dernière heure, chantant et saluant le dernier point, la
seule trace, ce qui reste et restera, je te tiens et tu me bouscules,
éveille-toi, éveille-moi, prend sur ton cœur le sacrifice, grandis pour nous et
suis la route, les heures, les maisons, les jardins, les étangs, vraiment nous
sommes,
en
quête, nous sommes en route, et devant, et commençant, et sans rien perdre,
tout à consommer, et se donnant, et chantant, encore, et encore, d’une clé pour
un trésor, d’un coffre pour des liens, derniers et étranges, et derrière le
rang, et derrière, ultime, tu le dis et tu penses aussi, sublime et derrière,
la
ligne, et au bout du monde tout reste à élever, les herbes du chemin, les
fleurs sauvages, les oiseaux oubliés au bord des toits, lourdes génoises et
corps tremblant, t’en sers-tu, te tiens-tu, tu consommes et
je descends, d’un toit aux ardoises, d’un rang pour un autre, et vivre enfin,
enfin, en liberté, je tourne,
et
tu accélères, temps compté et coin fleuri, et bornes oubliées, pour chanter
seulement, la liberté, tout avance au bruit des tessons entrechoqués, éclatez
et sonnez, et tournez-vous encore, et encore, d’un air, d’un doute, d’une fleur
aux lèvres, lentement, lentement tout t’empoisonne, temps suspendu et compté,
et
devant, en en face, je viens et tu cherches, douterions-nous encore,
serions-nous aussi du voyage, d’un bord vers l’autre, d’un panier vide à un
grenier, je tourne et tu avances, poussière déplacée, tu meurtris les temps,
rêve angoissé, et figure pâle, matin d’oubli et rires calcinés, ivoire sans
ombre,
souffle,
olifant, roc tranché, passage, éveille-toi, éveille-moi, prend sur ton cœur le
sacrifice, suis la route, je descends, d’un toit aux ardoises, d’un rang pour
un autre, vivre enfin, en liberté.
28 août 2021.