vendredi 4 novembre 2022

Retour, "Animal posé. "

Encore
la poussière
le tremblement
rien d’autre
sur le dos

bras ouverts
bouche ravie

ombre du regard
yeux ensoleillés
tête en galaxie

dessins sur le sable
la vie enchante l’air

frisson des veines
murmure des os
le cœur en fête
souvenirs secrets
des nuits défaites

bonheur clair
soleil en croix
saveurs exquises

rien d’autre
encore

Maria Dolores Cano, 04 novembre 2022 à 06h52.

 

Animal posé.

A la poussière encore, encore, et plus encore en poussière, et tremblant, et tremblé, sans rien sur le reste, un dos, un dos et des membres tout à l’emporte-pièce, sens en poussière, et de sac et de corde, bric, et broc, tout enfin pour la fin, des bras ouverts, il te reste, des bouches enchantées, des voix

pour l’avenir, tout au-devant, il te reste du sac et des cordes, au sable, étalé sur le dos, sur les jambes, des ombres, des ombres, et un regard, tout en soutien, tout à l’exploit, les yeux dans le soleil, et la tête, la tête à l’ombre au-devant, en dedans, des murmures et des accords, bric et broc et certitudes,

tu accumules, et rien de rien pour en finir, le dos au sable, et le reste, le reste au soleil, tout à l’emportement, tout au-devant, le dessin, le reste ce qui reste, en restera-t-il encore et pour longtemps, le dos au sable, la vie en avant, le dire pour le dire et faire, faire tu te tiens et tu retiens, on avance, attends,

on en attend du plus profond, et du dire pour le faire, des annonces, tu trembles, on comprend, au tremblement, on agite, on recommence, la tête au soleil, le dos au sable, et animal posé, pour entendre pour comprendre et redire, redire éternellement la même, la même chanson, je ne sais d’où vient,

d’où vient-il, ce mouvement inconnu, ce frisson qui court toutes les veines, il court, il court, il me court et en souvenir tu chantes bouche enchantée, au-devant d’un peuple petit, perdu et secret, qui marche, qui marche, à la douce nuit, au grand soleil, et complice, et joie permanente, ainsi, tu es ainsi,

posé au sable sur le dos, la tête au soleil, en avance, tu n’as jamais, jamais, connu un tel bonheur, le clair soleil, la chaleur immense, immense, et comme ici, encore et encore, pour longtemps, pour toujours des saveurs de beau temps, des jours de certitude, il pourrait être question de dire, de dire : pourtant,

et pourtant je vous dirais que le bonheur, le bonheur existe, de sac et de cordes, bric, et broc, pour la fin, des bras ouverts, des bouches enchantées, des anges au-devant.

17 juillet 2022.

 

jeudi 3 novembre 2022

Animal endormi.

Au sommeil, tu es, assoupi, envahi et tendu, sensation, tu te retiens, pression, tu tournes et tout chavire, d’un bloc à un rocher, de torpeur en surveillance, tu y reviens, tu enfonces, clous dans la chair tendre, et tendrement tu dérives, tu t’empêches, des pierres sous les doigts, serrés, serrant,

les grains aux tendres du paradis et des clous, tu cherches et tu ne trouves, que reste-t-il, il en faut plus et plus encore, du tendre et du sensible, une accumulation et du vrac, tout te cherche et tu ignores, tu sermonnes et tu comprends, comprendrais-tu, du rêve pour l’instant, une accumulation, tu te donnes,

et tu en conviens, y sommes-nous, y venons-nous, du tendre et du sensible, les yeux ouverts au temps gagné, frontière abandonnée, corps perdu dans l’eau claire, je te donne, tu reprends, sommes-nous au temps convenu, au temps pensé, pour joindre et consentir, pour se défendre et comprendre, ouvrant,

en tenant je suis au bout du bout, à la finition, tout est fermé et tout te donne, des graviers sous le pied, pour reprendre encore et encore, un œil, une ouverture, tu donnes et prends, tu te comptes sous les branches, sous les branches, les feuilles retournées, le soleil entre les brindilles, du temps compris,

pour tout compter, et des efforts au fond des poches, des yeux pour l’avenir, du sable pour l’échange, graviers tirés, cœurs enlacés, chemins perdus, tout autour tout commence, vous n’êtes plus, vous n’êtes plus, tout tourne et tout commence, je suis au mouvement, je suis à la prudence, baguette et tremblement,

tout commence et on ignore, de quoi, de quoi, il faut compter sur l’avenir et comptant et recomptant, tu cherches le reste sur les doigts, y gagnons-nous ce qui reste de courage, animal endormi, tu supposes et j’attends à la manœuvre, au changement, tu trembles et tu recommences, endormi, ensommeillé,

ensemencé, sans regard et tout au plus lourd des paupières, tu racles et du fond et des pierres au fond des poches, tu remontes du rêve et du tremblement.    

16 juillet 2022.

mercredi 2 novembre 2022

Retour, "Animal éploré."

On y sera
et
nous y sommes
tout roule pour le roi

sous la pierre
une douleur vive
de rires et de larmes
sans espérance

étoile inaccessible
aurores effeuillées

il n’y a plus rien
pas même ce balancement
qui vous met le cœur à l’heure
(*)

Maria Dolores Cano, 02 novembre 2022 à 08:58. 

(*) L. Ferré

Animal éploré.

On y sera, on y serait et toujours et disant et tendant et accompagnant les rires, tu fuis et tu reprends la pierre, tout roule pour l’ouverture, femmes perdues, perdantes, éplorées, pierre roulée au tombeau, et du roi et du temps, tout en attente, tout en frottements, je tourne et tu appuies et ici encore,

aussi la douleur reste vive, le temps sans embarras, tu cherches une éclosion et de rires et de larmes, que tout vienne et tout ici te prenne, tu en es encore et encore au fragment, l’ambiance est à l’espérance, morceau par morceau, joie et diversité, tu te tournes, tu contemples, morceaux, fragments,

tessons, éclats, et tu composerais, ainsi et ainsi, encore pour encore l’univers rassemblé, la demeure grande ouverte, ouverte en grand, de silence et de frottements, les planches une à une pour déposer la poussière, étoiles et abandon, mort et naissance, fatras et convenances, aux étages, sacs pleins accumulés,

du temps à perdre et des remords en partance, une souris encore et encore, tout se lamente et sont broyés les fétus, pailles éclatées au pied et au poids, le corps enfoncé et de pouvoir et de grains, sur le silence, dans la lumière, yeux ouverts et cœur ardent, tu brûles et tu consumes, on dirait au jardin, enclosure,

ou ouverture, la rose effeuillée exhale, enfants endormis au chaud, la douleur reste vive, le temps sans embarras, tu cherches une éclosion et de rires et de larmes, que tout vienne et tout ici te prenne, tout roule encore la pierre au tombeau, la souris éplorée, le sacrifice, tout ainsi encore et encore, temps,

à l’incertitude, au temps tout passe et la force, la force, toute se dérobe, il n’y aurait ni feu ni lieu, plus de calme, tout passe d’une pierre roulée, les femmes au tombeau les rois abandonnés, les animaux éplorés, la construction et d’une vie et d’une route, de l’angoisse vers la liberté, tu reviens,

j’approuve, temps perdu, ferveur intacte, nous sommes à la barrière, éclosion, enclosure, temps mêlé, paille écrasée, grain oublié, souris absente.    

15 juillet 2022.

mardi 1 novembre 2022

Animal échoué.

J’ai pris, et cela trouble, de la nuit devient du jour, on ose dire, on ose prendre le chemin et les traces, vers la victoire, en avant, en faisant, faisons, le calme et l’attente, espérant et espérant, soufflant et soufflant, contenant du vide sous la peau, du dur entre les dents, il souffle, il souffle, cétacé abandonné,

il souffle, il souffle de la mer à l’eau douce, du présent au futur, à l’encontre, sans retenir, sans comprendre, une expérience sans suite, le fond à l’abandon, tu souffles et tu t’agites, un caillou entre les dents, l’objet pour la rencontre, je te passe, je te donne, file et joins, cherche sur le sable, animal échoué,

tu grattes et tu retiens, des différences, des regards, du cœur et des joies pures, tu retiens, tu noues, fil d’or, le fil d’or à broder, à servir, à orner, à reprendre, sur chaque place, sur chaque trace, un fil posé et un nœud, tu te retiens et de l’entournure au dénouement, le péril reconduit, l’humeur transparente,

des choses et des lois, du rire et du drame, un bloc, un bloc pour te reprendre et dire à ta place, à ta place, ici un autre disait : bienveillamment souriront aux époux, les époux, cordes arrachées, les ou aux, peu à peu, pas à pas, les cordes sont dénouées, les poches vidées, la tête pleine, comme si, comme,

un tien respire, une victoire enfin, les yeux bleus, il reste de la place, il chante le regard, il tourne le destin, tu es sorti pleurant, et tu grandis encore et encore, cœur éploré et geste large, tu respires et tu détends, d’un air pour l’autre, de la chance vers la moitié de la nuit qui devient jour, qui tourne, et recommence,

au passé, au présent, à la certitude, au temps compté, au renouveau, tu agrafes, cœur en émoi, pensée secrète, peau martyrisée, chaleur sans retour, la nuit, la nuit immense et les étoiles, les souvenirs, au fond de l’eau au fond du temps, cœur perdu et joie immense, tu retiens et j’arrive, peau frottée,

joie avalée, cœur reconnu, dans le soleil, dans le vent, de l’eau qui coule et, du temps pour penser le reste, animal échoué.

13 juillet 2022.


Retour, "Chez Maria Dolores, 1,2,3,4."

Ô
les oiseaux
entre espérance
et les ronces

dans le ciel
d'os est le cœur 

Maria Dolores Cano, 31 octobre 2022 à 10:17.