mercredi 5 février 2020

Village : Tout passe.

Village.


Tout passe.

Un aboiement, tout passe, tout passerait, et je ne me lasse, sur l’eau tiède, des reflets, des éclats, la nuit quitte le jour, des cœurs émus, des sons pensés, ils tirent au loin et rament : les bateliers, barque dorée, ombre précise, au flanc, au tronc, à l’âme sans atours, aux corps emmaillotés,

aux mains enrubannées, ils filent la tendresse et boivent de longues gorgées, eau sucrée, eau tranquille, aux rames la splendeur et tout tire sous le vent, dans le soleil, corps émus, mains tendues, tu te retires et tu contemples, dans ton coin d’ombre, le plus facile pour éviter la mort, tout tirer,

pour entendre les fleurs des aubépines loin, aube et peine, tout bien mélangé, une espérance, une révolte, des mots pour beaucoup d’autres et des tensions, des larmes vives, la joie est brûlante, les corps sont durs, ils tombent et relèvent, ils dansent et s’emploient utilement, sans rudesse, le tendre,

le posé, le sensible, il est au premier banc, il rame vers la rive, épaules nues, mains dorées, tout tient au cœur, le sens du courant, le fil de l’eau, bois en main et couteau dans la poche, affûté et sensible, lame de fond et arme blanche, tendues, tendues, une espérance : la vie est encore à commencer,

sans rien attendre et sans voir, les sens affûtés et avec courage, la mort est loin, les pieds glissent dans l’eau, sur les planches noires, sur le sable, dans les rochers, ils tournent et invitent, cœurs à donner, corps affolés et tout en envie de se dire : désirez moi, soyez ensemble, blancs et noirs et blonds

et charmants, sans nuages, capitaines et bateliers, vous êtes à jour, la rente est versée, sans ombre, sans toit, sans rosier et dans les aubépines, ils sont attendus, ils y sont, ils tournent et tranchent, fil de lame, couteau à briser, je reste là et je réclame, cœurs amoureux, corps éloignés, lame à trancher,

ils tournent encore et je refuse la main, le pied, le corps et l’âme à dire et dire encore, je suis ici et je vous tiens, vous y êtes venus et enlacés, dans le bateau, sur les marches, dans la pente, sur la rive, au sable, sous le vent, les cœurs échappent, la voie est libre et à son élan tout encore et tout

encore, on tranche et vivement dans le soleil, dans le vent, dans la peine encore vive, sur le devant, dans le soleil derrière l’ombre, tout chavire, le bois, les rames, les sacs, le linge tout à la ligne, tout au cordeau, on trace au jardin un rang de persil, et soif immense et intensément du temps on devine

le goût, un peu de sel sur la paupière, le vent le tient, il est absent, il tourne fort, une image pour une autre, dans ce jardin et au bord de l’eau, ils rament et coupent, soutenez, soutenez, il faut accepter et compter, la vie, la joie et tout ses entourages, sur le devant dans le soleil, l’été sans fin,

il fera beau, en soif, ils chanteront les bateleurs, les jours comptés, les raisins mûrs et tout cela vaut le dernier, le fil du temps, le grand courage, respirez, accélérez, il fera beau au vent, au large, en reflets, en éclats, un aboiement, tout passe.

16 Août 2014.

mardi 4 février 2020

Saison absente.

Au tout absent, tout absent du monde, tout est vaincu, d’un temps à l’autre, des fleurs en tout, pour voir et pour entendre, je suis au bout du cœur, je viens de l’autre rive, les rayons et les pointes, les yeux cernés, la bouche ouverte, tu es levé, tu es écrit, tu rentres, tu sors, tu forces ton habitude,

d’une saison à cette certitude, tu chantes encore la raison, l’air est froid et on chante, j’ai mal dormi, je suis au bord de la route, dans le temps, une fresque de joie, la peur immobile, j’avoue un pied pour l’autre, un souvenir de chenilles, d’oiseaux morts, d’insectes desséchés tenant aux joncs,

tout au vent se balance, un souvenir au regard clair, la bouche couverte, une main pour trembler, un genou pour ployer, il bouge, bouge le ciel de la reconnaissance, tout tient, tout tord, tout arrache des éclats à la lumière, les herbes séchées, une saison voilée, le cœur, les nuages, l’air, le haut,

les plumes tournent, tout est accroché, et tire un peu du fond de l’âme, les voiles légères, des outils rouillés, des fruits entassés sous les arbres, on dirait tout, ces choses, les fruits pourrissants, les arbres trop vieux, la tête vide pour accueillir la lumière et le sens de toutes ces choses, pour comprendre,

le corps changé, l’allure solennelle, je tiens à moi et je dépose au long du jour un temps vaincu, une vie certaine, à l’ombre les cailloux, ailleurs les évidences, le chantier et le bruit, les outils, tout se tait et en silence résonne, au jardin courbé, tout est en place, tout est sur le tard, en abandon,

en choses mortes, les fruits, les corps éloignés, la bataille en tout, et tout seulement, le sens, le doigt, la main, le bras, tout indique, il faut, il faut aller devant, aller là-bas, courir encore et arracher les voiles, l’errance, ce qui nuit, gène, la vie, le jour, la soif, un monde oublié, de solitude et obscurité,

il faut, il faut voir plus loin, le changer et le toucher, au jardin clos, les yeux ouverts, le froid, la fin des choses, et tout achever, arracher, au loin pour lire, entendre, et dire, dire, toujours la vie, l’amour, le calme, le repos, il vient, il va et tout tourne, je viens de l’autre rive, j’ai franchi un horizon,

ce que je compte : le sens, l’âme dans le froid trouvée au matin, les yeux saisis, la bouche ouverte, et dans l’ombre : les cailloux, et dans les mains : l’eau claire. Il faut, il faut avancer et retourner tout devant, au tout présent.

16 Août 2014.

lundi 3 février 2020

Si c’est.

On gagne vers la profondeur, on perd vers la légèreté, je tiens, je viens, je tourne et j’éloigne, sincère et plus encore, tout en dedans, tout à l’avant, posé, serré, tenu. La feuille, la branche, on vole, sous le vent, on est ravi, charmé, cueilli, pointé, tu es en charge, tu es en haut, tu hisses la

voile, le drapeau, la bannière et contemples, tout flotte, et danse, le vent au vent, tu souffles les doigts, tu sais, tu tiens, tu voles et chaque moment, chaque, chaque tu es en rafale tu es à dire et à faire, sans bouger plus que le doigt un après l’autre et un cerceau de doigts écartés cercle

le vent et tu souffles, briseur de rêve, racleur de songes, fleur perdue, toile tendue, tout flotte et tu commences, tu ne refuse rien et tout tu chantes, tu vibres et tout tourne et en tourbillonnant tombent, tombent les feuilles, pour la saison nouvelle, les fleurs envolées, les traces perdues,

les cœurs oubliés, ô, les yeux croisés, tu reviens et tout vibre entre, les doigts ouverts en cercle, le vent souffle, entre, et tu sors et tu te tiens sur la route, en chemin, fleur envolée, cœur croisé, pied oublié, regard égaré, croix en avant et tout te tourne et tu te penches et tu n’hésites pas on avance,

on avance, on y tient, on y va, le vent, le vent et tu chantes la légèreté, la profondeur, le temps passé et tout ce qui revient la joie surtout, après les batailles et puis le temps passé, perdu tout est à oublier, tout est perdu et sensiblement tu te décides, tu arracheras, tu tordras et le nez et la bouche,

les mains, les pieds, le corps ni nu, ni vêtu, oublié dans la solitude, je tiens, je viens et tu voles, vent perdu, cœur éloigné, poitrine soulevée sur le devant, dans le temps qui monte, dans la vérité établie, les petits restent petit et un cœur éloigné reste bien loin sur le devant, il reste le temps,

perdu de solitude nue, de fers cloués aux murs, pieds trop lourds et inutiles, profonds et légers, dans le devant, au loin, sur le chemin la tête roule, le cœur soupire et tu chantes la nuit, le jour qui peut, qui peut et la peur et les jambes et les yeux perdus, pour encore et encore, oublier et trembler,

comme si le froid venu la saison changée les mains délaissées, les cœurs effacés, la vie tourmentée, on faisait, on fait et tout du temps tient tout à cette mesure, cheveux au vent et tout légèrement se déplace, cœur perdu pieds croisés, tout tremble et rien ne s’accroche, le froid, la clarté, l’air au passage,

au passage, doigts écartés et cercle pour la mémoire.

15 Août 2014.

dimanche 2 février 2020

Franz.


Retour, à couper.

neuf haïkus approximatifs

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Sans points sans ligne
sans ratures de lumière
la joie est douce

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Sans parler aux fleurs
éclaboussures d’étoiles
rires revenus

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La corde tendue
la mort dans son suaire
coquille du serpent

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La vie suspendue
parole sous la pierre
aveux arrachés

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Douleur de pierre
rature de la vague
le cœur est à nu

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Larmes de sang noir
le jour boucle la fête
oiseaux en allés

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Armes au repos
la musique boit les os
la lumière est là

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Yeux bleus en herbe
la bataille est souffrance
de chagrins croisés

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Le jour et la nuit
le matin retient les nues
appel du pardon


Maria Dolores Cano, 01 février 2020 à 12:08. ici.

Cherches-tu.

Tiens-tu la perche, tends-tu le bras, il tourne, il tourne et passe au chemin le sans courage, le perdu qui tremble, tend le bras, tiens la perche, l’air est froid, comme si on avait mal dormi, comme si on n’écoutait pas, comme si toutes ces histoires étaient bruit et fureur, à résoudre dans le silence,

oublies-tu, cherches-tu encore et puis encore, pense : l’air est frais, le soleil haut, orient invisible d’un occident lointain, tiens-tu, vois-tu, sais-tu, un orient invisible, un bras tendu et un chemin, on tourne, on évite, une hésitation, un tremblement pour ne rien dévoiler, et un bandeau sur la lumière,

l’air est frais, la main au bout du bras, tendu, on avance, un à l’autre, tout regardant, tout mêlant, la vie, la mort, les certitudes, au rocher, au vallon, dans la pente, dans cet escalier, les voiles sont levés, ouvrez les masques et contez vos errements, habitudes certaines, certitudes de loin venues,

et on applique et on attend, un pas, un pas encore, de l’un à l’autre, pour oublier et pour reprendre, la main pour toutes choses, corde nouée, éclat de rire, il faut franchement se retourner, pour faiblesse, pour ardeur, un océan de raisons mortes, sur le devant le sable, le sel, qui tournent au ciel,

oiseaux et une vie qui passe en tremblant, à chaque regard, pour chaque parole, cœur oublié et pied meurtri, une sensation, les idiots avancent et les plus beaux sont en avant, un pas encore et ils seront tous plus beaux que leurs mères, une insulte familière illustre le jour venu, on court à la visite,

on avance et on écarte, les branches, les cailloux, la route est longue et on bifurque, langue fourchue, œil en avant, on souffle, on racle, la terre, le sable, les feuilles esseulées, tout brille et tout enchanterait, les idiots passent la main tenue, le cœur serré, la bouche ouverte, ouverte, et salive,

respire, tiens-tu, vois-tu, meurs-tu, on échange, on croise, les yeux, les dents et la bouche ouverte, cœur fermé, on insulte facilement, sans joie, sans plaisir, cœurs oubliés, mains ouvertes, pieds tordus, la vérité est en avance, tu tiens ta perche, tu tends ton bras, tu tournes, et passes au chemin

sans courage, perdu qui tremble, tu tends le bras, tu tiens la perche, l’air est froid, comme si tu avais mal dormi, comme si tu n’écoutais pas, comme si toute ces histoires, de bruit, de fureur, réglaient le silence, tu oublies, tu cherches encore et puis encore, tu penses, l’air est frais, le soleil,

haut, l’orient invisible, tu es d’un occident lointain, tu tiens, tu vois, tu sais, à l’orient invisible, un bras tendu et un chemin, tu tournes, tu évites, une hésitation, un tremblement pour ne rien dévoiler, pour trembler à chaque regard, pour chaque parole, cœur oublié, pied meurtri, illustrent le jour.

14 Août 2014.

samedi 1 février 2020

A couper.

Sans points, sans traits, sans ratures, tu te disperses et tu arroses, ô douceur lente, ô joie retenue, tu coules en choses sûres, en champs ouverts, en doigts écartés, pour ouvrir un gouffre dans la lumière, pour saluer la peur et vaincre les nuages, la certitude, il est si triste et recommence,

sans voir, sans entendre, sans parler, sans fleurs à son jardin, sans rires sous ses pieds, figure forcée, un chemin dans le pays, des tessons abandonnés, tout entrave et encombre, en soi, dominer la vie, la mort et les éclaboussures, souliers jetés, lacets au vent, tu es posé sur le devant, tiens-tu

en toi les cordes et les manches, pieds tordus et souillés, tu ne marches plus, engendre, engendre des cadavres, poses déposes des suaires, des linceuls, serpent tu meurs, dans ton ombre, tout ruisselle, une coquille, des yeux perdus, des figues gonflent sous la pluie, on laisse venir à soi la pire

des choses, on cherche, on tourne, on établit, les plans sont résolus, la vie est arrêtée, je vois, j’entends, toutes ces choses et leurs noms sous les pierres, tout est sale, tout est prévu, les corps, les dents, la peau tout est arraché et l’air disperse, tout aveu est dérisoire, sans points, sans traits, sans

ratures, un temps sans vague, sans oubli, une pensée pour un pauvre mort, ils sont partis ils sont au loin et on torture et on se donne du cœur à oublier, des ruisseaux à contempler, sans rien autour, sans grandir, sans, douleur de pierre et regrets de verre, tout à briser, tout à comprendre, la vie,

le sang et le reste, on oubliera les larmes, et tout donner, tout prendre et attendre, attendre, un jour de jugement, un jour de fête, des boucles aux souliers, des cheveux sans force, du vent dans les branches et le linge, mouillé, séché, les oiseaux passent, et tout dire, sans points, sans traits, sans

ratures, sans raison, sans repos, sans projets, sans armes, un massacre pourtant, des os brisés, des yeux de fou, et de la musique, et tout y passe, une note après l’autre, de la volonté, du courage, de la vertu à joindre à la certitude, le temps est clair, la route brille, tout est forcé, tout est

arraché, la main, les yeux et les herbes sauvages, graines et foins, paille perdue, odeur de bois et de bataille, on arrache, on brûle, on souffre, on évacue, tout est brisé et tout y est, le chagrin, la chaleur, l’oubli et le pardon, on avance, on croise, on recommence, on est en face, et on demande

et de tout on veut recevoir, le jour, la nuit, au matin, on compte et on soupire, donnez moi encore, je vois, j’entends et plus rien ne se pardonne, je veux et je retiens, je ne veux rien perdre, et tout cela tourne et encombre.

13 Août 2014.