jeudi 12 janvier 2023

Retour,"De monde et de terre."

Respirer le vaste monde le grand désordre les paroles mûres et les hauts murs pierre de lune naufrage de sable le monde écrit de l'impossible au coin de l’œil les ruines du ciel en un seul trait et en apnée seul un trait du ciel en ruine et l’œil en coin de l'impossible écrit du monde sable et naufrage lune de pierre murs de paroles en désordre d'un monde si vaste ... respirons

Maria Dolores Cano, 12 janvier 2023 à 11:07.

mardi 10 janvier 2023

De monde et de terre.

Enfin respirer et comprendre, je suis ici et d’ici, je vois et je considère, tenu au respect et au secret, sidéré, sidérant, et grand, sur ce point du monde, nous échappons aux foules, nous tournons sur un point, entre le plus bas et le plus haut, et seuls ou presque, deux du moins, et, de plus, et, sur cette rive,

sur ce point de monde et de terre, nous sommes aveugles, et sourds, au reste, au fracas, d’une situation, d’une histoire, de restes, de ressources, de conditions, nous sommes aveugles, et aveuglants, et perdus, et perdants, la confiance aveugle, d’aveuglés, au départ et nus, et mus, partis, par et pour, émus,

qui et quoi, qui et quoi, comment est en avance, il ne reste rien pour en dire, il en reste des paroles incertaines, d’un mur infranchissable, d’une raison, qui va, qui va rester obscure, la lumière et l’obscurité, chemin faisant, ils ont construit la confiance, nous en sommes, nous y sommes et gardiens, et gardés,

et ceux qui cheminent sous les étoiles, d’un coin de monde, tu as franchi l’espace et le temps, tu finirais sur cette bosse de sable et de vent, et pointant, et emprunté, et tournant, tu ne trouves, ni restes, ni mesures, ni cran à desserrer, tu cherches, tout est organisé autour, autour, de toi et du reste,

une table à débarrasser, un chemin à daller, de pierres et de rêves, tout au-devant, tout en avant, pour éviter le naufrage, les pieds sur le sable, la tête au bord de l’eau, tu vas, entre, ce qui monte et ce qui descend, tu reprends et tu restes, marcheur aveuglé, tu vises la lune en premier, et les étoiles,

impossibles à décrire et à nommer, nous sommes seuls, ou presque et ce coin de monde, nous retient et fixe nos regards, rien n’est perdu, et tout ici, ici est renouvelé, les pas, les traces, les émois, et nus et mus, et émus, d’émotions en éblouissements, de rêves en partage, frapper, marcher et aller droit,

au-devant, le destin, je suis ici et d’ici, je vois et je considère, sur cette bosse de sable et de vent, et pointant, et emprunté, et tournant, emprunté, qui, te rendras.   

13 août 2022.

dimanche 8 janvier 2023

Retour,"Referme le sac."

Le vent en promenade sous les arbres, compte et recompte ses victoires anciennes. Chemin du ciel, poudre d'argent, la vie tressée pour les absents. La rive est conquérante, traces silencieuses d'une enfance aux pieds nus. Images d'un autre âge, venues d'un pays bleu où le vide et le plein étaient frères jumeaux. Tant d'années nous séparent de ces jours heureux. Aujourd'hui il nous reste nos yeux pour pleurer, et nos rêves pour combler nos cœurs désabusés.

Il reste l'enfance, ses pieds nus sur le sable ou dans l'herbe si fraîche. Il nous reste les traces d'un monde à retrouver.

Maria Dolores Cano, 08 janvier 2023 à 10:57.

samedi 7 janvier 2023

Referme le sac.

Et donné pour perdu, à combattre et combattu, pour finir et entendre, je suis ici et d’ici le vent souffle, il faut voir et comprendre, compter les formes lointaines, respecter les troncs accumulés, les monceaux d’osier et de branches à croiser, je forme, tu agrafes, griffant, tu tiens, tenant, simplement,

respect, il suffit de tenir ce que l’on tient, de lancer ce qui est rejeté, tournant, faiblissant, je te tiens et tu parles au-devant, comprenant la vie, tu cherches le chemin, tu couvres le ciel, ombre portée, pour le retour, je suis, fourbu, trainant, cloche-pied, tu rêves, tu te déplies, pour le retour des absents,

oubliés, ils ont conquis la rive, ailleurs, conquérants, soutenus, tu espères encore un retour, tu définis une aventure, silencieux, confirmé, tu cherches sur l’asphalte la trace des pieds nus, dans ces enfances, là, le pied était pour marquer l’espace, brûlé, brûlant, ardent, tu te sers une histoire, tenu, ailleurs,

je referme le sac, les images sont autres, ici je trouve, je viens du pays des moments heureux, des sourires, sources perdues, il te faut comprendre, accélérer, la course à la renverse, le temps passe, passé, ardent, tu cherches, tu combles le vide pour le reste du monde, ils sont perdus, ils sont brûlés,

le pied dans la rue à quinze heures, il était quinze heures, le temps était redoutable, le pied nu imprimé sur le sol chauffé, chauffant, il reste un nom perdu, une histoire calme, sans rien autour, sans rien dedans, des yeux pour pleurer, des rêves pour remplir le creux de chaque visage, la rue est silencieuse,

il reste la marque d’un pied nu, du souvenir des enfants égarés, de la vie commencée, des questions à poser, des réponses qui viendront, qui viendront de trop loin, pour trop tard, ce qui ne compte plus, ce qui est regrettable, le temps perçu, la vie commence, enfant perdu, le pied chauffé, noir,

sur l’asphalte, une prise de guerre, un compte pour l’éternité, à finir et entendre, je suis ici et d’ici le vent souffle, il te reste à trouver une trace.  

12 août 2022.

jeudi 5 janvier 2023

Retour,"Se dit, se doit."

Ce doigt qui dit
écoute la vallée
ce qui monte
vers le ciel
tu verras
le partage
des eaux
et des forêts
la coupe est
encore pleine
le sommeil
des justes
et le souvenir simple
d'images ciselées
le souffle
et la ferveur
des pleurs d'un été
gouttes en extase
incipit griffonné
tout commence
et se tait
dans l'obscurité
sous les masques
bergamasques
jouant du luth
les yeux cendrés
ce doigt qui dit
la peur noire
dans la mare
un jour de pluie
tu n'en reviendras pas
de cette terre aride
toi qui rêvais d'oiseaux
de livres et d'images
et de baisers volés

tes sanglots longs
dans le parc glacé
et cette chanson d'automne
sur la margelle posée
noient nos amours en allés

Maria Dolores Cano, 05 janvier 2023 à 11:34.

mercredi 4 janvier 2023

Se dit, se doit.

Ce qui se dit, se doit, ce qui monte, ce qui descend, d’une vallée pour une autre, ce qui montera, ce qui sera aplani, de loin en loin, les routes éloignées, les courbes et les angles rectifiés, tu diras et verras, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, en avant, en avant, tu montes et tu descends,

tu renouvelles le partage, une forêt sombre, un bois épais, et d’ombre double à tourner, tu doubles et redoubles, comme on disait, coupe et recoupe, comme nous dormons, ce jour tu montes et tu descends et remontes, il te reste, il te reste à équilibrer la force, en bas, en haut, dormons, les souvenirs tournent,

retournent, il en reste, il en reste, ta force en équilibre, les images sont affichées, le souffle comme une balle sur un jet d’eau, cela parlait et cela disait, tu en étais presque en extase, les jets d’eau et les sarabandes, les yeux las, nous dormons, la gerbe d’eau verse, se dit, se doit, verse, tout tombe,

nous dormons, comme une averse, de vastes pleurs, oh, toi, et ainsi, écoutons la plainte éternelle qui gémit, bassin et eau, et gouttes suspendues, qui gémit, éternellement en attente, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, tu griffonnes et tout commence, tout recommencerait, y être, ensuite,

faire un choix et un pas dans l’obscurité, je tourne et me noie, je retire le masque, mes yeux, mes, tes, nos, leurs, nous y sommes, nous en sommes, à prendre des cailloux et des pièces, au fond, au fond de la mare, tu appelles, tu es en attente, un jour, se dit, se doit, un jour la pluie, tristes, et beaux,

viendrions-nous, de cette terre sèche, ferions-nous rêver les oiseaux, tout sanglote, tout est déplacé, d’un parc à une margelle, chansons posées, en recueil, sur le marbre, il se disait rose, rose, les tourterelles, et les baisers envolés, il n’est plus l’heure, il n’est plus temps, pourtant dans un livre de chansons,

nous dormons, nous dormons, ensemble, une balle dans l’eau, les oiseaux, tout boirait, tout chanterait, goutte pour goutte et frissons, je te cherche et tu me noies, et pourtant, nous dormons ensemble.    

11 août 2022.

dimanche 1 janvier 2023

Retour,"Condition future."

Sur ce qui reste
aux années si lourdes

il faut saisir
la lumière entre les doigts
il faut entendre
le vent au cœur


entre les flammes il faut chanter
entre les branches il faut rêver

entre les feuilles la vérité
et l’espérance des jours d'après

il faut saisir
il faut entendre
il faut aimer le jour qui vient

Maria Dolores Cano, 01 janvier 2023 à 10:02.