mardi 20 décembre 2022

Et ci, et là.

Et se verraient portés sur le devant, témoignant je gagnerais, je serais dans la clarté, et toi loin, au loin, dans l’ombre, tu chercherais, et devant, tout au reste, du côté où la terre est encombrée de cailloux, ou le sol est le plus sec, de cette aridité, de ce silence noir, tout pèse, et conditionne, tout va et avance,

de pierres en pierres, nous sommes portés, et devant le plus terrible, et l’immensité, tu te calmerais presque pour absorber, pour voir et venir, pour simuler, et tout comprendre, l’eau goutte à goutte, le sel évaporé, la peau meurtrie, le soleil brûle simplement, pierres terribles et genoux noirs, le flanc touché,

tout reste à dire, contenir l’âme en évidence, tu te sers, et tu supportes le sol trop sec, une araignée, un affolement, une veuve terrible, et pleine, pleine de secousses, tu te maintiens, tu renouvelles, la vie avancée, chaque pas précède, tu vas au-devant, et tu remplis la main de fleurs, le sac de pierres,

la peau emportée, les murailles ajourées, le sel trop loin, et tout converge sans retenue, il n’y a pas de distance, je suis cela, je suis ici, et devant tout, et en avance, je cherche, et tu me trouves loin, bien loin, que sommes-nous et qu’en restera-t-il, j’ai vu le jour et je vois ceci et cela, on cherche dans le sable,

un reste de honte, que sommes-nous, et nous y allons, au-devant, dans ce qui reste impossible, tu te cherches, et surtout tu ne vois pas la clef, il reste à dire, il reste à faire, et disant tout, et sentant mieux, tu renouvelles à chaque saison les échecs, et pour le temps à venir, il faudra, il te faudra, déplacer,

en cela, et couvrir ceci, et ci, et là, que reste-t-il encore, du sable, des oiseaux en détresse, et des feuilles séchées, une aventure, sur la bouche les mots entrechoqués, je cherche et tu trouves, oiseau tombé, tu restes là sous les branches, les feuilles sèchent, les arbres meurent en morceaux, aventure perdue,

au retour, les yeux noyés, ils cherchent l’eau, ils cherchent la fraîcheur et trouvent, trouvent, le feu porté sur le devant.

06 août 2022.

samedi 17 décembre 2022

Et ardent, et ardant.

Tu reprends et pied et poids sur le devant, dans le tournant, il reste les évidences et les apparitions, oiseaux au ciel, serpents dans les herbes et lézards, tout fuit et recommence, et cachés, et serrés, et tournés, sur eux-mêmes, ils se détournent, tout encore et encore se plaint, et accélère le retour,

la connaissance, les longs regards portés sur les étoiles, et la dimension cachée, les intentions, il reste à tout comprendre : les étoiles en haut et les sources tout bas, et ce silence court et ce silence tient, il tourne et il retourne, et tout posé, et confondu tu échappes, et rien ne te retient, et tu sers,  

et tu consens, tu tournes sur toi-même, bateau accaparé, substance dévoyée, remords et compliments, et certitudes, tout affole, ce réel, ce maintien, ce bagage déposé, tu charges trop, au large, confondu à la terre, retourné, tu fouilles le sol, serres les cailloux, griffes et racles, tu es ici encore,

pour longtemps, encore et encore, à dire les étoiles, à choisir les oiseaux, à cueillir aux arbres les fruits oubliés, et aux épines relancer les mûres, les écorces, les feuilles, et puis voici, il en serait aisé, il en serait aimable, ce petit cœur qui use et qui reçois, qui brûle et se noie, Anonymedans la chaleur, les mots,

porté et ardent, et ardant, je brûle, je meurs et me noie, au retour, la connaissance portant le feu, tu es porté, et brûlant, tu restes brûlé, d’un monde vers un autre et d’un paysage à un oubli, je suis serein et ici je m’impose, nous sommes au-devant, nous sommes en appui, nous venons, venant,

nous tenons, de branche en branche, monde et paysage, rêves et souvenirs, nous usons ici et encore, nos cœurs et nos raisons à qui peut mieux à qui peut plus, sur le devant, sur les lignes et dans la volonté d’un, à un, à tu et nous, et vôtres, je suis dans l’apparence de la sincérité, et voleur, et menteur,

et tricheur, tu perds et tu gagnes, tu ne sais encore où vont ces éclairs, il te reste du temps et de la volonté, les souvenirs, la peau offerte, mains venues et griffes au bout des doigts, serais-tu donc le bien le plus espéré, la douleur la plus féconde, chose perdue et retrouvée, il reste des apparitions et des évidences,

oiseaux au ciel, serpents dans les herbes et lézards, tout fuit et recommence, enfin, une présence retrouvée.

05 août 2022.

jeudi 15 décembre 2022

Retour," Va mourir. Que du sommeil reviennent."

"Au temps un peu plus sombre", il écrit pour lever le jour. L’air est broyé en ce matin d’été, un silence béni envahit l’atmosphère. Une histoire d’hier au secret absolu, une perle de lune oublieuse des nuits. Le sommeil est grand dans les gorges du temps, la mort est vertueuse quand elle glisse sur l’étang. Le désir est plus grand que le ciel, les étoiles et le grand océan. Sur les chemins de cendre il dit ce qu’il écrit, et écrit ce qu’il dit, pour le partage des eaux et la joie des cristaux.
"Ce qui fut sans lumière"*, parmi les choses dites, parmi les choses écrites, est ici l’aube du mot.

*Yves Bonnefoy

 Maria Dolores Cano, 14 décembre 2022 à 19:08.

  Va mourir. Cœur intranquille.

Cœur intranquille.

Et dormant et finissant, de rives en rives, et de nuages en étoiles, il te reste, frappé au cœur, le sang et l’amertume, tu vois et tu deviens, de rives en rives, de nuages en étoiles, tu es frappé, et retenu, cœur éraillé, tu ne reconnais ni feuilles ni sourires, des dépôts et le temps, les larmes contenues,

tu vas et vas donc, tu ne veux rien dire et rien faire, va mourir et cherche sur ton dos la marque du fouet, tu reviens, et tu penses quelle étrange histoire, le dos pour le fouet, et les chansons pour l’aventure, tu te donnes et tu tiens, et devant et derrière, tu cherches, et allant, tu vas un chemin sans idées,

sans trouvailles, sans souvenirs, et pourtant tu y penses, le dos pour le fouet, et les aventures sur les rives, il te reste le monde à parcourir, encore et encore, et devant les eaux rassemblées, devant les portes entr’ouvertes il te reste des années, tu tiens, tenant à point, tu fermes et tu composes, composant,

les yeux ouverts, la bouche blanche et les dents qui oscillent, le cœur amoindri moins ferme et moins accroché, tu te rêves, bouche blanche et cœur intranquille, dents perdues au calme, aux regrets, tu cherches et tu devines une vie à venir, des gestes à garder, et tu vas et tu y vas, et va mourir,

sur une rive, de temps en temps, as-tu pris de l’eau, la route est chaude, le ciel immense te respire, il te faut comprendre et entendre la vie sur le retour, le temps pour oublier, et faire, faire ainsi, à chaque fois c’est comme, comme, la dernière, et la première fois, nous y venons, nous y sommes et venus,

étant, pour faire comme si, comme s’il n’y avait aucun retour, cœur intranquille, refusé au détour des vagues, agité de vents contraires, tenu et retrouvé, tu cherches et tu respires, achevons, achevant, tu restes au loin et je te considère, et tu retiens le temps, et tu cherches la trace, au-delà des nuages,

au-delà de la mer, de rives en rives, et de nuages en étoiles, si tu ne cherches plus, si tu restes dans l’ombre, si du calme tu viens, et reste en repos, alors, alors les yeux ouverts, la bouche blanche et les dents qui oscillent, de nuages en étoiles, va mourir.                    

04 août 2022.

mercredi 14 décembre 2022

  Va mourir. Que du sommeil reviennent.


Que du sommeil reviennent.

Et reviens, tu viendras, dans l’air qui force, dans l’air qui broie, qui tourne et recommence, au temps chaud, au temps des certitudes, nous attendons la vengeance et le châtiment, et tu le serais pour ta témérité, histoire ancienne, et dans l’air de force et de silence absolu, tu le serais pour ta témérité, par la chaleur,

comme des enfants cernés par l’amour, nous sommes, nous y sommes et devenons, tu confies et tu acceptes, et de feu et de sang, et gorges noires, tu cherches, sang et feu, ils y étaient, et venus, et gardés, et rendus, l’état est pitoyable, cela ne marque rien, rien ne se lance, tu ne rebondis pas, tenu tenant,

tu ne tiens sur rien, marchand d’oranges et d’éponges, sur la terre et les ondes, tu tournes, tournes, et tu ne dis rien, ni flamme, ni douceur, ni rien de ce qui croise, ni rien de ce qui retiens, et te dénonce, les paroles affreuses, les mots sans suite, pour longtemps le châtiment sur les ombres ouvertes,  

sur les chemins de feu, les rayons descendus, il tournoie et s’évapore, et tendu et serré, et devant la maison sur le banc de pierre il étend ses jambes, et touche l’avenir, et dire, si tout cela est simple, dire, presque trop bête et sans beaucoup, beaucoup, d’envergure tu reviens, il dit, tu te plains, il dit, disant,

va mourir, tu ne veux rien en dire, tu ne veux rien en faire, il faut recommencer, il faut aller au feu, il faut se souvenir et reprendre souffle, du feu et des cailloux, et des paroles fluides, que tout s’avance, que tout avance et ferme les yeux et la bouche, il faut que l’air avance, il faut que du sommeil reviennent

les sanglots, nous étions, nous étions et nous y serons, pour le reste du voyage, à travers les forêts de flamme et de stupeur, et pensant bien, et venant vite, tu te fermes et tu dis encore et encore : les flammes obscurément trahissent mon chemin, lumière en ténèbres, chaleur en froidure,

tu viendras, dans l’air qui force, dans l’air qui broie, qui tourne et recommence, au temps chaud, au temps un peu plus sombre.

04 août 2022.

mardi 13 décembre 2022

Va mourir. Et dieu.

Et dieu.

Il devient, redevient, apparait, un dieu de vengeance et de châtiment, si tu refuses l’effort, va mourir, cesse, cesse de geindre, il faut, il faut l’effort et le courage, la crainte, la crainte est le début de la sagesse, venons-y, retournons-y, tu es embarrassé, et dieu, et force, le châtiment, la vengeance,

ce qui revient, de nous au loin, au plus loin, au profond, je te tiens, tu encourages, et dieu, il reste le vengeur, il reste la force violente, violemment tu reçois ce qui reste, et ce qui reste, de sagesse, en avant, sur le dos, un dos pour le fouet, des murmures, où va la liberté, où se trouvent tes fantaisies,

et revenant, et retournant, tu cherches, et fouillant tu trouves, la peur et l’impression, prudemment tu retournes, et tu couvres ton dos, ton âme, tes erreurs, tu redoutes, la peur n’éloigne pas le danger, tu fermes, tu contiens, à qui t’adresses-tu, tu tournes et tu acceptes, et bâtons, et lanières, et corps perdus,

je te tiens et tu ignores, il baisse un peu le bras, il frappe au-devant, un coup, un coup, et encore, et encore, abattu et rompu, attaché aux branches, tu es pendu et tu comprends, il reste, reste, des images, du sentiment, des évidences, un retour d’air trop chaud, des gouttes d’eau, il en manque, il en manque,

attendu, entretenu, soulevé et battu, le feu te tient, tu es au bord, au bord, du toit et de l’absence, il se venge, tu es vaincu, ne reste que la, que la poussière, je suis ici et au-delà, en haut, en bas, et en avance, sans rien tenir, sans rien avoir, comprendre la contrainte, tu reviens, tu retournes, tu tords,

tu abandonnes, tu déclines, tu cherches et parles, parles, de vengeance, de coups rendus, d’œil arraché, au bord, du toit et de l’absence, il devient, redevient, apparait, un dieu de vengeance et de châtiment, à qui t’adresses-tu, tu tournes et tu acceptes, et bâtons, et lanières, et corps perdus,

dans la peur, un lendemain, au matin coupe, coupe l’herbe qui te reste, à qui t’adresses-tu, tu tournes et tu acceptes et bâtons et lanières et corps perdus.

04 août 2022.

lundi 12 décembre 2022

Retour,"Retour,"De plage. II." "

"courant sur le sable les grains d'un (fragmant) de poème"

Tous mes fragments sont des entrées dont on ne sort pas. Il doit y avoir une explication que je ne donnerai pas ici, naturellement. J’ai mieux à faire que de confier au papier ces confidences d’écrivains qui étalent à longueur de pages leurs démêlés avec leur œuvre. Écrire des fragments me libère de la prétention d’écrire une œuvre. J’ouvre des instants de vie, des plages sur lesquelles je ne fais que passer, comme un courant d’air, le soleil rond que l’on peut regarder quand il plonge dans la mer, le soupir sur la partition d’un musicien…et le reste qui est hors de toute littérature.

Jean Jacques Dorio, 12 décembre 2022 à 01:51.

fragment et non le frac en queue de pie et la mante de ma bergère O tour eiffel

Jean Jacques Dorio, 12 décembre 2022 à 01:55.