mercredi 4 novembre 2020

Et je et tu.

Je suis, j'en suis et rien encore ne le prouve, un pan, une coulée, un morceau dérobé, et transi, et souffrant j'en suis ici, et de tout je m'accorde, je suis ici perdu, et je regrette bien, et l'amertume et les coups à la face, la vie rendue, tout du ciel est dommage, je tourne, je deviens, je ne comprends pas où sont, où,

les yeux, où est la tête, et tout te tient et tout te rend, et tu tournes, tout ici est répété, à coup, à coup de pieds et de marteau, tu heurtes, tu heurtes, tu ne rends ni coup, ni cicatrice, tu reçois, tu reprends, et toujours tout te donnes, tu ne comprends rien, il est forcé, il est en route, tu cherches, cherches,

une ouverture, je suis ici, je suis tenu, et je reprends et je commandes au ciel la douceur, à la terre le pardon, pour un lien perdu, pour une source reconnue, je suis ici et ici je tremble, et je tiens tout, et tu réclames des cailloux, et puis, et puis on ose rendre grâce, et honorer, je cherche, et je trouve, et grâce et honneurs,

face perdue, œil arraché tu te tournes, et tout encore te reprends, et te perds, une effroyable certitude, tu monterais, tu monterais, et tout de tout te suivrais, et la nuit, et le jour, et les monts, et les vagues, et le soleil, et les étoiles, tu es perdu, et d'éblouissement en éblouissement, tu te confies et tu retardes le sentiment,

ici reprendre, tout est à prendre, la chaleur trop tôt venue, et la peur même, et bleue, et froide, je suis ici, et tout tourne, le monde est fermé, un pan de mur, et noir, et jaune, et de la surface desséchée, des fleurs et des épines, et le vaste regret, je suis ici, et je ne comprends pas, ou plus, et tout ensemble est refusé,

les mains griffées, les pieds, raclés, la vie en fuite, le temps perdu, tu ne dis rien et tu ne penses plus, soleil oublié, astres perdus, et tu prends de l'âge, les yeux oubliés et les mains déjà tenues, les cœurs éloignés, et tout cela, les souvenirs, la certitude, on est passé à côté du port, on est ici pour dire le massacre,

avons-nous tenu les promesses, avons-nous rendu les honneurs, tout ce qui est parti, tout ce qui est en oubli, il faut, il faut tenir parfois, parfois ne rien comprendre, ne rien dire et tout récupérer, les souvenirs, les goûts et les désirs, je suis ici et je recommence, matin trop chaud, le doute véritable, ou certitude,

le temps est mou, tout est médiocre moyen perdu, fleurs évitées, on se reprend, on est complice, je fabrique au mieux les échecs, tout est à retenir, la peur, le doute, et les erreurs pour un petit matin tragique et désabusé, je suis, j'en suis, et rien encore ne le prouve, un pan, une coulée, morceau dérobé et transi,

souffrant, j'en suis ici, et de tout je m'accorde, je suis ici perdu et je regrette bien, et l'amertume, et les coups à la face, la vie, tu parles, tu traînes et tu ne tiens rien, ni personne, au ciel la douceur, à la terre le pardon, pour un lien perdu, pour une source reconnue, je suis ici et ici je tremble, je tiens tout, et tout,

tu réclames des cailloux, tu te confies et tu retardes le sentiment, tout est à prendre la chaleur trop tôt venue, et la peur même, et bleue, et froide, je suis ici et tout tourne.

26 juillet 2019.

mardi 3 novembre 2020

Et réponds rien.

Une longue épreuve, et le revers de chaque médaille, la vie en plomb et la traversée, océan pacifique et balcon sur, et sur, je suis ici et ici je songe, monde inconnu et cœur abandonné, tu te retiens et tu agrippes, qu'en faire encore et plus, est-ce possible, tout est rare, tout nous attend, la rumeur le ressac,

le nœud qui coule sur la rive, je suis ici et je t'attends, parais et avance, je suis au premier tremblement, il a posé un jalon, il a semé et graines et feuilles à venir, pour imposer ce qui est dans le carré, et carré j'arrondis les angles, tu es venu, et d'océans, l'un sur l'autre, tu cherches et renouvelles les feuilles éloignées,

les fleurs sans retour d'un océan à l'autre, d‘une histoire encore, et encore, tout est posé sur le sable, la joie et les tourments, tu es ici et d'ici tu retournes, il a taillé les branches trop vives, et du carré il fait un rond, d'un tôt il fait un tard, le pas cède, la vie se déplace entre les cordes, entre les monuments,

cœur insensible tu déplaces le rien et les cailloux, tu penses et réponds, rien, il est venu le temps pour oublier, refondre et déposer, et couler, d'une main le sable, je suis ici et d'ici tout avance, la vie, les regards et la joie, je suis le chemin et en tout te repense, tu es venu, tu tiens ce qui tient, rend ce qui est dû,

un tôt, un tard, une figure sur le sable, corps perdus et traces à effacer, une longue épreuve et le revers de chaque médaille, la vie en plomb et la traversée, océan pacifique et balcon, j'avance et je réclame, il laisse frotter, un bâton, une ligne sur le côté, et la marque des pieds, tout traîne et tout te donne,

et tu pense et repense au monde, résumé à rien, on avance, on condamne et on tient, tout est à cribler, tout est à dire, et pour le faire laisse les anges dans les coins, tout est encore sur le doute, sur le, sur le, ou dans, ou dans, j'en suis ici, j'en suis là-bas, je cherche, je clame, je redoute, tout encore vient en avant,

et de loin et du prochain tu te tournes, tendu et tu t'enchantes, où sont les fruits, où vont mes dents, chair souple et frissons, je mords, je mords et je me rends, j'en suis encore à ce voyage, premier toujours et toujours effacé, je suis ici et sur l'eau j'avance, tu rames et tu espères, et tout enfin sera, sera dit, vaincu,

évacué tout flotte, et tout tient, et damné, tout te damnes et tu ignores, une longue épreuve, et le revers de chaque médaille, la vie en plomb et la traversée, océan pacifique et balcon, j'avance et tout est plein, les habitudes et les surprises, tu fermes, tu ouvres les yeux, les yeux sur l'âge venu, sur le cœur

sur la montagne qui avance et avancé tu t'éloignes, en même temps, où sont les fleurs, où sont les fruits, tu cherches et tu te donnes, et d'un panier rempli tu fais un renouveau, j'avance, je suis seul et de tout je tiens et profite, dents affamées et cœur troublé, la peau est souple, le pied léger, tu cherches, tu consoles

les affligés et les perdus, une longue épreuve et le revers de chaque médaille, la vie en plomb et la traversée, océan pacifique et balcon, cœur insensible tu déplaces le rien et les cailloux, tu penses et réponds, rien.

25 juillet 2019.

lundi 2 novembre 2020

Retour, ô.

Ô !
Sans bruit,
respirer.

Maria Dolores Cano,  02 novembre 2020 à 09:16. ici.

Ô.

Ô, laisse-moi,

sans bruit, sans cri,
cœur fidèle, respirer.

25 juillet 2019 à 06:55.

dimanche 1 novembre 2020

Une fin de semaine pour Maria Dolores, retour, je chuinte. ( Et du rocher)

Eau salée de la mer Rouge
majestueuse clarté des rives

un doigt posé sur le rivage
ferveur venue d’un autre âge
instants de grâce au firmament

éblouissement

corps en apesanteur
plus soutenu par l’air
qu’un souffle dans le ciel

le temps respire le pied au sol
la porte du jour ouvre à la vie

au début la dernière page
un accomplissement en bout de ligne
ni regrets ni remords ni repentir

yeux éclairés et cœur en paix

le jour s’en va la vie est lente
et l’espérance si captivante 

Maria Dolores Cano, 01 novembre 2020 à 10:02. ici.

De paradis et d'enfer, pour un jour de remarque.

Notre Père qui êtes aux cieux,
Restez-y!
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l’Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Éparpillées
Émerveillées elles-mêmes d’être de telles merveilles
Et qui n’osent se l’avouer
Comme une jolie fille nue qui n’ose pas se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leurs tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde
Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs
reître
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant l’acier des
canons.

Jacques Prévert.

Je chuinte. ( Et du rocher)

Je ferme et j'atténue et pour moi seul je veux comprendre, nous étions, nous étions, et tordus et portés, l'eau salée, la mer bouge, et tordus, et portés, nous sommes dans le flot des eaux en assemblée, je sens la grandeur et l'empire et la majestueuse clarté, je suis ici, et ici je veux vivre, et tenir, et compter, et reprendre,

un doigt après un doigt, une ferveur sur une autre, d'éblouissements en éblouissements, et posés et tenus, cœurs tordus dans l'eau claire, corps posés et reconnus, je chuinte ton nom et je rappelle et je commande, l'abandon à venir, les instants éternels, les brefs moments et les images soudaines, éblouissements,

d'éblouissements en éblouissements, je suis ici et je commence et je sens le poids du corps sur l'eau plus soutenu plus soutenu qu'un vol qu'un vol et on ne dira ni la fin ni le début, je suis ici et ici tout commence et tout reviens et tout part encore, eaux assemblées, la courroie tient le mât et les images renversent,

il est venu le temps du corps suspendu, je tiens, tu tiens et dans l'eau claire le pied au sol, la main posée, épaules et hanches, je suis ici et ici tout respire et rien ne tient, le temps est compté, je cherche, tu cherches et rien ne trouve, nous sommes posés, entre nous, entre, plus soutenus et ainsi, ainsi, rien ne dira,

ni le début, ni la fin, il y sera et nous serons à l'accomplissement, aux regrets perdus, aux erreurs achevées, pour effacer, pour oublier et rendre, rendre encore, la foi cernée, le désir perdu, je suis au début de l'effacement, nous sommes au charme des choses irréversibles, les yeux oubliés, les cœurs arrachés,

et tout ici se dit en modestes, modestes majuscules, il est venu et il est incompréhensible, rien ne tient, et les corps soutenus dans les eaux en assemblée, plus soutenus, reviennent au départ et couvrent l'espérance, j'en suis encore à tenir, à tenir, laissez-moi, laissez-moi respirer, respirer pour dire, dire :

ô, jour, je chuinte ton nom.

24 juillet 2019.