En attendant le mois d'Avril.
vendredi 27 mars 2020
Ô, pauvres morts. VI.
Petit monde sans vertus.
I
Où les eaux sont partagées, on demeure et on croit, soleil serré, mains déplacées, on croise, on espère, on tranche, on entend et tout bruisse, devant, en haut, au plus long, un plafond, une voûte, tout, ensemble et bruissant, pour s’y noyer, eaux assemblées, mats réunis, un trouble, une atmosphère.
Une saison lente, lente, de ciel bleu, de chaleur et de travail, au travail, au monde, inconstante, sans rien franchir, sans donner suite, sans entendre la voix, elle monte.
II
Les morts sont morts, pauvres et bien petits, et pierre sur pierre, et sort pour sort, l’avenir est en marche, dans la rue, ruelle sans défaut, dans la rue, petit peuple inconstant, sans joies et sans vertus, tu te reposes, tu te refends, mur posé là, pierre sur pierre et dans la rue en caravane, les chiens y passent, sans collier, sans armures, au-devant, en avant, une impression, une inconstance, un petit monde sans vertus.
Tout est à effacer, tout est encore à comprendre, de la vie, des bruits, des pierres posées une sur l’autre, et tout en vibration, et tout en attente, tout au contact, un petit monde et de petites familles, tout au-devant dans l’ombre dure, des effets lancés, des histoires de joie et d’espérance.
III
Dans le ravin, au contact, un pied posé, une défense, un coup porté, des toiles, tout vole, pierres sur pierres, et chiens qui passent, une envie, tout pour faire et pour accomplir, un temps compté, une espérance folle et droite, adroitement tranchée, posée, les années comptent et encore, et malgré, tout est à venir.
Une lame pour briser, une quille pour fendre les eaux assemblées, terre ouverte, pauvres morts abandonnés et tout pour brûler et rassembler, cendres éparses et cœur fendu, une histoire, un temps compté, chaque pas compte, une rue, un chien passe et tout encore va en traces, en cœurs abandonnés, pauvres morts débarrassés, la corde est à rendre, toiles tendues, eaux rassemblées, les barques tournent.
IV
Cerbère et Charon ensemble, toute la peur bue, toute la honte éloignée, les morts sont bercés et tranquilles.
Sur le côté, tout avance et se cherchent les yeux ouverts, les mains tendues, tout.
Ensemble, gardien et passeur, on respire, morts de poussière et mains tendues, tout avance et tout te cherche, et petit monde, et petites gens, et cœurs perdus sans vertu, sans espérance, âmes pour grandir, tout passe et tout s’oublie, les morts, les mains, les cœurs perdus.
V
Les morts sont morts, pauvres et bien petits et pierre sur pierre et sort pour sort, l’avenir est en marche, dans la rue, ruelle sans défaut, dans la rue, petit peuple inconséquent, sans joies et sans vertus, tu te reposes, tu te refends, mur posé là, pierre sur pierre et circulation, dans la rue en caravane.
Au corps tremblé, tout passe et tout attend, petit monde sans vertus.
03 Août 2015.
jeudi 26 mars 2020
Retour, pecora et armenta, jour infiniment tordu.
Sept haïkus approximatifs
--
1
Le temps d’une vie
les héros égratignent
la fierté du jour
__
Parfum de sauge
soleil bleu et ciel marin
oiseaux naufragés
2
Les herbes volent
vrombissement d’insectes
l’oreille aux aguets
__
Au loin la rumeur
des troupeaux sur la route
le cœur résonne
__
Une lune bleue
silencieuse dans la nuit
ses pleurs se sont tus
3
Genoux écorchés
au ciel tremblement de cœur
des feuilles brûlées
__
Comptage du temps
et d’une vie sans retour
à travers les mers
Maria Dolores Cano, 26 mars 2020 à 11:47. ici.
--
1
Le temps d’une vie
les héros égratignent
la fierté du jour
__
Parfum de sauge
soleil bleu et ciel marin
oiseaux naufragés
2
Les herbes volent
vrombissement d’insectes
l’oreille aux aguets
__
Au loin la rumeur
des troupeaux sur la route
le cœur résonne
__
Une lune bleue
silencieuse dans la nuit
ses pleurs se sont tus
3
Genoux écorchés
au ciel tremblement de cœur
des feuilles brûlées
__
Comptage du temps
et d’une vie sans retour
à travers les mers
Maria Dolores Cano, 26 mars 2020 à 11:47. ici.
Pecora et armenta, jour infiniment tordu.
I
Ce qu’il faut : que le temps remplace par une autre, l’histoire qui égratigne, jour perdu, jour tordu, une histoire plus simple de fraîcheur et de héros, sur l’eau ils passent et tout ils abandonnent, du sang et de la fierté et des odeurs perdues de mer et d’aventure, soleil levé, genoux ployés au sable, sous la surface, une histoire silencieuse et tout silencieusement remplace, les uns adorés et bannis et le nouveau dans plus d’espace.
Au remplacement, les adorés perdus, tout est retiré, il n’y a plus de supplice, du fond, du loin, tout remonte et se fixe, parfums de sauge et d’améthyste, soleil levé, genoux ployés, temps suspendu plus haut plus loin, ne te retourne pas et respire plus fort, le ciel tremble et tu vis, avance et vois le bleu, si haut, si loin, toujours à dire, tout déployé et mûr et à comprendre, quand reverrais-je hélas, et tout cette histoire, oh, quand, des mains, des yeux, des pieds, de toute la peau, il y a encore tout le reste à comprendre et sur le sable et sous la surface des choses oubliées, des batailles et plus quelques naufrages, oiseau tu laisses les autres marquer ton paysage, cœur perdu et voix petite, tu tords infiniment un jour.
II
Un jour en plus, aux environs tout tourne et défigure, les herbes sèches, les cailloux, les insectes qui volent, le grand et le petit troupeau, simple détail et vis-à-vis de circonstance, le grand et le petit bétail qui suit sur la route, les yeux ouverts et la bouche fermée, mâchez et remâchez, devinez la rumeur, tendez l’oreille, un bruit court sur le sable, une chanson déposée au cœur, et le monde en entier est cerné, des pieds encore sont posés sur la poussière et les cœurs ont tressailli, l’éternité souffle, une histoire égratigne, une autre prend place, tout en haut, tout en dehors, tu cherches et tu contiens, le souffle et le regard perdus au bleu du ciel, une histoire plus simple et plus sensible, de silencieux héros qui passent sur la mer et d’adorés perdus qu’on ne retrouve plus.
Le temps est à l’abandon, la mer ira au noir porter au ciel la lune bleue, tout est en remplacement et tout est en abandon, plus de cris, plus de pleurs, le temps, il le faudra, remplacera l’histoire.
III
Les genoux écorchés, les lèvres séchées au soleil qui brûle les feuilles, au ciel tremblant, le cœur intact, tu banniras les uns et tu trouveras d’autres pour déployer tes voiles et dire tes chansons.
Un cœur nouveau, environné de chaleur, l’espace est plus grand si le temps est plus court, tu comptes sur tes doigts, tu cherches, quand reverrais-je, hélas, ce que tu as vu partir sans retour, au ciel levé, est inscrit sur les voiles, bateaux, raisons, tout armé d’espérance, tu penses maintenant :
il faut traverser la mer.
02 Août 2015.
mercredi 25 mars 2020
Le jour est tordu.
I
Enfin, on dit : parle, on avance et en avance pour tout révéler et se reconnaître, tu n’es plus, plus aussi important, ton compte est au jour, la vie se passe de toi et tout en son sommeil, on compte les étoiles, la lune est bleue et le jour est tordu en arabesque et espérance, le compte est au jour, la pluie lave beaucoup de choses, du neuf et du neuf, tout est au jour et l’air plus librement circule, d’une branche à l’avenir, tout allant et tout prévenu, les insectes tournent et tout au ciel murmure : écoutez nos chansons, oubliez vos vivants, les morts comptent plus, d’un monde si loin tout est à dire, l’avenir, les étoiles, un rêve avancé, une espérance toute en certitude, et tout à volonté, tu tournes et tous évitent ton regard, fleur de miel et joue salée, tu comptes au ciel les étoiles et tu cherches.
II
Ils sont petits et plus encore, tout est en retard, tout te bascule de l’oubli, des pas aveugles dans la poussière, os brisés et figure figée, joue salée, tout est ravagé et tout au temps te retient, un en plus, un pour plus et tu comptes les morts abandonnés, petite chose, les os brisés, le cœur noué, tu t’accroches et tu t’obstines, sur le devant, sans rien aux environs, tout change de sens et tourne, une contradiction, une erreur, tous t’ont parlé et abandonné.
III
Tu es abandonné, sans rien, sans joie, d’une petite voix, d’une toute petite voix, tu racles l’air et ne dis rien, d’autres en parlent, ils sont enfin en avance, et toi tu vas compter ton retard, d’une petite voix, tu cherches et d’autres touts petits te suivront, le succès est facile, tout est abandonné, ta vie, tes morts, bientôt tu seras effacé de tous les livres, sans mal et sans regret, qui donc sait lire et écrire, petite voix, petit pays, petit croyant, tout est maigre et faible, on mange froid, on mange sans ardeur et ton compte est terrible.
IV
Un soir de solitude, un soir sans avenir, seul et seul tristement, tu regardes et tu te caches, quand pousse l’horizon du plus loin, du plus grand, tout est trop élevé, trop fort, tu n’y comprends plus rien, tu tournes et tu changes de sens, en direction contraire, tu ne veux plus regarder, tu ne veux que souffrir et supporter, tout est reproche, tout est abandon et le plus petit te tient, et tout te sera volé.
V
Complainte de pendu, complainte de cœur aride, un soulier blessé, une histoire, tout change et tu changes de pied, et tu changes de sens, aux autres la grandeur et sur toi toute la fin, en place, en dégoût, en ennui mortel, un pas, un pas et d’autres portent ton eau et tous ils volent, goutte à goutte et pied tendu, dans la boue sèche, dans l’herbe fanée, il ne te reste plus de force pour tenir le rang que tu as choisi, il te faudra attendre, il te faudra supplier et te défendre, petit, tout petit, tous te voleront et tu seras seul pour le partage, sans âge, sans chansons, plus de miel, plus de sel sur la joue et tu seras aussi un nom à oublier.
02 Août 2015.
mardi 24 mars 2020
Jour tordu et jour frais.
I
On dit la joie immense, le jour tordu et le pied au sol, l’un suffit, le tout est ensemble, à la hauteur des genoux et du nombril, les genoux au nombril, une chose étrange et imprécise, tordu contre un poteau, genoux et nombril, en mélanges, sans cesse.
Sans doute serais-tu un peu plus froissé et un peu plus serein, jambe tendue , à ton habitude, sans rien pour prévenir, le poteau retient ta chute, tu cherches et trouves un peu plus de liberté et le bonheur sans réserve, tu retiens bien une affaire et une autre, autre époque, autre voie, tu sièges et cercles le poteau, bois poli, jambe torse, nombril écrasé, tout est serré, une jambe pour l’autre, un appel pour l’air.
Et l’homme de son village est en terre, ah, voilà du bon et du sauvage, il est du pays et tout à son avantage, un jour fleuri de fleurs tordues, un jour sans entraves, plus rien n’est à couper, il n’y a plus et tout est fait.
II
Tout recommencera, de lune bleue en lune pleine, de jour certain en habitudes tout est remontant, tout est à distance, les genoux, le nombril, le poteau, le bois poli et une écharde seule, pique, pique le bras, morte dans la peau qui reste blanche, le tout est à venir, le tout est à mordre, à arracher sans crainte, peau vive et doigt tendu.
Contre le fil du bois, une paire : des jambes, le tout est en avance, le jour la nuit, le bien, le mal, au joli mois, l’été resplendit, une saison parfaite, et parfaitement tout tremble, le tout fut agité, une lune bleue, la lune double, doublée jusqu’ici, tu reviens et je tourne, le bras cercle le poteau.
Au bois poli et la bouche close, les dents serrées, bien fort serrées et jusqu’ici, toujours une épine qui creuse le bras, dans la peau restée blanche, sans cesse, sans souci, saignée au coude, sans peur et sans avance, pas de distance, l’épaule au poteau, le genoux au nombril.
III
Un maître arrivé parle, le disciple est là, une calebasse, les circonstances, le maître montre la lune et on voit, le bleu du soir, le bleu de nuit, une circonstance imprévue, le disciple est en avance, il n’a pas regardé le doigt, lune bleue, lune doublée du dernier au premier, jours tordus, et circonstances nouvelles.
Pauvre, pauvre, tu recommences, un jour tordu et une joie immense, un collier et des fleurs tu cherches et tu trouves, le jour tordu et le jour frais tout heureux et sans crainte, le bras au poteau, au bois poli, les genoux au nombril, une calebasse et des circonstances, lune double et toute bleue, sans peur.
La parole calme et la voix paisible, au dehors, au-dedans le double est mis, un coin de peau blanche où l’épine mord, le doigt montre la lune, les yeux voient le bleu de la nuit, au jour venu avec son disciple et des chansons, on dit, on donne le tout pour les uns et pour les lointains, ô, deux voix et seules, pour une avance de jours heureux.
01 Août 2015.
lundi 23 mars 2020
Retour, tordre et retordre un jour tordu.
racler le palimpseste des volières et des
plumiers
plumiers
racler rasclar frotter le cul de la casserole et des
« effarés »
« noirs dans la neige et dans la brume au
« noirs dans la neige et dans la brume au
grand soupirail qui s’allume »
racler les poèmes enfouis dans les cervelles des
vieux enfants
aux cheveux blancs qui comme les chouettes
vieux enfants
aux cheveux blancs qui comme les chouettes
Inscription à :
Articles (Atom)
tourterelles