sans retenue
tu me vois
œil embarrassé
que l’on cloue
corps renversé
tu bascules
sous les branches
je te vois
mardi 15 novembre 2022
Retour, "Ombre redoublée."
lundi 14 novembre 2022
Ombre redoublée.
Et réservé, tenu d’une rive sur l’autre, un poids à saisir, une action au-devant te renouvelle, au-devant, alentour, en continu, sans précaution, sans retenue, sans avantages, tu bats : de feu et de sang des tissus de pourpre et de lune, une envie, une retenue, au comble, et plus encore, et encore,
d’un paroxysme à une évidence, je te cherche et tu tiens, main ferme et œil dans l’ombre, dans un coin, alentour et connivence, dans un recoin, je te donne et tu me vois, y serons-nous, y vivrons-nous, tout au-devant, tout en attente, on accumule et on se découvre, je te donne, tu me prends, j’en suis, encore,
encore à l’heure de la première pente, du premier sacrifice, du premier deuil, du premier moment, fortune tombée, œil embarrassé, tu tournes, tu prends les paroles qui ne sont que des paroles, et vraiment, vraiment rien, et tu enfonces un clou, un clou, du bois pour les planches, et de haute, haute, futaie,
il n’y aura ni rien, ni reste, les cercueils que l’on cloue, les paroles répétées, les, que l’on, paroles, cercueils, sans rien, ni reste, on avoue, on regrette, et temps perdu, plus rien pour arrêter, et le bras et la main, temps en suspension, et reste, sciure au pied et arbre détaché, tu te reprends, tu te replies,
tu donnes encore et encore, plus rien que : le, que le, je te vois et tu enchantes, au plus loin, au plus haut, les restes dispersés, et le vide sous les branches, feuilles à l’envers, corps renversé, tu te donnes et tu comptes les gouttes une à une, rosée perdue, frisson pour commencer, bois épais, ombre redoublée,
je te tiens et tu bascules, corps inversé, pied dans le sable, les bateaux passent, tu reviens et je te donne sous les branches, sous les feuilles, au chaud, au plus grand, au terrible, soleil levé, cœur détrempé de frisson et de trouble, la chaleur pourrait te noyer, pourrait te dire : tu avances et encore, encore,
le, que le, la sagesse récompensée, les yeux accumulés, je te vois, je te tiens et tu prends de l’ombre sous le feuillage, un abri dans l’illusion.
24 juillet 2022.
dimanche 13 novembre 2022
Retours,"De mémoire en mémoire."
La
mémoire va sans attendre, et sans retour. Consolation et gratitude. Les
eaux de pluie s’écoulent, croissantes et troubles, demandant à
l’improbable de duper le vraisemblable.
Fleur au fusil refaire
le monde, suivre les sentiers de la déraison. Relire l’histoire, saisir
les mains de la terre et les laver de son sang, panser ses
meurtrissures. Le temps nous révèle l’incontrôlable et l’écœurement.
L’amour
est une illusion en ce monde où l’homme ne conçoit que des projets
dévastateurs. Plus de pitié, ni de miséricorde, le mal est semé et
récoltons la terreur. Nos cris restent vains.
Il nous reste la
mémoire, le souvenir des belles choses où chaque mot était une phrase,
et chaque phrase un vivant poème. Va. Va, le monde est un espoir, le
monde est notre histoire, le monde est la mémoire.
Maria Dolores Cano, 12 novembre 2022 à 11:42.
Dans la folie recluse
Où j'étais enfermée,
Ma mémoire en intruse
Vient de se réveiller.
Dans ma vie sans soleil,
Ma mémoire appareille
Vers un passé soleil,
Sur fond rouge vermeil.
Ma mémoire me diffuse
Des images confuses
Et je m'en éblouis
Et je les reconstruis.
Ma mémoire me balance
Le mal de votre absence,
Ce souvenir d'enfer
Me brûle à ciel ouvert.
Mémoire
D'un autre temps,
D'une autre vie,
Tu me reviens.
Dans l'eau du paysage,
Se mirent vos visages.
Mémoire
Des aubes pâles,
Des matins pâles,
Tu me fais mal
Mais tu ramènes doucement
Ma vie recommencée.
Ô mémoire
Au bout de mes doigts,
J'entends et je vois
L'image d'un paysage dévasté.
Comment ai-je pu quitter
Ce que j'ai tant aimé ?
Ô mémoire,
Tu me reviens.
Tout me revient.
Écrire mes mémoires
Avec de l'encre noire
Sur un papier lilas
Que je n'enverrai pas,
Parler des jours de gloire,
Des soirs de désespoir
Et boire ma vie
Jusqu'à l'oubli.
Mémoire
D'un autre temps,
D'une autre vie,
Tu me reviens.
Dans l'eau du paysage,
se mirent des visages.
Mémoire
Des aubes pâles,
Des matins pâles,
Tu me fait mal
Quand tu ramènes vers moi
Ceux qui ne sont plus là.
Dans ma vie de recluse
Je me revois parfois,
Sur la scène de l’Écluse,
Faisant mes premiers pas.
Dans mes nuits sans sommeil,
Ma mémoire appareille
Sur un passé soleil
Au fond rouge vermeil.
Ma mémoire me diffuse
Des images confuses,
Et des visages, vos visages,
Vos visages, mirages.
Mémoire
D'un autre temps,
D'une autre vie,
Tu me reviens.
Au bout de mes doigts,
C'est vous que je vois.
Mirages,
Oh, ne partez-pas, ne craignez rien.
Je suis restée l'étrangère
Que vous aimiez naguère.
Ce fut un long détour
Avant que revienne.
J'ai bouclé mon parcours.
J'ai traversé la Seine.
Ce fut un long détour
Mais chanter me ramène
A deux pas de l’Écluse,
A deux pas de la Seine
Où chante ma mémoire,
Ô mémoire...
vendredi 11 novembre 2022
De mémoire en mémoire.
Et tout va, et tout va bien, je suis ici et tout va, tout va bien, on ira, on y sera, et en avant, du plus loin au plus droit, sans retour et sans attente, tu te démènes et tu comprends, encore et encore, nous serons, nous serons, de plain-pied, de certitudes en reconnaissances, les eaux écoulées avec les astres,
à demeure, je suis, tu es, ensuite et pour longtemps, de fleurs en fleurs, d’espérances en habitudes, je te suis, tu me prends encore, je recommence, de plus en plus, sans savoir, nous venons tous, nous comprenons, refaire et redire, trembler et déraisonner, et loin, loin de l’unisson, à l’endroit, ici nous sommes,
tout encore est complété, tout au-devant, un début, une histoire achevée, commencée, il se souvient devant qu’être à la ville, une histoire pour commencer, de sel et d’éponges, de sec et d’humidité, les eaux en partance, les ânes sur la route, la langue traîne, je suis tendu, je recommence, une fois était,
une fois il y était, je compose, je compose, la raison du plus fort, les plus petits que soi, que soi, les lions et les rats, les cochets, les chats, les souriceaux, cet âge est sans pitié, deux, deux pigeons s’aimaient d’amour tendre, tendre et tendrement, l’amour, un mal qui répand la terreur, crions haro,
criez haro, haro, sur le baudet, et de villes et de champs, achevons, achevons, et tout ici se compose, et tout ici recommence, je suis sur le devant, et depuis, sur la solution, sur chaque mot, sur chaque phrase, je te tiens, je te devine, tu iras encore et encore mieux, bien mieux, ne bouge, ni pied,
ni manche, les bosses au contour, tu te souviens de la fontaine et du ménage, deux pigeons, ils s’aimaient et d’amour et de tendresse, je te donnerai, je te prendrai, tu iras et je ne finirai, une condition, une suspension, tu cherches et tu trouves, de mémoire en mémoire, et les nasses,
les filets, les rets, une pensée, un jeune corps dans un grillage, au fond, au fond du lac, je te tiens et tu commentes.
21 juillet 2022.
jeudi 10 novembre 2022
Retour, "Au croisement."
Au croisement
d’une génération
le noir encore
pauvres ombres
la nuit recommence
le monde encore
construit reconstruit
à la charge
au pied du lit
encore le désir
les certitudes
en serions-nous
encore au poids de plume
sans conclusion
dans l’eau froide
sur le bord de la nuit
sans espoir
au croisement des étoiles
mercredi 9 novembre 2022
Au croisement.
Et pour dire encore et encore, il a posé sa nuit sur la table, d’une génération pour une autre, de retour, complétement, de saut en saut, et de courbures en prières, ils sont étranges et étrangement, il affirme le noir tombé au revers du chevet, tire, tire, donc et tout ici et ici et encore cherra, nous resterons,
y serons-nous encore, pauvres choses sans figures, sans ombres et sans allant, du plus terrible et du plus complet combat on n’ose penser carnage, toute une nuit déposée sur la table, un chevet, du bord et du coin tout vient et recommence, bord, coin et recoin et l’ombre, l’ombre encore et encore posée
sur tes genoux, sur le devant sans rien entendre, il ne se passe rien, il ne commence rien et pourtant, pourtant le monde est construit, encore et encore, construit, reconstruit, tout avance et tout commence, des yeux et des épaules, comment passer des yeux aux épaules, du regard à la charge, tout,
tout ici, comme ici, le poids de chaque nuit gisait au pied du lit, je tourne, je tourne et tu affectes et tu composes, encore et encore du terrible et des angoisses, envies et complaisances, désir et finitude, tu compares le point du jour et ce qui reste de certitudes, je suis, je suis, et ici pour encore, et encore,
penser, je commande et tu accours, en serions-nous, encore et encore au poids de plume sur le dos, un poids, un poids sur le dos, sur les mains, à la poitrine, dans l’échancrure, je te cherche et tu reviens ici et ici comprendre et chercher, j’ai posé tout une nuit au rebord de la table, chevet sans conclusion,
allure encore sûre et serments revenus, tu obscurcis en somme, en somme, nous tenons, nous cherchons, nous marchons dans l’eau froide, à la source, obscurément tendu, tout posé sur le bord de la table, je te tiens et tu me quittes, nuit sans espoir, l’ombre posée, le jour perdu, la vie entière, tout avance,
couvert de pleur et d’espérance, d’un jour allongé, d’une terreur sans raison, je tourne, je tourne, tu tiens et tu deviens, de fils et de raison, une ombre du cœur au croisement des incertitudes, étoiles perdues au coin.
20 juillet 2022.
samedi 5 novembre 2022
De tes sagesses.
Et nous allons attendre, cependant, de tout à rien, d’en bas en haut, tu pourrais, nous pourrions, entendre et dire, nadir : je crois, je crois entendre encore sa voix cachée, lui ou moi, sa voix la sienne, la mienne nos deux cœurs exhalant leur tendresse, zénith : éclatez, éclatez, fières, fières, ah lève-toi,
parais astre pur, entendre encore, et ordonner : parais, éclatez, nous y sommes, nous y serons et devant, et derrière, et cachés dans la nuit et soupirant tout bas, tu entends encore et encore, les grondements, les flots sous les pierres, étoiles sans nombres, astres des comptes perdus, il ne respire,
il ne reste, un doigt levé vers la lune, et ses comptes, d’un plus un, au temps souple, comme une voile, tu claques dans le vent, tu cherches la force des choses fragiles, un brin d’air, un souffle léger, toute faiblesse accumulée, tu deviens le plus grand, le plus haut, le plus fort, j’allais, j’allais par des chemins,
tu te disais de traverse et douloureux, d’autres perfides et douloureusement incertains, tu prends, tu tords, tu tiens, tu gardes et tu uses, temps compté, du plus bas au plus haut, des graviers aux émeraudes, tu tiens ici le reste, ce qui reste de toutes tes sagesses, temps perdu et morcelé, tu reprends, unirais-tu,
les eaux dispersées, les forces égarées, douloureusement et incertain, nos mains, nos guides, le deuil et le reste, il faut ici, ici abandonner les forces, plus pâle, la sagesse, il ne reste, reste ce qui tient, fil écourté, lien sans réponse, une espérance dépareillée, tu profites et tu tiens, roi de sagesses emmêlées,
de remords fragiles, de routes sans attente, tu deviens, je cherche, il faut, il faut avancer et comprendre, d’un tendre espoir, de l’aurore tout viendrais, je cherche et j’oublie, les mots anciens, les chants des autres, aussi, sur les eaux, aussi, au cœur des grandes choses, le temps comme une voile qui gonfle,
et claque, parais, éclate et entends, entends la sienne et la mienne, voix mêlées et cœurs sous la lèvre, je suis, je te suis, doigts vers les astres et cœur ouvert, tu fais ici encore et encore le compte de tes sagesses.
18 juillet 2022.