vendredi 4 décembre 2020

Retour, je te tiens.

La nuit
le jour
matin sur la ligne
des plaisirs oubliés
des sanglots en allés

voix perdues

la lune est blanche
elle se penche __ salue les branches
sèche les larmes des cœurs en paix
sa main effleure le ciel semé

voix retrouvées

la bouche est pleine
de doux baisers
tout est posé
instant parfait

voix enfantées

 Maria Dolores Cano,  04 décembre 2020 à 10:49. ici.

Je te tiens.

Et forcer, et tirer, et rendre pour rendre, et assurer, je tourne et tu conviens, et tout a tourné et le matin et la nuit, et la chaleur et les linges et les chansons, tout est donné et tout reprend, et je me tiens, et tu ordonnes et des plaisirs et des sanglots, chemins perdus, et voix étranges, et étrangement et intensément,

la lune penche, penche du bord du toit aux branches, tu restes et tu vois les nuages entre les feuilles, cœur apaisé et voix trouvée, regards et sourires, les larmes oubliées et les regrets laissés en place, tout est à prendre et à compter, les orages à venir et la puissance, dans les bras, dans les mains, sous les pieds,

et dans la bouche, dans la bouche, je sens et tu viens et de rencontres en rencontres, d'étendues en avenir, il faut reprendre et reprendre, et tirer, tirer sur la corde, sur le toit aux linges étalés, aux heures inventées, au calme revenu, aux échanges, et seulement y pensant, reprenant, défaisant, je te tiens,

et tu ordonnes.

15 août 2019.

Retour, te le dire.

Dire
le monde perdu
les cœurs irraisonnés
le vent mauvais

nous y sommes

Dire
le froid des larmes
les oiseaux disparus
les arbres assoiffés

nous y sommes

Dire
les saisons perturbées
les grenouilles noyées
les nuages contaminés

nous y sommes

Dire
les matins sans retour
les traces perdues
les pierres érodées

nous y sommes

Dire
la vie sans attaches
le silence désappris
la pauvreté extrême

nous y sommes

Dire
un monde oublié
les vagues ensablées
les voyageurs égarés

nous y sommes

Dire
les rives en dérive
le soleil séditieux
les fleurs calcinées

nous y sommes

Dire
les herbes incendiées
le cœur dégrafé
d’un monde oublié

nous y sommes

Maria Dolores Cano, 03 décembre 2020 à 09:56. ici.

jeudi 3 décembre 2020

Te le dire.

Je ne devrais pas te le dire, mais, je ne devrais pas le dire, ni dire, mais, et, où sont-ils, où sommes nous, passagers perdants, le monde est, où es-tu dans le monde, où es-tu dans ce monde, le cœur et ses raisons, et l'oubli, et le retour, ô, calme oublié, monde perdu, où est-il.

Y sommes nous, encore, y sommes nous.

Du froid et de la peur et des larmes, souris oubliées, ô, calme suspendu, en somme, en somme, je te sers et tu portes, et tu grimpes, grimpes, y allons nous, je ne devrais pas te le dire, j'y suis, j'y suis et tu pars, et tout ici est perdu, le vent et les arbres, les oiseaux.

Au ciel et du ciel descendus, tout ici monte.

Encore et encore, monte, monte et descend, je tourne, tout remonte, et tout existe, et intensément, d'un bord à l'autre, et de saison en saison, larmes de souris et mare aux grenouilles, tout plonge, plonge, et je descends et tu remontes, et du ciel les nuages présents.

Et perdus, écheveaux et bâtons à la main.

Au chemin je divague, et aux matins je reviens et pour encore, encore parler de vie et de retour et de bien et de calme et de traces dans le vent et de regards sur chaque pierre et du chemin et des bâtons et du pied dans le sable, je suis venu ici et je ne devrais pas te le dire.

Mais, je ne devrais pas le dire, mais.

Nous y sommes et pour ensemble durer et retourner, tout commence et tout existe, et intensément, sans témoins, sans attaches et surtout, surtout en silence, en silence tout est encore détaché, et repris sur le devant, dans la pauvreté extrême, je tiens, je te tiens.

Et depuis, pour longtemps, je te garde.

Et tu es ici, rassuré et sans perte, et sans poids, d'un monde oublié, passagers perdants, tournants, sur le bord, sur la route, les pierres sous les pieds, le cœur sur le côté, et les vagues, les vagues, tout est posé, tout explose, perdu, rendu, sans surface, monde oublié.

Monde marchant, cherchant et abandonné.

La rive, la rive, les oiseaux, et le temps, et le soleil, tout marche, et tout se tait, calme, sans mots, quelle pauvreté et quels silences, je tourne et recommence, tout ici est retenu, les fleurs, les arbres, les saisons, tout du ciel pour en comprendre les effets.

Je suis tendu, tout avance, la fraîcheur et la soif.

Et les herbes oubliées, je ne devrais pas te le dire, mais, je ne devrais pas le dire, mais, où sont-ils, où sommes nous, passagers perdants, le monde est, où es-tu dans le monde, où es-tu dans ce monde, le cœur, ses raisons, l'oubli et le retour, ô, calme oublié.

15 août 2019.

mercredi 2 décembre 2020

Retours, présent.


  1. Pleurs de joie à la pointe du jour. Souvenir ancien d’une jeunesse immortelle. Passé composé d’un présent singulier. Cœurs construits, déconstruits, sans rides ni ombrages. Le jeu est familier. Héros et prodiges, corps passionnés. Corps retrouvés. Corps aimantés.

    "Âme, te souvient-il, au fond du paradis"*, les jardins de fleurs belles et les serments liés. Le temps passe si vite, nous étions les premiers. Ô ! Terrible jeunesse aux souliers délacés. "Jadis déjà ! Combien pourtant je me rappelle mes stations au bas du rapide escalier"*. Entre deux marches la trace d’un baiser.

    Le vent est sur la rampe, il caresse nos bras et enveloppe nos mains aux doigts qui se nouent. Un éclair est passé, nous transperce la joue. La vieillesse est venue, tresse nos genoux. Une histoire sans nous. Un soleil passé aujourd’hui retrouvé. Un éclat de jeunesse dans le temps suspendu.

     * Verlaine bien entendu.

    Maria Dolores Cano, 

    02 décembre 2020 à 10:20, ici.

  2.  

    Maria Dolores Cano,  

    02 décembre 2020 à 10:23, ici.

  3.  

    Petit supplément
    cette version si originale
    et superbe

      Maria Dolores Cano, 

    02 décembre 2020 à 10:41, ici.

Présent.

Je pleure de la joie, ce qui n'est pas resté est revenu, ce qui est revenu nous construit, compose, et si je m'aime un peu, et si, j'en suis ici, à cette pointe de jour, le temps passé, je garde le souvenir, je garde l'idée, tout est éternel, éternellement jeune, présent, en nous gravé, jeunes, jeunes héros, je suis au souvenir,

jeunes cœurs, corps voraces et coupants, nous avons construit, souvenant, je suis au souvenir, éternellement présent, je pleure la joie, tout est éternel, éternellement, jeune, présent, éternellement présent, visages, ombres, rides, souviens-t'en, t'en souviens-tu, il faut continuer, vivre, jouer, souvenir, nous sommes,

jeunes héros, jeunes cœurs, corps voraces et coupants, nous avons construit, vieilles architectures, vieux remparts, vieilles maisons, construit, pour voir au loin, et maintenant, du lointain la jeunesse être, maintenant je suis au souvenir, souviens-t'en, t'en souviens-tu vorace, nous avons été jeunes, nous sommes,

nous avons été, je pleure la joie, pleurant souviens-t'en, t'en souviens-tu, il faut continuer, vivre et jouer, nous sommes, nous avons été, nous jeunes, jeunes héros, jeunes cœurs, corps voraces et coupants, nous avons construit des portes aux cimetières, des grilles, il faut continuer, vivre et jouer, et souvenir,

t'en souviens-tu, il faut continuer, vivre et jouer, nous sommes, nous avons été, souvenir, oublier les fleurs sèches, l'herbe fanée, fleurs au vent d'éternité, séchées, sermon tu nous visites, tu nous tiens, nous étions, le temps est passé, ô, éternellement jeune, souviens-t'en, le souvenir est éternel, pour tenir,

éternellement présent, tout est resté en traces, jeunes et jeunes héros, jeunes cœurs, corps voraces et coupants, nous avons construit entre deux pierres, calmement, les baisers s'envolent, et calmement souviens-t'en, t'en souviens-tu, il faut continuer, vivre et jouer, nous sommes et nous avons été des histoires,

belles et heureuses, le vent d'éternité nous garde et nous protège, heureux séjour, tu es venu, tu es parti, toujours tu es resté, avec moi, avec nous, histoire, l'éclair est resté quotidien, possédé, je suis jeune, jeune héros, jeune cœur, corps vorace et coupant, nous avons construit, au souvenir je pleure en joie,

vieillir sans trahir, sans désespérer, tout dans l'abandon, tout est retenu, souviens-t'en, t'en souviens-tu, il faut continuer, vivre et jouer, nous sommes, nous avons été, nous y sommes, nous sommes, tout est beau, tout est accompli, des éclats à l'intérieur du temps, restent des éclats, tout brille, et reste,

en nous, jeunes, jeunes héros, jeunes cœurs, corps voraces et coupants, nous avons construit, tout demeure, le matin, la clarté, les oiseaux, la nuit, les étoiles, tout est éternel, éternellement jeune, présent, éternellement présent.

14 août 2019.

mardi 1 décembre 2020

Tout au ciel fondé.

Sans trembler, nous y étions et pour encore donner, et jouer au jour, et pleurer à la nuit, tout te figure et tout te perd, visage, je suis ici pour entendre le cœur du monde, le cœur des raisons, tout est dur et tout nous navre, je suis encore ici pour donner, et entendre, et dire, et faire, pour que tout, tout avance, et rien,

que rien ne brûle, brûlez, brûlez et tenez les branches éloignées, arrosez, arrosez, je tourne et je te donne, tu me tiens, et de marches en marches, de croix en croix, tout te tourmente et tout te nuit, je ferme et je tiens, ils sont tous, je me donne et je me prends, il faut, il faudrait, je suis au contact, je suis retourné,

il ne faut, il ne faudrait, compter les actes et dessiner la distance entre le désir et la satisfaction, je tourne et je tourne, et d'une histoire à l'autre, d'un moment à conter, à un moment reçu, un temps suspendu, et des rêves en morceaux, en branches, en force, tu te comprends et tu te fermes, voix à quatre,

tout au ciel fondé, et fondent, quatre à quatre, une voix et et les autres, sans trembler, nous y étions et pour encore se donner et jouer au jour, et pleurer à la nuit, on lève, on lève, la voix émue, le cœur conquis, je te sers et je te donne une certitude, les clefs en sureté et les signes, je suis, je suis et tu me sers,

je suis intensément présent, et tu me donnes et je te suis, il faut, faudrait-il, et serions nous, je tourne et je tourne, tout est fermé, il manque un clair de lune, il manque des éclairs, il manque une clairière, je suis ici et ici je vois et la vie et les nuages, et tout encore s'évanouirait, tu étales, d'un nuage à une raison,

les pierres, chemin perdu et tout est fermé, je suis ici et je cherche l'orage, je suis fermé et je tourne sur les pierres du chemin, sur les galets, rivière perdue, et goutte suspendue pour longtemps, pour toujours, l'air est saisi, le temps est retenu, et admire, et admire, je suis tenant, tout vient du bout du monde, admire,

tout se tient du cœur au cœur, les paroles et les images, je suis certain et rempli de certitude, pour encore se donner et jouer au jour, et pleurer à la nuit, tout te figure et tout te perds, je suis ici pour entendre le cœur du monde, le cœur des raisons, un pays, des champs des maisons, et villes et villages,

et des incendies du temps brûlé, du temps pour brûler, il faut des trous et du vide, dessiner la distance entre le désir et la satisfaction je tourne et je tourne.

13 août 2019.